Thé de roses

Les potions magiques des peuples turks n°7. Thé de boutons de rose (gül cayı)

C’est un peu la Rolls des thés. Non seulement il fait toujours plaisir mais il apporte aussi de nombreux bienfaits :

  • Soulage les douleurs menstruelles
  • Nettoie le corps des toxines
  • Élimine le stress
  • Efface les inflammations
  • Régule le système digestif
  • Soulage la respiration
  • Accélère le métabolisme
  • Soulagement de la douleur
  • Traite les troubles du sommeil
  • Nettoie et revitalise la peau

Charmante camomille

Les potions magiques des peuples turks n°7.

Camomille (papatya)

Se cueille dans les prés. La sécher puis l’utiliser toute l’année pour en faire des infusions. Délicieuse à boire, l’infusion possède aussi d’étonnantes propriétés anti-inflammatoires, notamment en cas de conjonctivites : se rincer les yeux avec cette infusion (refroidie bien sûr) et/ou s’en faire des compresses pour les paupières.

Un petit déjeuner au zahter ?

Les potions magiques des peuples turks n°6.

C’est chez un épicier d’Urfa que j’ai entendu parler pour la première fois du zahter, cette poudre marron dont il m’expliqua qu’on la dégustait au petit déjeuner (kahvalti), en trempant d’abord son pain dans de l’huile d’olives puis dans le zahter.

Mais qu’est ce que le zahter? C’est un mélange de graines de sésame et des épices suivants : origan syrien (zahter, d’où son nom), sumac (voir post précédent), anis, cumin, coriandre, fenouil, pois chiches grillés (leblebi), sel, blé grillé… En réalité, à vous de constituer le mélange qui vous convient le mieux, l’important étant d’y mettre du sésame et l’origan syrien.

Accompagner le petit déjeuner de tomates crues, c’est un régal aux nombreux effets positifs sur la santé et aux propriétés antioxydantes.

Thé de sumac

Les potions magiques des peuples turks n°5.

Connaissez-vous le sumac, ce délicieux épice au goût citronné dont on saupoudre les salades au Moyen-Orient, ainsi que les oignons qui accompagnent les shashlik « brochettes » en Asie centrale et méconnu dans nos contrées ? Si non vous perdez vraiment une occasion de vous faire plaisir.

Une autre façon de le consommer est d’en faire des infusions.

Une bonne cuillerée à café dans de l’eau chaude, laisser infuser puis filtrer. On peut y ajouter un peu de jus de citron et une fine tranche de pomme. Personnellement je le préfère pur.

Puissantes propriétés anti-oxydantes.

Une variante consiste à laisser tremper dix minutes quelques graines entières de sumac dans un verre d’eau froide et à le boire ensuite après avoir filtré les graines que voici :

Thé de lavande papillon

Les potions magiques des peuples turks n°3.

  • Lavande papillon (karabaş otu)
Lavande tête noire

Elle ne pousse qu’en de rares endroits sur la côte égéenne de Turquie. Chaque année, à l’époque de sa floraison, je la cueille sur les collines près de chez moi et je la fais ensuite sécher pour en faire des infusions. C’est excellent pour le coeur, paraît-il.

Bienfaits : https://www.medikalakademi.com.tr/karabas-otunun-faydalari-ve-cayinin-hazirlanisi/

Thé de cynorrhodon

Les potions magiques des peuples turks n°2.

  • Thé de cynorrhodon (fruit de l’églantier ou rosier sauvage) (Kuş burnu çayı)

Puissant anti-oxydant, bien connu de tous les Turcs. Même dans une pharmacie d’Istanbul, alors que nous étions grippés (ou covidés ? c’était fin décembre 2019), la pharmacienne nous donna quelques fruits de fleur d’églantier, nous recommandant d’en faire des infusions. Ce serait très efficace selon elle, et ce le fut.

Bienfaits : https://www.medicalpark.com.tr/kusburnu-faydalari/hg-2473

Comment on dîne à Taxila chez le roi de l’Inde

Taxila aujourd’hui, au nord du Pakistan

Au premier siècle après Jésus Christ, le philosophe Apollonius de Tyane visita les Indes, accompagné de son disciple Damis. Hôte du roi de Taxila Phraotes, Apollonius assista à un dîner dont certains faits marquants furent rapportés pas Damis :

« Le roi est couché sur un lit, et auprès de lui se tiennent de ses parents, cinq au plus ; tous les autres invités mangent assis. Au milieu est dressée une table comme un autel. […] On y sert des poissons, de la volaille, des lions entiers, des chèvres, des porcs, des jambons de tigre : les Indiens ne mangent pas les autres parties de cet animal, parce qu’ils disent qu’en naissant il tend les pattes de devant vers le soleil levant. […] Quand les convives sont rassasiés, on apporte des cratères d’argent et d’or, un pour dix convives, et chacun se baisse pour y boire, comme font les animaux. Pendant que les cratères se vident, les convives se livrent à des jeux pleins d’adresse et de danger. Par exemple un enfant, comme ceux qui dansent sur le théâtre, sauta en l’air en même temps qu’on lançait de son côté une flèche : quand il fut assez loin de terre, il pirouetta au-dessus de la flèche : s’il s’était trompé le moins du monde dans son tour, il était transpercé. Car la flèche était très perçante, et, avant de la lancer, l’archer en montrait la pointe aux convives pour les en faire juges. Lancer une flèche avec une fronde, viser un cheveu, tracer avec une flèche le contour de son propre enfant appuyé à une planche, voilà les exercices des Indiens pendant leurs festins, et ils y réussissent même lorsqu’ils sont ivres. »

« Apollonius de Tyane, sa vie, ses voyages, ses prodiges » par Philostrate.

Thé d’hiver

Les potions magiques des peuples turks n°1.

Les peuples turks sont des herboristes qui s’ignorent. Ils n’ont pas leur pareille pour la connaissance des bienfaits des plantes et en particulier pour que nous appelons infusions et qu’ils nomment thés (çaylar). Sur les marchés que je fréquente, il se trouve toujours une vieille femme descendue de son village, assise devant ses petits trésors pour vous expliquer comment préparer tel ou tel thé. Sur divers autres stands vous découvrirez toujours un nouvel ingrédient dont le vendeur saura vous décrire les bienfaits et le mode d’utilisation. Depuis des années, j’achète, je teste. Je vous propose à partir de maintenant une série de mes trouvailles que vous retrouverez facilement sous la catégorie « Les potions magiques des peuples turks ». Commençons par le thé d’hiver (Kış çayı) :

Ce thé d’hiver vous protège des petits maux hivernaux et stimule vote système immunitaire. Rhume, grippe… Pas moins d’une vingtaine d’ingrédients pour cet élixir, à chaque fois différent selon ce que vous prélevez dans le mélange pour le préparer et selon le fabricant : tilleul (ıhlamur), sauge (adaçayı), camomille (papatya), fruit de l’églantier (cynorrhodon) (kuşburnu), hibiscus (hibisküs), thé des plateaux (yayla çayı), fleur de mauve (hatmi çiçeği), écorce d’orange (portakal kabuğu), pétales de rose (gül yaprağı), origan (kekik), feuilles de myrthe (mersin yaprağı), immortelles (altın otu), écorces de citron (limon kabuğu)…

Les cent ans de Jean Malaurie au Quai Branly

Je suis si heureuse d’être invitée à participer, en tant qu’auteure de la collection Terre Humaine, à la célébration des cent ans de Jean Malaurie qui se tiendra au Musée du Quai Branly le 25 janvier 2022 : Jean Malaurie, l’apprenti chaman.

Il est en effet la personnalité que j’admire le plus – avec celle de Claude Lévi-Strauss – car c’est un être complet, un sage, un humaniste, un scientifique, un intellectuel entièrement libre, un anthropologue et aussi une personnalité hors du commun, fascinante, intelligente et pleine d’humour. Enfin, il fut un résistant pendant la seconde guerre mondiale.

Pour apprendre à mieux connaître ce personnage exceptionnel, il faut lire ses livres bien-sûr, mais aussi l’écouter, comme ici par exemple :

Jean Malaurie, professeur honoris causa, HEC Paris

France Inter 2018

Le temps d’un bivouac 2018

Rendez-vous donc au Musée du Quai Branly le 25 janvier 2022.