La danseuse. Ouzbékistan

Raqqosa est la danseuse traditionnelle en Ouzbékistan.

Cette série de portraits a reçu la médaille d’argent à la biennale 2010 de Tashkent. Copyright Sylvie Lasserre

Noces kirghizes – Kirghizistan – Portfolio

Mardi 29 octobre 2013

Noces Kirghizes, Tien Shan. © Sylvie Lasserre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je viens d’assister à huit jours de noces dans les Tien Shan, au Kirghizistan.

Les photos ici : Kyrgyz wedding

Le premier jour nous sommes allés chercher la mariée dans son village, et à cette occasion les deux familles ont fait connaissance.

Après des adieux déchirants, retour le lendemain dans le village du marié, avec la mariée, qui est directement conduite dans la chambre nuptiale et installée derrière le « köshögö », un grand rideau tendu à cette occasion et derrière lequel elle passera deux jours, sans même avoir vu sa future maison.

Elle restera là, accompagnée de sa belle-soeur et de sa meilleure amie, recroquevillée, tandis que la noce va bon train dans la maison, – se succèdent invités et banquets. Tandis qu’elle est toujours derrière le voile, les femmes du village passeront tour à tour faire sa connaissance , chacune dépose en présent un foulard sur le haut du « köshögö ». Les hommes ne sont pas admis.

Au troisième jour, c’est la cérémonie des tresses, qui a lieu devant les femmes. Une femme désignée par la communauté comme étant la marraine, enduit les cheveux de la mariée de beurre avant de lui tresser les cheveux avec du coton puis de lui passer un foulard blanc sur la tête.

La mariée peut alors sortir de derrière le « köshögö ». Commence alors son rôle de « kelin », c’est-à-dire de belle-fille. Ici en Asie centrale, la « kelin » est au service de la belle-mère, sert les invités (sans prendre part aux réjouissances), fait le ménage, la vaisselle, etc. Cela dure jusqu’à ce qu’elle-même devienne belle-mère…

Au cinquième jour, les joueurs d’Ulak Tartych du village ont fait une partie en l’honneur des mariés avant de débouler au grand galop vers la maison des jeunes époux. Là, ils ont jeté sur le seuil la dépouille du chevreau ayant servi à la partie – c’est la coutume -, et en contre-partie ont reçu des beignets et friandises, ainsi qu’un peu d’argent, remis par le marié au capitaine de l’équipe.

Autrefois, la coutume était d’enlever sa future épouse. Il s’agissait d’enlèvements réels le plus souvent, non simulés. La jeune fille n’était pas prévenue, et dès lors qu’elle était enlevée par celui qui l’avait repérée, elle était mariée sur le champ. Mais en 2009, des abus ayant été commis, une loi a été promulguée, interdisant l’ « alakachu », c’est-à-dire l’enlèvement de la fiancé. Une loi efficace puisqu’aujourd’hui, plus aucun garçon ne se risque à l’enlèvement, qui est puni d’une forte amende et même de prison.

En 2004, j’avais effectué un reportage sur le sujet – reportage vendu à dix-huit magazines que je ne retrouve malheureusement pas en ligne – et dont j’ai tiré ces posts de blog :

Kirghizistan – L’enlèvement de l’épouse : Nurgul

Kirghizistan – L’enlèvement de l’épouse : Akulaï

Kirghizistan – Mariages :  « Je l’ai enlevée à cheval. »

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