A l’Est de la Turquie : Rencontre avec les derniers chrétiens d’Orient.

Copyright Sylvie Lasserre

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L’Est de la Turquie fut la première terre évangélisée, et le fut directement par les apôtres du Christ, notamment par Saint-Thomas. Pour cette raison, les chrétiens d’Orient sont aussi appelés « premiers chrétiens ».

Ecouter le reportage d’ « Un Dromadaire sur l’épaule » de la RTS : A la rencontre des derniers chrétiens d’Orient.

Aujourd’hui, il ne reste plus que 200 à 300 familles de chrétiens (chaldéens, syriaques orthodoxes, syriaques catholiques…), qui parlent encore l’araméen, la langue parlée par Jésus-Christ.

Massacrés et poussés à l’exil vers l’Iran, la Russie et l’Irak durant la Première guerre mondiale, la plupart des chrétiens survivants ont fini de migrer à la fin du XXe siècle (Suède, Allemagne, France, Pays-Bas, Belgique…) car des tensions demeurent.

Sylvie Lasserre rencontre le président des chaldéens de Diyarbakir, Yusuf Karaday, seul à supporter les frais de restauration de l’église chaldéenne.

Copyright Sylvie Lasserre

Puis elle se rend dans un village syriaque où vivent encore plusieurs familles, les autres ayant migré vers l’Europe. L’on y célèbre Pâques dans la plus pure tradition: quatre messes par jour dont une à trois heures du matin, chaque nuit durant la semaine pascale. L’on y jeûne plus de la moitié de l’année.

Pour écouter l’émission intégrale, c’est sur le site de l’excellente émission de la RTS, Un Dromadaire sur l’épaule : Les derniers Chrétiens.

Kurdistan irakien : « Sa tête dans un récipient pour ne pas salir la terre d’islam »

rahho-2.1278846380.jpgComment la communauté internationale ne s’émeut-elle pas plus des massacres perpétrés sur les chrétiens d’Irak ? Cela se passe de nos jours. Chaque jour ou presque, ils sont victimes des pires barbaries. Les massacres cesseront-ils lorsqu’ils auront tous abandonné leurs terres ancestrales ?

Emu par les atrocités qui semblent ne jamais devoir cesser, Sébastien de Courtois, historien, écrivain et journaliste établi à Istanbul, se rend au Kurdistan irakien afin de rendre compte du sort réservé à ces chrétiens assassinés dans le plus grand silence.

Son livre, « Le nouveau défi des chrétiens d’Orient », écrit dans l’urgence comme il l’explique lui-même, est poignant car il rend compte du tragique de la situation avec autant intelligence que de sensibilité.

rahho.1278846408.jpgPas de parti pris, pas de haine, juste un constat. Et parfois la colère. Comment ne pas l’être lorsque l’on entend un père raconter le calvaire de son fils, 16 ans, enlevé à son retour de l’école :

« Après son enlèvement, ils l’ont battu pendant deux heures avec un autre jeune comme lui, un chrétien qu’il ne connaissait pas. Au bout de trois jours, voyant qu’ils n’obtiendraient rien de l’autre famille, trop pauvres pour payer, ils l’ont lentement égorgé sous les yeux de mon fils de seize ans ! Lui maintenant la tête à proximité de celle du supplicié pour qu’il sente son dernier souffle ! Après avoir vécu ce genre de chose, on ne peut pas rester ici. … Dans chaque famille qui a fui Bagdad ou Mossoul, il y a un drame de cet ordre ! »

Et l’auteur parfois de s’insurger. Et il a raison :
« Il faut arrêter de nous culpabiliser. J’aimerais savoir ce que les musulmans pensent au fond de leur cœur du christianisme, de l’Occident infidèle, à part la fascination ou la répulsion qu’inspirent nos économies, nos hôpitaux, Internet, la pornographie et notre liberté d’expression. Le sujet est inabordable, tabou… »

Courageuse prise de position que celle de Sébastien de Courtois. Je ne peux qu’approuver.

Vu récemment dans un documentaire : Une boîte de nuit à Karachi, Pakistan, quelques Pakistanaises légèrement vêtues se déhanchent, au mur, une croix chrétienne en néon clignote. Est-ce cela l’image des chrétiens ?

Photographies. En haut : messe à Notre-Dame de Paris le 13 avril 2008 à la mémoire de Monseigneur Rahho, évèque de Mossoul assassiné en mars 2008. En bas : Portrait de Monseigneur Rahho dans la cathédrale Notre-Dame. Copyright : Sylvie Lasserre.

Semaine sainte à l’Est de la Turquie : messes à 3 heures du matin

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Ces dernières années, chassés par les conflits, les massacres et les persécussions, les chrétiens d’Orient ont migré en masse vers l’Europe et l’Amérique du Nord, quittant les villages où ils vivaient depuis des millénaires.

assyriens-5.1270321100.jpgEn Turquie, ils ne sont plus qu’environ 50 000, moins nombreux encore à l’Est de la Turquie où il ne reste plus que quelques villages assyriens.

A Diyarbakir, on ne compte désormais plus que 7 familles chrétiennes (Assyriens, Chaldéens, Arméniens chrétiens…), une cinquantaine de personnes à peine au total pour une ville qui fut très bigarrée jusqu’à récemment et aujourd’hui devenue quasiment exclusivement musulmane.

assyriens-3.1270321178.jpgLes Assyriens parlent en Araméen, la langue que parlait Jésus-Christ, et pratiquent leur religion de manière très stricte. Près de la moitié de l’année, ils jeûnent : chaque semaine, le mercredi et le vendredi, et pour les grandes fêtes saintes.

Le jeûne de Pâques, le principal, dure cinquante jours. Durant la semaine sainte, celle qui précède le dimanche de Pâques, ils vont à la messe chaque nuit à 3:00 du matin. Sans compter les messes de la journée, cinq au total.

On trouve, à l’Est de la Turquie, parmi les plus anciennes églises de la Chrétienté.

D’abord installées dans des grottes, puis dans des édifices dédiés au Christ, la plupart d’entre eux datent des années 200 à 400 après Jésus-Christ.

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