Le culte du cèdre, arbre sacré à Gilgit.

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Mardi 19 septembre 2017

« Chez les tribus aryennes de Gilgit, sur la frontière nord-ouest de l’Inde, l’arbre sacré est le Chili, espèce de cèdre (Juniperus excelsa). Au moment de commencer à semer le blé, le rajah sort de ses greniers une quantité de blé qu’il donne au peuple. On place ce blé dans une peau de bête, mêlé à des branchettes du cèdre sacré. Avec le bois du cèdre on fait un grand feu, au-dessus de la fumée duquel on tient le grain qu’on va semer. On réduit en poudre le reste du blé, et on en fait un gâteau qu’on va cuire au même feu et qu’on donne au laboureur. Ici l’intention de fertiliser la semence au moyen du cèdre sacré est incontestable.

[…]

Enfin, l’esprit de l’arbre conduit les troupeaux à se multiplier, et donne aux femmes la fécondité. Le Chili sacré ou cèdre de Gilgit passait pour posséder cette vertu en plus de celle de fertiliser  le blé. Avant de commencer les semailles, on choisissait trois jeunes hommes, non mariés, qui, après avoir fait des ablutions et des purifications quotidiennes pendant trois jours, partaient pour la montagne aux cèdres, emportant avec eux du vin, de l’huile, du pain et toutes sortes de fruits. Quand ils avaient trouvé un arbre convenable, ils l’aspergeaient de vin et d’huile, pendant qu’ils mangeaient le pain et les fruits en manière de repas de sacrifice. Ensuite, ils coupaient une branche de l’arbre et l’apportaient au village où, au milieu des réjouissances générales on la plaçait sur une grande pierre près d’une eau courante. On sacrifiait alors une chèvre dont on répandait le sang sur la branche. Puis commençait une danse échevelée où l’on brandissait en l’air des armes, et la tête de la chèvre immolée. Celle-ci était ensuite disposée de façon à servir de cible aux flèches et aux balles des tireurs. Chaque coup qui portait était récompensé par une gourde pleine de vin et un peu de chair de la chèvre. Quand il n’y avait plus de viande, on jetait les os dans le ruisseau, on faisait des ablutions générales, puis chacun retournait chez soi, en emportant une brindille du cèdre. En arrivant au logis, il trouvait porte close. Il frappait alors pour se faire ouvrir  et sa femme lui demandait : » Qu’as-tu rapporté ? » Et il répondait : « Si tu veux des enfants, je te les apporte; si tu veux de la nourriture, je t’en apporte; si tu veux du bétail, je t’en apporte; tout ce que tu désires, je te l’apporte. » Alors on lui ouvrait la porte et il entrait avec sa brindille de cèdre. Ensuite, la femme prenait quelques-unes des aiguilles de cèdre, versait dessus du vin et de l’eau et les plaçait sur le feu; elle saupoudrait les autres de farine et les suspendait au plafond. Puis, après avoir saupoudré de farine la tête et les épaules de son mari elle lui disait : « Ai Shiri Bagerthum, fils des fées, tu viens de bien loin! » Shiri Bagerthum, le roi redoutable, est le titre qu’on donne au cèdre lorsqu’on lui demande d’exaucer les prières. Le lendemain la femme faisait cuire une quantité de gâteaux qu’elle emportait avec elle en conduisant les chèvres de la famille à la pierre du Chili. Lorsque les bêtes étaient rassemblées autour de la pierre, elle se mettait à leur lancer des cailloux tout en invoquant le Chili. De la direction que prenaient les chèvres en fuyant, on tirait des pronostics sur le nombre et le sexe des chevreaux qui viendraient au monde l’année suivante. On déposait ensuite des noix et des grenades sur la pierre de Chili; on distribuait les gâteaux, et on les mangeait, et on partait à la suite des chèvres dans quelque direction qu’il leur plût d’aller paître. Pendant les cinq jours qui suivaient on chantait cette chanson dans toutes les maisons :

Redoutable roi des Fées, je t’offre ce sacrifice.

Quelle noblesse dans ton aspect ! Tu as empli ma maison,

Tu m’as apporté une épouse quand je n’en avais pas,

Au lieu de filles tu m’as donné des fils,

Tu m’as montré les chemins de la justice,

Tu m’as donné un grand nombre d’enfants !

Ici, le fait de conduire les chèvres vers la pierre sur laquelle on a placé le cèdre, a clairement pour but de leur communiquer l’influence fécondante du cèdre. »

James George Frazer, Le rameau d’or, tome 1, p.291-293.

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Quand l’Hindu Kush se réveille : plus de soixante secousses en moins de 3 mois

Lundi 18 janvier 2016

gol shafiq

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Le 26 octobre 2015, un fort séisme de magnitude 7.5 secouait l’Hindu Kush et était ressenti en Ouzbékistan, au Tadjikistan, en Afghanistan et en Inde, occasionnant près de 400 morts au Pakistan et en Afghanistan.

Depuis, selon les enregistrements de CSEM/EMSC, 58 séismes de magnitude significative, c’est-à-dire supérieure à 4, se sont succédé, affolant les habitants de Tashkent à Islamabad en passant par Dushanbe, Peshawar et Kaboul :

26/10/15 : magnitude 7.5, profondeur 207 km

26/10/15 : magnitude 4.7, profondeur 190 km

26/10/15 : magnitude 4.8, profondeur 192 km

26/10/15 : magnitude 4.0, profondeur 217 km

26/10/15 : magnitude 4.6, profondeur 192 km

26/10/15 : magnitude 4.1, profondeur 206 km

26/10/15 : magnitude 4.2, profondeur 213 km

26/10/15 : magnitude 4.5, profondeur 200 km

27/10/15 : magnitude 3.8, profondeur 191 km

27/10/15 : magnitude 4.1, profondeur 209 km

27/10/15 : magnitude 4.0, profondeur 210 km

27/10/15 : magnitude 4.2, profondeur 200 km

27/10/15 : magnitude 4.0, profondeur 196 km

27/10/15 : magnitude 4.0, profondeur 204 km

27/10/15 : magnitude 4.0, profondeur 192 km

27/10/15 : magnitude 4.7, profondeur 200 km

27/10/15 : magnitude 4.3, profondeur 201 km

28/10/15 : magnitude 4.1, profondeur 211 km

28/10/15 : magnitude 4.0, profondeur 215 km

28/10/15 : magnitude 4.5, profondeur 210 km

28/10/15 : magnitude 4.4, profondeur 196 km

28/10/15 : magnitude 4.2, profondeur 205 km

29/10/15 : magnitude 4.3, profondeur 195 km

01/01/15 : magnitude 4.2, profondeur 200 km

01/01/15 : magnitude 4.7, profondeur 204 km

01/11/15 : magnitude 4.0, profondeur 206 km

05/11/15 : magnitude 4.0, profondeur 196 km

06/11/15 : magnitude 4.2, profondeur 205 km

09/11/15 : magnitude 4.6, profondeur 183 km

15/11/15 : magnitude 4.6, profondeur 212 km

17/11/15 : magnitude 4.1, profondeur 220 km

18/11/15 : magnitude 4.3, profondeur 187 km

22/11/15 : magnitude 5.8, profondeur 95 km

23/11/15 : magnitude 4.3, profondeur 112 km

24/11/15 : magnitude 4.1, profondeur 196 km

25/11/15 : magnitude 4.0, profondeur 170 km

30/11/12 : magnitude 4.3, profondeur 120 km

02/12/15 : magnitude 4.7, profondeur 40 km

07/12/15 : magnitude 4.5, profondeur 110 km

11/12/15 : magnitude 4.1, profondeur 198 km

14/12/15 : magnitude 4.4, profondeur 209 km

14/12/15 : magnitude 4.3, profondeur 136 km

15/12/15 : magnitude 4.1, profondeur 86 km

25/12/15 : magnitude 6.3, profondeur 212 km

28/12/15 : magnitude 4.0, profondeur 192 km

28/12/15 : magnitude 4.1, profondeur 101 km

29/12/15 : magnitude 4.0, profondeur 47 km

29/12/15 : magnitude 4.4, profondeur 204 km

01/01/16 : magnitude 4.5, profondeur 205 km

02/01/16 : magnitude 5.2, profondeur 178 km

07/01/16 : magnitude 4.3, profondeur 191 km

08/01/16 : magnitude 5.1, profondeur 212 km

13/01/16 : magnitude 5.7, profondeur 237 km

13/01/16 : magnitude 4.7, profondeur 80 km

14/01/16 : magnitude 4.0, profondeur 195 km

15/01/16 : magnitude 4.2, profondeur 200 km

16/01/16 : magnitude 4.4, profondeur 200 km

17/01/16 : magnitude 4.6, profondeur 80 km

18/01/16 : magnitude 4.9, profondeur 80 km

Pour comprendre ce qui se passe : Séisme en Afghanistan : quand le continent indien fonce vers l’Eurasie.

La question est : ces secousses qui se succèdent à un rythme soutenu augurent-elles d’un méga-séisme ?

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Les Kalash coupés du monde ont besoin d’aide : Inondations

Mardi 11 août 2015

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De mémoire d’homme, jamais on n’avait vu de telles inondations et crues dévastatrices. Les routes avalées par endroits, les maisons emportées, les champs dévastés… La vallée de Chitral au nord ouest du Pakistan, pays montagneux et escarpé de l’Hindu Kush, connaît une véritable catastrophe. A l’heure où j’écris ces lignes, on dénombre 32 morts, dont des enfants, plus de 500 maisons emportées et 1000 maisons endommagées. 54% des récoltes détruites de manière irréparable, le bétail décimé…

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Les routes totalement coupées en 38 différents points, 27 ponts sur les axes principaux détruits, coupant du monde plus de la moitié des habitants, c’est-à-dire sans eau, sans nourriture.

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Lire : Chitral witnessed the worse flooding

La situation est particulièrement préoccupante au nord de la ville de Chitral et dans les vallées habitées par les Kalash, un des derniers peuple païen. La solidarité se met en place mais il faut des fonds pour acheter les vivres.

Femmes Kalash attendant les secours

Femmes Kalash attendant les secours

La seule façon de les atteindre pour leur porter secours est à dos d’âne. 900 Kalash de la vallée de Bumburet et 600 dans la vallée de Rumbur.

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Une excellente initiative, locale, est en cours, sans frais de dossier, ni salaires exorbitants puisqu’elle est menée par des bénévoles du cru. Mais ils n’ont pu secourir que 100 familles et ont besoin de plus de fonds.

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Chers lecteurs de France, si vous aussi souhaitez aider à acheter quelques sacs de riz ou de blé pour les Kalash, veuillez me contacter, je vous transmettrai les coordonnées des personnes à contacter. Merci pour eux !

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Shandur Polo Festival. Le plus haut du monde

Jeudi 6 août 2015

Nord Pakistan. Chitral district. Le festival a lieu chaque année au mois de juillet depuis 1936 au col de Shandur à 3738 mètres d’altitude, ce qui lui vaut le titre de festival de polo le plus haut du monde.

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Mais cette année il n’aura pas lieu : D’abord déplacé au mois d’août pour cause de ramadan, il devait avoir lieu les 7, 8 et 9 août. Mais les inondations catastrophiques qui ont touché les vallées de Chitral rendent le col inaccessible.

Pour se consoler, une série de photos prises au festival en 2012 :

Shandur Pass, Pakistan, July 2012 © Sylvie Lasserre

Shandur Pass, Pakistan, July 2012 © Sylvie Lasserre

 

Shandur Pass, Pakistan July 2012 © Sylvie Lasserre

Shandur Pass, Pakistan July 2012 © Sylvie Lasserre

 

Shandur Pass, Pakistan July 2012 © Sylvie Lasserre

Shandur Pass, Pakistan July 2012 © Sylvie Lasserre

 

Shandur Pass, Pakistan July 2012 © Sylvie Lasserre

Shandur Pass, Pakistan July 2012 © Sylvie Lasserre

 

Shandur Pass, Pakistan July 2012 © Sylvie Lasserre

Shandur Pass, Pakistan July 2012 © Sylvie Lasserre

 

Shandur Pass, Pakistan July 2012 © Sylvie Lasserre

Shandur Pass, Pakistan July 2012 © Sylvie Lasserre

 

Shandur Pass, Pakistan July 2012 © Sylvie Lasserre

Shandur Pass, Pakistan July 2012 © Sylvie Lasserre

 

Shandur Pass, Pakistan July 2012 © Sylvie Lasserre

Shandur Pass, Pakistan July 2012 © Sylvie Lasserre

Lire aussi : Shandur Polo Festival set to be cancelled

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Disparu depuis 22 ans, le fils unique retrouvé. Pakistan

Mardi 28 juillet 2015

L’histoire est digne d’un roman de Victor Hugo. Mais elle est véridique et se passe au Pakistan. C’est sous le titre  » Un homme retrouve sa famille après 22 ans » que la nouvelle est apparue dans la presse locale.

Disparu depuis 22 ans, le fils unique retrouvé.

Disparu depuis 22 ans, le fils unique retrouvé.

Les faits : Lal Zada, 26 ans, retrouve sa famille après avoir disparu durant 22 ans. Cela se passe à Samar Bagh, un village reculé à une vingtaine de kilomètres de Timergara, le chef-lieu de Lower-Dir dans le nord du Pakistan, et à moins de dix kilomètres de la frontière afghane.

Agé de quatre ans, l’enfant avait été vendu à des bergers afghans de Quetta par un homme pachtoune. « Les bergers me racontaient que j’étais orphelin et que je n’avais pas de parents. J’ai grandi en faisant paître un troupeau de chèvres et de moutons, » a raconté Lal Zada à la presse locale.

C’est grâce à une jirga d’anciens qui, après avoir réussi à persuader les bergers afghans de rendre l’enfant, ramenèrent celui-ci dans son village. Selon la presse, le père, Khan Zarin, a fêté l’événement comme il se doit, et distribué des bonbons aux voisins, mais souhaite faire des tests ADN pour être complètement sûr.

Et moi une foule de questions m’assaillent quant à cette femme, cette mère de neuf filles et d’un garçon, dont le nom n’est mentionné nulle part : Pourquoi a-t-elle quitté ses neuf filles et son mari, n’emmenant avec elle que son fils âgé de quatre ans ? Combien a-t-elle dû souffrir pour en arriver là… Etait-ce une vengeance de ne laisser que des filles à son mari ? De quoi est-elle morte ? A-t-elle été finalement assassinée, comme cela arrive lorsqu’une femme pachtoune quitte le domicile sans autorisation ?

De nombreuses zones de mystère demeurent. Et pourquoi soudain, après vingt-deux ans, les anciens ont-ils enfin tenté de convaincre les bergers de rendre l’enfant ?

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