Le cheval comme conducteur des âmes des morts

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Musée de Peshawar. Copyright 2010 Sylvie Lasserre

La Lettre du Toit du Monde publiait en juin 2019 un article très complet sur le cheval psychopompe, signé François Pannier, le directeur de l’Association pour le Rayonnement des Cultures Himalayennes (ARCH). En voici un extrait :

« Nous trouvons en effet, à la limite de l’Afghanistan et du Pakistan avec la passe de Khyber, lieu de passage d’importantes invasions, un arc d’ouest en est, avec des traditions extrêmement originales.

Les Kafirs et les Kalash tout d’abord, un peu plus au nord, le site funéraire de Pir Panjal avec ses centaines de cavaliers de pierre, les Dardes du Ladakh aux traditions très proches des Kafirs et des Kalash, leurs origines aryennes semblant communes, l’alignement mégalithique de Do Ring, les bois sculptés de Byash, à l’extrême nord-ouest du Népal, sont autant d’éléments qui nous font penser qu’ils ont grandement influencé ce type de phurbu psychopompe et qu’il faudrait y situer la source de l’utilisation de cet objet. »

Voici le numéro 27 de la lettre du Toit du Monde où figure cet article : Cheval psychopompe et phurbu.

Bonne lecture.

Fêtes himalayennes, les derniers Kalash

HinduKush

Hindou Kouch. Copyright 2012 Sylvie Lasserre

Une somptueuse exposition, « Fêtes himalayennes, les derniers Kalash« , organisée par les ethnologues spécialistes des Kalash, Jean-Yves et Viviane Lièvre, et par le photographe Hervé Nègre, est à voir à Lyon, au Musée des Confluences. Surtout ne la manquez pas si vous avez l’occasion de passer à Lyon. Elle se termine le 1er décembre 2019.

A écouter : Au fil des saisons kalash

Dossier de presse : dp_kalash

Les Kalash, dernier peuple païen, sont établis dans la région de Chitral au Nord du Pakistan. Ils vivent au rythme des saisons qu’ils fêtent lors de cérémonies spectaculaires, dans trois vallées situées à la frontière avec l’Afghanistan. Le tourisme qui les envahit désormais, ainsi que les conversions à l’islam qui progressent dans leur communauté, menacent leur culture de disparition.

Les Kalash commencent d’ailleurs à se rebiffer contre certains touristes qui se rendent dans les vallées reculées pensant y trouver alcool et femmes faciles : « One video viewed 1.3 million times on YouTube, proclaims the Kalash « openly have sex » with partners of their choosing « in the presence of their husbands ».« 

Le culte du cèdre, arbre sacré à Gilgit.

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Mardi 19 septembre 2017

« Chez les tribus aryennes de Gilgit, sur la frontière nord-ouest de l’Inde, l’arbre sacré est le Chili, espèce de cèdre (Juniperus excelsa). Au moment de commencer à semer le blé, le rajah sort de ses greniers une quantité de blé qu’il donne au peuple. On place ce blé dans une peau de bête, mêlé à des branchettes du cèdre sacré. Avec le bois du cèdre on fait un grand feu, au-dessus de la fumée duquel on tient le grain qu’on va semer. On réduit en poudre le reste du blé, et on en fait un gâteau qu’on va cuire au même feu et qu’on donne au laboureur. Ici l’intention de fertiliser la semence au moyen du cèdre sacré est incontestable.

[…]

Enfin, l’esprit de l’arbre conduit les troupeaux à se multiplier, et donne aux femmes la fécondité. Le Chili sacré ou cèdre de Gilgit passait pour posséder cette vertu en plus de celle de fertiliser  le blé. Avant de commencer les semailles, on choisissait trois jeunes hommes, non mariés, qui, après avoir fait des ablutions et des purifications quotidiennes pendant trois jours, partaient pour la montagne aux cèdres, emportant avec eux du vin, de l’huile, du pain et toutes sortes de fruits. Quand ils avaient trouvé un arbre convenable, ils l’aspergeaient de vin et d’huile, pendant qu’ils mangeaient le pain et les fruits en manière de repas de sacrifice. Ensuite, ils coupaient une branche de l’arbre et l’apportaient au village où, au milieu des réjouissances générales on la plaçait sur une grande pierre près d’une eau courante. On sacrifiait alors une chèvre dont on répandait le sang sur la branche. Puis commençait une danse échevelée où l’on brandissait en l’air des armes, et la tête de la chèvre immolée. Celle-ci était ensuite disposée de façon à servir de cible aux flèches et aux balles des tireurs. Chaque coup qui portait était récompensé par une gourde pleine de vin et un peu de chair de la chèvre. Quand il n’y avait plus de viande, on jetait les os dans le ruisseau, on faisait des ablutions générales, puis chacun retournait chez soi, en emportant une brindille du cèdre. En arrivant au logis, il trouvait porte close. Il frappait alors pour se faire ouvrir  et sa femme lui demandait : » Qu’as-tu rapporté ? » Et il répondait : « Si tu veux des enfants, je te les apporte; si tu veux de la nourriture, je t’en apporte; si tu veux du bétail, je t’en apporte; tout ce que tu désires, je te l’apporte. » Alors on lui ouvrait la porte et il entrait avec sa brindille de cèdre. Ensuite, la femme prenait quelques-unes des aiguilles de cèdre, versait dessus du vin et de l’eau et les plaçait sur le feu; elle saupoudrait les autres de farine et les suspendait au plafond. Puis, après avoir saupoudré de farine la tête et les épaules de son mari elle lui disait : « Ai Shiri Bagerthum, fils des fées, tu viens de bien loin! » Shiri Bagerthum, le roi redoutable, est le titre qu’on donne au cèdre lorsqu’on lui demande d’exaucer les prières. Le lendemain la femme faisait cuire une quantité de gâteaux qu’elle emportait avec elle en conduisant les chèvres de la famille à la pierre du Chili. Lorsque les bêtes étaient rassemblées autour de la pierre, elle se mettait à leur lancer des cailloux tout en invoquant le Chili. De la direction que prenaient les chèvres en fuyant, on tirait des pronostics sur le nombre et le sexe des chevreaux qui viendraient au monde l’année suivante. On déposait ensuite des noix et des grenades sur la pierre de Chili; on distribuait les gâteaux, et on les mangeait, et on partait à la suite des chèvres dans quelque direction qu’il leur plût d’aller paître. Pendant les cinq jours qui suivaient on chantait cette chanson dans toutes les maisons :

Redoutable roi des Fées, je t’offre ce sacrifice.

Quelle noblesse dans ton aspect ! Tu as empli ma maison,

Tu m’as apporté une épouse quand je n’en avais pas,

Au lieu de filles tu m’as donné des fils,

Tu m’as montré les chemins de la justice,

Tu m’as donné un grand nombre d’enfants !

Ici, le fait de conduire les chèvres vers la pierre sur laquelle on a placé le cèdre, a clairement pour but de leur communiquer l’influence fécondante du cèdre. »

James George Frazer, Le rameau d’or, tome 1, p.291-293.

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Quand l’Hindu Kush se réveille : plus de soixante secousses en moins de 3 mois

Lundi 18 janvier 2016

gol shafiq

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Le 26 octobre 2015, un fort séisme de magnitude 7.5 secouait l’Hindu Kush et était ressenti en Ouzbékistan, au Tadjikistan, en Afghanistan et en Inde, occasionnant près de 400 morts au Pakistan et en Afghanistan.

Depuis, selon les enregistrements de CSEM/EMSC, 58 séismes de magnitude significative, c’est-à-dire supérieure à 4, se sont succédé, affolant les habitants de Tashkent à Islamabad en passant par Dushanbe, Peshawar et Kaboul :

26/10/15 : magnitude 7.5, profondeur 207 km

26/10/15 : magnitude 4.7, profondeur 190 km

26/10/15 : magnitude 4.8, profondeur 192 km

26/10/15 : magnitude 4.0, profondeur 217 km

26/10/15 : magnitude 4.6, profondeur 192 km

26/10/15 : magnitude 4.1, profondeur 206 km

26/10/15 : magnitude 4.2, profondeur 213 km

26/10/15 : magnitude 4.5, profondeur 200 km

27/10/15 : magnitude 3.8, profondeur 191 km

27/10/15 : magnitude 4.1, profondeur 209 km

27/10/15 : magnitude 4.0, profondeur 210 km

27/10/15 : magnitude 4.2, profondeur 200 km

27/10/15 : magnitude 4.0, profondeur 196 km

27/10/15 : magnitude 4.0, profondeur 204 km

27/10/15 : magnitude 4.0, profondeur 192 km

27/10/15 : magnitude 4.7, profondeur 200 km

27/10/15 : magnitude 4.3, profondeur 201 km

28/10/15 : magnitude 4.1, profondeur 211 km

28/10/15 : magnitude 4.0, profondeur 215 km

28/10/15 : magnitude 4.5, profondeur 210 km

28/10/15 : magnitude 4.4, profondeur 196 km

28/10/15 : magnitude 4.2, profondeur 205 km

29/10/15 : magnitude 4.3, profondeur 195 km

01/01/15 : magnitude 4.2, profondeur 200 km

01/01/15 : magnitude 4.7, profondeur 204 km

01/11/15 : magnitude 4.0, profondeur 206 km

05/11/15 : magnitude 4.0, profondeur 196 km

06/11/15 : magnitude 4.2, profondeur 205 km

09/11/15 : magnitude 4.6, profondeur 183 km

15/11/15 : magnitude 4.6, profondeur 212 km

17/11/15 : magnitude 4.1, profondeur 220 km

18/11/15 : magnitude 4.3, profondeur 187 km

22/11/15 : magnitude 5.8, profondeur 95 km

23/11/15 : magnitude 4.3, profondeur 112 km

24/11/15 : magnitude 4.1, profondeur 196 km

25/11/15 : magnitude 4.0, profondeur 170 km

30/11/12 : magnitude 4.3, profondeur 120 km

02/12/15 : magnitude 4.7, profondeur 40 km

07/12/15 : magnitude 4.5, profondeur 110 km

11/12/15 : magnitude 4.1, profondeur 198 km

14/12/15 : magnitude 4.4, profondeur 209 km

14/12/15 : magnitude 4.3, profondeur 136 km

15/12/15 : magnitude 4.1, profondeur 86 km

25/12/15 : magnitude 6.3, profondeur 212 km

28/12/15 : magnitude 4.0, profondeur 192 km

28/12/15 : magnitude 4.1, profondeur 101 km

29/12/15 : magnitude 4.0, profondeur 47 km

29/12/15 : magnitude 4.4, profondeur 204 km

01/01/16 : magnitude 4.5, profondeur 205 km

02/01/16 : magnitude 5.2, profondeur 178 km

07/01/16 : magnitude 4.3, profondeur 191 km

08/01/16 : magnitude 5.1, profondeur 212 km

13/01/16 : magnitude 5.7, profondeur 237 km

13/01/16 : magnitude 4.7, profondeur 80 km

14/01/16 : magnitude 4.0, profondeur 195 km

15/01/16 : magnitude 4.2, profondeur 200 km

16/01/16 : magnitude 4.4, profondeur 200 km

17/01/16 : magnitude 4.6, profondeur 80 km

18/01/16 : magnitude 4.9, profondeur 80 km

Pour comprendre ce qui se passe : Séisme en Afghanistan : quand le continent indien fonce vers l’Eurasie.

La question est : ces secousses qui se succèdent à un rythme soutenu augurent-elles d’un méga-séisme ?

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