« Voyage au pays des Ouïghours » : les avis des lecteurs

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  • Un livre passionnant sur un peuple et un sujet tristement méconnus et au destin tragique.

Sylvie Lasserre nous mène par la main vers un peuple et sur une terre qu’elle est une des rares personnes à mettre en lumière, et de façon si brillante. Chaque mot est une boussole, dans ce texte palpitant et écrit comme un prolongement de l’action infatigable de l’auteure. Chaque chapitre nous ouvre une porte, autant vers une culture qu’on aimerait pouvoir découvrir plus, que vers le terrible et sombre destin de ce peuple Ouïghour d’Asie Centrale que le gouvernement chinois a décidé de « faire rentrer dans le rang » à tout prix. Ce livre est indispensable à lire pour ouvrir les yeux sur un monde écrasé par la pensée unique. Merci pour ce texte qui m’a touché au cœur.

  • Découvrir un peuple peu connu

Magnifique, à lire !

  • Connaître la situation des Ouïghours

J’ai enfin trouvé ce livre , tout d’abord je remercie Sylvie Lasserre et son travail réel, elle a raconté la vraie histoire des Ouïghours qui sont délaissés et oubliés…
Ils sont en train de subir un génocide par le parti chinois au 21e siècle alors qu’on parle des droits de l’homme dans le monde entier…

  • Super livre

Il y a très peu de livres qui parlent sur la situation du peuple ouïghour.

  • Quel livre merveilleux

Je viens de terminer „Voyage au pays des Ouïghours“ de Sylvie Lasserre dans le train qui me mène vers Berlin… Quel livre merveilleux dans l’horreur indicible de ce que le gouvernement Chinois inflige au peuple ouïghour. Les témoignages de ce qu’on subit les Juifs sous le 3e Reich sont éprouvants à lire, pour moi en tout cas, mais quelque part supportables parce que passés, c’est de l’histoire.

Mais « voyage au pays des Ouïghours » est insupportable, même si j’ai tout lu, chaque mots jusqu’au bout, jusqu’à la lie, parce que ça se passe encore toujours aujourd’hui… Je supporte difficilement les vidéos montrant la façon dont la police française s’occupe des gilets jaunes ou des médecins et infirmières qui descendent dans la rue juste avant la pandémie de Covid19 pour réclamer plus de moyens et qui se font matraquer, gazer, et pire encore. Mais c’est un traitement très respectueux et amical face à ce que font les policiers chinois aux Ouïghours…

Heureusement que je vais passer la nuit dans des trains, avec des correspondances qui me tiendront éveillé. Lire ce livre passe encore, mais quand j’essaye, quelques secondes durant, d’imaginer l’enfer que vivent ces gens, ça me rend malade au sens propre du terme. Il n’y a pas de mots pour qualifier ça. Merci pour ce témoignage.

  • Mon best-seller de l’été
Un livre à mettre entre toutes les mains !
L’excellent focus que nous donne Sylvie Lasserre au travers de cet ouvrage, sa sensibilité pour le peuple Ouighours et sa destinée qu’elle nous fait partager, sont autant d’arguments qui qualifie ce livre selon moi, comme le best seller de l’été.

 

  • Magnifique récit

Merci pour ce magnifique récit. Du fond du cœur.

  • Un livre magnifique
  • L’émotion d’un voyage, la souffrance d’un peuple
  • Ouvrage majeur
  • Un voyage témoignage

Sylvie Lasserre est spécialiste de l’Asie centrale, une région pas nécessairement connue par la majorité des Français (dont moi). Dans Voyage au pays des Ouïghours, elle raconte son séjour au Xinjiang (le nom donné par les Chinois à cette province située à l’ouest du pays) en 2007. Elle nous livre les principales étapes de son voyage, accompagnées de ses observations et de ses sentiments. Par moments, on a presque l’impression d’être dans sa tête et de ressentir ses sentiments. Il faut voir par exemple comme elle prend rapidement en grippe une traductrice : dès les premiers mots, on sent l’antipathie, qui ne va cesser de grandir au cours des pages. Elle nous transmet sa gêne ou sa crainte dans certaines situations, de façon presque naïve, mais très efficace.

Et, autour de ce voyage, elle nous parle de la situation des Ouïghours dans leur propre pays (même si ce n’en est pas un). Les évènements qu’elle narre vont de 2006 à 2020 dans cette deuxième version de l’ouvrage (une première version était parue en 2010). Selon l’autrice, les Chinois (les Han), veulent faire disparaître purement et simplement les Ouïghours en les mélangeant aux Hans, voire en les remplaçant par eux. Ces derniers représentaient une infime partie de la population du Xinjiang voilà quelques années. Aujourd’hui, ils sont près de 50 %. Et ils sont, évidemment, favorisés par le régime pour les emplois et autres contingences matérielles. De plus, ce même régime détruit les vieilles villes à la vitesse de l’éclair pour les remplacer par des infrastructures modernes, mais aseptisées, loin de tout héritage culturel ouïghour. Comme s’il voulait faire disparaître toute trace. Et, comme toujours avec la Chine, le silence le plus épais règne sur ces actes. Et, surtout, sur la répression terrible exercée sur toute forme de protestation : arrestations par dizaines, voire centaines. Et torture. Sans parler de la confiscation des passeports.

On ne sort donc pas indemne de la lecture de ce journal de voyage. Les faits exposés par l’autrice sont proprement horribles et, même si tout n’est pas vérifié, loin de là, tant le régime chinois est puissant en matière de rétention d’informations, le bilan est terrifiant.

Une vérité bien cachée

La forme de l’ouvrage est avant tout touchante : on se sent que Sylvie Lasserre se donne cœur et âme et elle ne cache pas ses sentiments. On voit combien elle est émue et ravagée par l’horreur de ce qu’elle voit. Mais aussi consciente du devoir qu’elle s’est donnée : observer, obtenir des informations et témoigner. En parler à l’extérieur du pays, faire connaître la situation désastreuse dans laquelle se trouve un peuple, pourtant riche d’une histoire ancienne (l’autrice nous brosse un rapide tableau de cette civilisation et de ses développements à travers les siècles). D’ailleurs, elle ne cache pas ses amitiés, ni son engagement. Il suffit d’aller sur son blog (https://surlesroutesdasiecentrale.wordpress.com) pour s’en apercevoir. Et elle l’annonce clairement dans le livre. On peut mettre en doute certains chiffres, mais l’autrice se montre prudente car, comme elle le dit, « comment se fier à des chiffres émis par les autorités chinoises, quand on sait de quelle façon Pékin manipule les médias et censure les canaux de communication qu’elle ne contrôle pas ? » Et ce sont les seuls chiffres que l’on peut avoir. Quelques agences des droits de l’homme tentent des approximations par des témoignages (rares, car parler est souvent synonyme de prison, de torture et de menace sur la famille entière). Donc, en tant que lecteur, difficile de se faire une véritable idée de ce qu’il en est exactement. Mais le témoignage de Sylvie Lasserre est fort. Et comme elle dit clairement dans quel sens vont ses préférences, on n’est pas pris en traître.

Lire Voyage au pays des Ouïghours est plus qu’utile : il faut prendre connaissance de ce qui se trame dans l’extrémité ouest de la Chine. Comme au Tibet, les dirigeants de ce vaste pays veulent imposer des règles parfois bien trop strictes. Et ils semblent vouloir écraser les particularités culturelles d’un peuple, impuissant car enfermé dans des frontières hermétiques et dans un silence bien trop fort. (https://www.babelio.com/auteur/Sylvie-Lasserre/530292/critiques?fbclid=IwAR0iLAPJxS59to9P67SPreq1mKKCX6WH8IOPqBaCfPGs4RPNaVDNTqXPs1g)

Voyage au pays des Ouïghours, Quatrième de couverture

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Minorité turcophone et musulmane vivant dans l’Ouest de la Chine, les Ouïghours subissent depuis des années une répression d’une violence inouïe de la part du gouvernement chinois, qui prétend lutter contre le terrorisme. Aujourd’hui, plus de trois millions d’entre eux sont détenus dans des camps, endurant tortures et travail forcé. Voyage au pays des Ouïghours retrace la situation au Xinjiang de 1997 à nos jours, en s’attardant sur la culture et l’histoire de ce peuple. Il analyse l’escalade inéluctable des violences vers un véritable enfer orwellien, et met en lumière les méthodes de la Chine pour museler ce peuple : assimilation forcée, patrimoine détruit, discrimination devant l’emploi, interdiction de pratiquer sa religion, confiscation des passeports…

Première en France à avoir dénoncé la situation dès 2007, l’auteure a rédigé son livre suite à une enquête clandestine au Turkestan oriental. Cette nouvelle édition actualisée et illustrée de photographies s’accompagne de témoignages récents, qui nous révèlent l’enfer des camps chinois.

Biographie de l’auteur

Sylvie Lasserre est journaliste indépendante et photographe, spécialiste de l’Asie centrale et du monde turcophone. Docteur en physique et diplômée de l’EPHE (Ecole Pratique des Hautes Etudes) en anthropologie sociale, elle a réalisé de nombreux reportages au Kazakhstan, au Kirghizistan, au Turkménistan, au Tadjikistan, en Ouzbékistan, en Iran, au Pakistan et bien sûr au Xinjiang. Ancienne collaboratrice du Monde, Elle, Courrier international, Libération, The Guardian, Die Welt, La Stampa, et bien d’autres, elle est aussi présidente et fondatrice de La Maison d’Asie centrale, une association diffusant la culture centrasiatique en France, et tient le blog « Sur les routes d’Asie centrale ».

« Voyage au pays des Ouïghours », un livre à l’histoire particulière

Une première version de Voyage au pays des Ouïghours – Turkestan chinois, début du XXI siècle est parue en juin 2010 aux Editions Cartouche. Rapidement épuisé, le livre n’a pu être réimprimé, les Editions Cartouche ayant malheureusement cessé leur activité deux ans après la parution.

Aujourd’hui, ce livre, qui est illustré de croquis du célèbre artiste ouzbek Alisher Alikulov, est en passe de devenir un collector. Je l’ai vu proposé à 147 euros sur un site internet alors que son prix est de 12 euros !

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Fin 2019, je fus contactée par la maison d’Édition Hesse qui me proposa d’en refaire une publication. Compte tenu de l’apparition des camps d’internement et de la dégradation de la situation des Ouïghours, j’acceptai aussitôt et nous décidâmes d’un commun accord avec l’éditeur d’en proposer une version mise à jour et augmentée, afin de prendre en compte les derniers développements et en particulier la réalité des camps et la surveillance orwellienne dont ce peuple est devenu l’objet. L’ouvrage est illustré de nombreuses de mes photos.

Le livre, qui devait paraître le 8 avril 2020, n’est finalement sorti qu’à la fin du mois de mai 2020 à cause de la crise sanitaire. Il est paru sous le titre  : Voyage au pays des Ouïghours – De la persécution invisible à l’enfer orwellien.

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Cette seconde édition est dédiée à tous les Ouïghours enfermés dans les camps chinois.

Je vous souhaite une bonne lecture.

 

Mon dernier livre sur les Ouïghours est paru !

Paru cette semaine aux éditions Hesse :

Voyage au Pays des Ouïghours – De la répression invisible à l’enfer orwellien

Mon livre évoque la situation dramatique de ce peuple soumis aux pires exactions de la part de Pékin. Le voyage commence en 2006 pour arriver à nos jours (en 2020) et à l’horreur des camps.

 

Et nous retrouvons les pierres à pluie chez les Romains

Faisant suite à mon post Pierres à pluie de Yarkand, je viens de découvrir l’utilisation de pierres à pluie dans la Rome antique :

« La pierre manale était une pierre pour laquelle le peuple romain avait une grande confiance, et qu’on roulait dans les rues de Rome, dans un temps de sécheresse, pour avoir de la pluie. Elle était placée près du temple de Mars. On lui donna peut-être ce nom, parce que manalis fons signifiait une fontaine, dont l’eau coule toujours. » Extrait de l’Encyclopédie méthodique, tome troisième.

 

 

 

Le destin tragique d’Adolphe von Schlagintweit

Aviez-vous entendu parler des frères Schlagintweit ? Ils sont cinq, nés en Bavière, dont trois explorateurs en Haute-Asie : Hermann, Adolphe et Robert, nés au début du XIXe siècle. Les trois frères, qui avaient plus d’une corde à leur arc (aquarellistes, botanistes, glaciologues, etc.), se distinguèrent par leurs explorations du Tibet et du Turkestan oriental, au point de recevoir en 1859 le grand prix de la Société de Géographie de Paris.

Hermann (1826 – 1882), notamment, est reconnu pour la qualité de ses aquarelles :

Notez que c’est à titre posthume qu’Adolphe (1829 – 1857) reçut son prix. En effet, celui-ci disparut en 1857. De source quasi certaine, il fut décapité par Wali Khan, l’émir de Kashgar, son crâne couronnant une pyramide d’autres crânes à l’entrée de la ville. Quant aux circonstances exactes de sa mort, ses frères enquêtèrent longtemps.

A la fin de l’année 1856, les trois frères, qui se trouvaient au Punjab, se séparèrent. Robert et Hermann rentrèrent en Europe, tandis qu’Adolphe souhaitait séjourner une année de plus dans la région afin, notamment, d’explorer plusieurs parties inconnues du Tibet et du Turkestan.

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Adolphe von Schlagintweit.

Déguisé en marchand indien, il était accompagné d’une impressionnante caravane lorsqu’il quitta Rawalpindi le 13 décembre 1856 : « plusieurs guides, de nombreux domestiques, quelques-uns armés, et, outre les chevaux, des yaks chargés des provisions, des tentes et des marchandises, soieries, tapis, vêtements, destinés à servir aux échanges ou à être donnés en présents ; enfin, un troupeau de bétail, moutons, chèvres, etc. ». Autant de précautions nécessaires pour passer l’Himalaya par des chemins inconnus.

Début août 1857, la caravane se trouve à cinq jours de Yarkand, au Turkestan. Mais Schlagintweit apprend que des combats ont lieu du côté de Yarkand et Kashgar, entre les émirs turks et les Chinois qui n’ont de cesse d’occuper ces bastions du Turkestan. Kashgar était alors au pouvoir de Wali Khan, un émir cruel. Néanmoins, Shlagintweit décida de poursuivre sa route vers la cité, renvoyant tout de même à Lahore par précaution ses manuscrits, dessins et collections. Ayant demandé une audience à Wali Khan, « Celui-ci, pour toute réponse, l’aurait fait arrêter et conduire en sa présence avec son escorte. Puis, sans vouloir entendre aucune explication, sur-le-champ il lui aurait fait trancher la tête hors de la ville ».

Lire l’article de la revue Le Tour du Monde (1860)  : « Mort du voyageur Adolphe Schlagintweit dans le Turkestan »

Voir aussi : « On the death of M. Adolphe Schlagintweit« .

Sa tombe se trouve à Münich car, quelques années plus tard, un anthropologue kazakh, se rendit à Kashgar, retrouva et rapporta ses restes en Russie. Mais ceci fera l’objet d’un autre post.

La potion magique des peuples türks

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Tadjikistan. Après avoir faire cuire au feu la tête et les pattes du mouton sacrifié, une jeune fille gratte les parties brûlées avant de préparer la soupe qui sera servie à l’issue du rituel chamanique. Copyright Sylvie Lasserre

La première fois que j’ai entendu parler de cette soupe, la kalla-pocha, elle était servie à la fin d’un rituel chamanique auquel j’avais assisté au Tadjikistan. Kalla : la tête, pocha : les pattes. De l’animal sacrifié rien ne se perd : la viande est cuite en ragoût, la tête, les pattes et les abats mijotent en soupe, enfin la peau est récupérée par le chamane. La kalla-pocha est bue par les participants à la fin de la cérémonie.

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Durant le rituel, la patiente remue la kalla-pocha à l’aide d’une louche. Copyright Sylvie Lasserre

La seconde fois que j’ai entendu parler de cette soupe, c’était en Turquie, sur la côte de la mer Egée. Une vieille voisine enrhumée et alitée me demanda de lui rapporter de la ville une soupe kelle paça, précisant que cela lui redonnerait des forces et l’aiderait à guérir. Et quel ne fut mon étonnement lorsque, descendue en ville, je constatai en effet que de nombreux restaurants vendaient la soupe kelle paça.

Toujours sur la côte égéenne. Récemment, attirée par l’odeur de corne brûlée qui semblait venir de derrière chez moi, je trouvais une voisine accroupie devant un feu qu’elle entretenait. Elle me dit qu’elle préparait une kelle paça. Alors qu’elle grattait les pattes carbonisées d’un mouton, je retrouvai les mêmes gestes que je vis faire par ces femmes au Tadjikistan. Intriguée, je lui demandais quelles étaient les vertus de cette soupe, et elle m’expliqua que c’était bon pour fortifier les os (elle a quatre enfants en bas âge).

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Cette soupe semble être parée de toutes les vertus. J’ignore si c’est fondé ou non mais c’est très probable car les peuples türks n’ont pas leurs pareils dans la connaissance des pouvoirs des aliments.

Renseignements pris, on la consomme aussi en Afghanistan où le kalah wa pacha est une soupe nourrissante qui se consomme généralement le matin et qui est très appréciée des travailleurs de force comme les fermiers et les soldats et même des lutteurs.

Lire aussi : How to eat kalah pacha