Mon dernier livre sur les Ouïghours est paru !

Paru cette semaine aux éditions Hesse :

Voyage au Pays des Ouïghours – De la répression invisible à l’enfer orwellien

Mon livre évoque la situation dramatique de ce peuple soumis aux pires exactions de la part de Pékin. Le voyage commence en 2006 pour arriver à nos jours (en 2020) et à l’horreur des camps.

 

Le destin tragique d’Adolphe von Schlagintweit

Aviez-vous entendu parler des frères Schlagintweit ? Ils sont cinq, nés en Bavière, dont trois explorateurs en Haute-Asie : Hermann, Adolphe et Robert, nés au début du XIXe siècle. Les trois frères, qui avaient plus d’une corde à leur arc (aquarellistes, botanistes, glaciologues, etc.), se distinguèrent par leurs explorations du Tibet et du Turkestan oriental, au point de recevoir en 1859 le grand prix de la Société de Géographie de Paris.

Hermann (1826 – 1882), notamment, est reconnu pour la qualité de ses aquarelles :

Notez que c’est à titre posthume qu’Adolphe (1829 – 1857) reçut son prix. En effet, celui-ci disparut en 1857. De source quasi certaine, il fut décapité par Wali Khan, l’émir de Kashgar, son crâne couronnant une pyramide d’autres crânes à l’entrée de la ville. Quant aux circonstances exactes de sa mort, ses frères enquêtèrent longtemps.

A la fin de l’année 1856, les trois frères, qui se trouvaient au Punjab, se séparèrent. Robert et Hermann rentrèrent en Europe, tandis qu’Adolphe souhaitait séjourner une année de plus dans la région afin, notamment, d’explorer plusieurs parties inconnues du Tibet et du Turkestan.

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Adolphe von Schlagintweit.

Déguisé en marchand indien, il était accompagné d’une impressionnante caravane lorsqu’il quitta Rawalpindi le 13 décembre 1856 : « plusieurs guides, de nombreux domestiques, quelques-uns armés, et, outre les chevaux, des yaks chargés des provisions, des tentes et des marchandises, soieries, tapis, vêtements, destinés à servir aux échanges ou à être donnés en présents ; enfin, un troupeau de bétail, moutons, chèvres, etc. ». Autant de précautions nécessaires pour passer l’Himalaya par des chemins inconnus.

Début août 1857, la caravane se trouve à cinq jours de Yarkand, au Turkestan. Mais Schlagintweit apprend que des combats ont lieu du côté de Yarkand et Kashgar, entre les émirs turks et les Chinois qui n’ont de cesse d’occuper ces bastions du Turkestan. Kashgar était alors au pouvoir de Wali Khan, un émir cruel. Néanmoins, Shlagintweit décida de poursuivre sa route vers la cité, renvoyant tout de même à Lahore par précaution ses manuscrits, dessins et collections. Ayant demandé une audience à Wali Khan, « Celui-ci, pour toute réponse, l’aurait fait arrêter et conduire en sa présence avec son escorte. Puis, sans vouloir entendre aucune explication, sur-le-champ il lui aurait fait trancher la tête hors de la ville ».

Lire l’article de la revue Le Tour du Monde (1860)  : « Mort du voyageur Adolphe Schlagintweit dans le Turkestan »

Voir aussi : « On the death of M. Adolphe Schlagintweit« .

Sa tombe se trouve à Münich car, quelques années plus tard, un anthropologue kazakh, se rendit à Kashgar, retrouva et rapporta ses restes en Russie. Mais ceci fera l’objet d’un autre post.

Un temple inattendu dédié à Sin, le dieu mésopotamien de la lune.

Soğmatar ! En route vers Istanbul depuis Islamabad, je fis une escale d’une semaine à Urfa, l’ancienne Edesse, ville ô combien riche du point de vue de l’histoire des religions, ainsi que ses environs. Après avoir visité Harran, la ville biblique où naquit Abraham – j’y reviendrai dans un autre poste – on me conseilla de me rendre à Soğmatar où je trouverais des temples dédiés aux dieux mésopotamiens.

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Soğmatar, copyright Sylvie Lasserre

Soğmatar se trouve à une soixantaine de kilomètres de Harran. Après avoir sauté dans un taxi, le seul moyen de s’y rendre, j’arrivai dans un lieu quasi-désertique et battu par les vents. Seules quelques fermettes reposaient là. Je m’approchai de deux bergères occupées à nourrir leurs moutons tout en me demandant ce que pouvaient bien faire là des temples païens dont rien d’ailleurs n’indiquait la présence.

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Soğmatar, copyright Sylvie Lasserre

Finalement, trois gamins accoururent vers moi en me faisant signe de les suivre. Nous pénétrâmes dans une grotte transformée en temple, aux parois couvertes de suie. Là, les gamins visiblement habitués à voir des touristes débarquer de temps à autre, m’indiquèrent du doigt chaque figurine gravée en bas-relief sur les parois.

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Temple dedicated to the moon, Sin, in Soğmatar, copyright Sylvie Lasserre

Je l’ignorais alors mais cette grotte ornée porte le nom de grotte de Pognon, du nom du diplomate et archéologue français Henri Pognon (1853-1921), qui en fit la découverte.

Soğmatar (ou Sumatar) était un centre de culte pour les habitants de Harran qui vénéraient les dieux de la lune et des planètes durant le règne du roi Abgar.

Selon la légende, c’est également à Soğmatar que se trouverait le puits de Moïse. C’est aussi là que Moïse, fuyant l’Egypte, aurait rencontré Séphora, la fille de Jethro, qui devint son épouse, et que son beau-père lui offrit le fameux bâton qu’il transformera plus tard en serpent devant le Pharaon.

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Au sommet de la colline où se trouve la grotte de Pognon, des ruines constituées d’énormes blocs de pierres. Copyright Sylvie Lasserre.

Göbekli Tepe, the world’s most ancient worship place

During my roadtrip from Islamabad to Istanbul in 2014, I had the opportunity to visit the archeological site of Göbekli Tepe, located a dozen kilometers away from Urfa in Turkey. It was a long time dream. That was even one of the main reasons for this long trip – along with the visit of other neotlithic archeological sites.

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Approaching Göbekli Tepe. Copyright  2014 Sylvie Lasserre

Göbekli Tepe, « the mount with a belly » in Turkish, was discovered in the 60’s by some archeologists guided by the shepperds, owners of the land. But those had no idea of the importance of the site. They thought they had found some Middle Age graveyards. It was Klaus Schmidt, a German archeologist, who understood the importance of such a place and he began excavations in 1994. Unfortunately Schmidt died of a heart attack in 2014.

It was found out that Göbekli Tepe was probably a temple 12000 years old. This shook up all preconceived ideas about neolithic societies. Indeed : still nomadics, the hunters and gatherers living in the region of Göbekli Tepe were gathering at this worship place (no evidence of settlements were found in the surroundings). This is the most amazing fact of this discovery.

IMG_6164Mahmut Yildiz, the shepperd owner of the land where lays Göbekli Tepe. Copyright 2014 Sylvie Lasserre

Still most of the mound has to be excavated. I was told by the locals that the vast plain down the tepe « hill » was the place of the Paradise. Indeed, this region is known for being the cradle of agriculture (upper Mesopotamia), which appeared some 10000 years ago, after the construction of Göbekli Tepe.

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A fertile plain lays at the feet of Göbekli Tepe. Copyright 2014 Sylvie Lasserre

Today, Göbekli Tepe has dressed new clothes. Paths have been created for guiding the visitors, brand new roof is protecting the site. There are opening and closing times and soon it will be possible to fly over the site with hot air balloons… Moreover, some guided tours are full and can’t accept more tourists, due to the success of this modernisation.

Göbekli Tepe has been officially inaugurated on March 2019. And selfishly I wonder if I still will be able to dream there.

A Sogmatar, des temples dédiés à Sîn, le dieu de la Lune. Turquie

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A une cinquantaine de kilomètres au nord est de Harran, près de la localité de Yagmurlu Koÿ, se trouve Sogmatar (ou Sumatar Harabesi, Sumatar), un ancien lieu de culte dédié à Marilaha, le dieu suprême, dieu de la Lune, qui correspond au dieu mésopotamien Sîn, le dieu combattu par Abraham (voir le post  » Sur les pas d’Abraham à Harran « ).

Ruines de Sogmatar. Copyright Sylvie Lasserre

Ruines de Sogmatar.  © Sylvie Lasserre

Le lieu consiste en sept caves en forme de grottes creusées au sommet de sept collines, une pour chaque planète. Des cultes qui y furent rendus, il ne reste rien. Aujourd’hui, Sogmatar est un lieu désert, loin de tout, où l’on ne voit que des collines pierreuses battues par les vents. Au pied des collines, deux ou trois habitations de bergers, qui ont utilisé les pierres des temples pour bâtir leur murs :

Murs bâtis avec des pierres des temples, Sogmatar. Copyright Sylvie Lasserre

Murs bâtis avec des pierres des temples, Sogmatar. © Sylvie Lasserre

 

Murs faits de pierres taillées arrachées aux temples, Sogmatar. Copyright Sylvie Lasserre

Murs faits de pierres taillées arrachées aux temples, Sogmatar. © Sylvie Lasserre

Point de bureau de renseignement, point de guide, juste un panneau sur lequel on peut lire que Sogmatar était un centre de culte pour les habitants de Harran qui vénéraient les dieux de la lune et des planètes durant le règne du roi Abgar et que, selon la légende, s’y trouvait aussi le puits de Moïse.

Nous sommes loin de tout, avec une vague impression de bout du monde.

Sogmatar. Copyright Sylvie Lasserre

Sogmatar. © Sylvie Lasserre

Sogmatar. Copyright Sylvie Lasserre

Sogmatar. © Sylvie Lasserre

Ce sont les enfants des bergers qui nous ont servi de guide. Habitués à voir des étrangers venir voir ces grottes, ils ont immédiatement compris pourquoi nous étions là, et, sans hésiter, nous ont montré ce qu’il y avait à voir.

A Sogmatar les enfants du cru s'improvisent guides. Copyright Sylvie Lasserre

A Sogmatar les enfants du cru s’improvisent guides. © Sylvie Lasserre

A Sogmatar, les enfants des bergers s'improvisent en guides. Copyright Sylvie Lasserre

A Sogmatar, les enfants des bergers s’improvisent guides. © Sylvie Lasserre

Ils nous mènent d’emblée à la grotte dite Pognon, du nom de l’Assyriologue français Henri Pognon qui l’a découverte.

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A l’intérieur de la grotte Pognon. © Sylvie Lasserre

 

Les dieux vénérés dans ces grottes creusées par l'homme à Sogmatar. Copyright Sylvie Lasserre

Les dieux vénérés dans ces grottes creusées par l’homme à Sogmatar. © Sylvie Lasserre

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Divinités à l’intérieur de la grotte Pognon, Sogmatar. © Sylvie Lasserre

Pour en savoir plus : The legacy of Mesopotamia, édité par Stephanie Dalley, Oxford University Press, 1998.

Et pour ceux qui lisent l’allemand : Sumatar

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Sur les pas d’Abraham à Harran. Turquie

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Vue sur la ville d'Urfa depuis la citadelle. © Sylvie Lasserre

Vue sur la ville d’Urfa depuis la citadelle. © Sylvie Lasserre

« Terah prit son fils Abram, son petit-fils lot, fils de Harân, et sa bru Saraï, femme d’Abram. Il les fit sortir d’Ur des Chaldéens pour aller au pays de Canaan, mais, arrivés à Harân, ils s’y établirent. […]

Abram avait soixante-quinze ans lorsqu’il quitta Harân. Abram prit sa femme Saraï, son neveu Lot, tout l’avoir qu’ils avaient amassé et le personnel qu’ils avaient acquis à Harân. Ils se mirent en route pour le pays de Canaan et ils y arrivèrent. » La Genèse.

Lors d’un « road trip » d’Islamabad à Istanbul, j’ai souhaité faire une halte à Harran, le Harân de la Bible, un lieu qui se situe à une trentaine de kilomètres au sud d’Urfa, aujourd’hui nommée Şanlıurfa, Urfa la Glorieuse, l’ancienne Edesse. Par la même occasion, j’allais découvrir que la ville d’Urfa où je séjournai était aussi très liée à Abraham, puisqu’il y serait né et y aurait grandi.

Selon la tradition islamique, Urfa serait aussi l’Ur des Chaldéens (Ur Kasdim) de la Bible, le lieu de la naissance d’Abraham, que de nombreux chercheurs situent plutôt dans l’Iraq actuel, la fameuse Ur de Mésopotamie. Mais rien ne permet d’avoir la certitude de l’emplacement réel d’Ur des Chaldéens. Cependant, à Urfa, point de chrétiens tandis que les pèlerins musulmans affluent en permanence vers la grotte où serait né Abraham. Les femmes, en particulier, viennent accompagnées de leurs jeunes enfants, boire et leur faire boire l’eau supposée les guérir.

La grotte où serait né Abraham, Urfa. © Sylvie Lasserre

Dans la grotte où serait né Abraham, Urfa. © Sylvie Lasserre

Pour les musulmans, pas de doute, le lieu de naissance d’Abraham est bien là. Et voici ce que l’on peut lire à l’entrée de la grotte nommée Mevlid-i Halil Cave (mevlid signifie « sainte nativité ») :  » Selon la croyance, Abraham est né dans cette grotte. D’après la légende, lorsque les oracles du roi Nimrod lui apprirent qu’un fils allait naître, qui mettrait fin à sa dynastie et à sa religion, Nimrod ordonna que l’on tue tous les garçons nés cette année. Cette année-là, Nuna, la mère d’Abraham, découvrit qu’elle était enceinte. Lorsque la délivrance arriva, elle se cacha dans cette grotte où nacquit Abraham. Terah remit à Nimrod le nouveau-né d’une de ses esclaves en le faisant passer pour son propre fils. Après la naissance, la mère d’Abraham se rendait chaque jour en secret dans la grotte pour nourrir son fils. »

Dans la grotte où serait né Abraham, Urfa. © Sylvie Lasserre

Dans la grotte où serait né Abraham, Urfa. © Sylvie Lasserre

L’ancienne citadelle surplombe la grotte et la ville nouvelle d’Urfa. A l’intérieur de la citadelle se trouvait le palais du roi Nimrod, dont Terah, le père d’Abraham, était le premier ministre. A l’époque, les Mésopotamiens vénéraient le dieu de la Lune, Sîn, le roi des dieux. Ainsi en était-il de Terah et Nimrod.

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Le « trône de Nimrod », au bord de la citadelle. C’est d’ici, selon la légende, que Nimrod fit jeter Abraham dans les flammes. Urfa. © Sylvie Lasserre

L’on raconte qu’Abraham un jour brisa les statues des dieux et que suite à cela, Nimrod le fit immoler par le feu. Selon la légende, le Dieu d’Abraham apaisa la chaleur des flammes et Abraham fut sauvé. Aujourd’hui, à l’emplacement du bûcher se trouve Balikli Göl, un long bassin empli de poissons qui sont, dit-on ici, chacun une braise éteinte du feu dans lequel Abraham fut plongé.

Balikli Göl, le bassin aux poissons, Urfa. © Sylvie Lasserre

Balikli Göl, le bassin aux poissons, Urfa. © Sylvie Lasserre

Il existe de nombreuses versions concernant la jeunesse d’Abraham, la plupart s’étant transmises de bouche à oreille, et les habitants d’Urfa ont tous leur histoire à raconter. La tradition juive quant à elle, donne des informations intéressantes, et je vous propose de lire ceci :

Abraham’s early life

Nimrod and Abraham

L’histoire ne dit pas pourquoi par la suite Thera et sa famille s’établirent à Harân. Probablement parce qu’elle était une des cités majeures de Haute Mésopotamie. Ce qui est certain, c’est qu’ils y vécurent longtemps puisque Terah y mourut à un âge avancé (deux cent cinq ans) et qu’ « Abram avait soixante-quinze ans lorsqu’il quitta Harân ».

Aujourd’hui, Harran (orthographe actuelle), consiste en une série de monticules arides parsemés de pierres, ruines d’où n’émergent plus qu’une des portes d’entrée de l’ancienne citadelle, le minaret de la plus ancienne mosquée d’Anatolie (postérieure à Abraham évidemment) et les ruines de la plus ancienne université au monde.

La citadelle d’Harran aurait été bâtie à l’emplacement d’un ancien temple dédié à Sîn, le dieu de la Lune, roi des dieux vénérés par les Mésopotamiens.

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Une des portes d’accès à l’ancienne citadelle d’Harran. © Sylvie Lasserre

 

Ruines de Harran avec en arrière plan ce qu’il reste de ce qui fut la plus grande mosquée d’Anatolie. © Sylvie Lasserre

A Harran se trouvait la première université au monde et l’on raconte ici qu’Abraham y avait étudié, en particulier l’astronomie.

Ruines de l'université où aurait étudié Abraham. © Sylvie Lasserre

Ruines de l’université où aurait étudié Abraham. © Sylvie Lasserre

Alors que j’avais toujours imaginé Abraham comme un berger marchant sur les chemins de Mésopotamie, je quittai Urfa avec l’idée d’un Abraham fils de très bonne famille, citadin et érudit.

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La croisière jaune au Turkestan chinois

Vendredi 11 septembre 2015

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C’est une très belle série sur le voyage que nous propose l’émission d’Emmanuel Laurentin, La Fabrique de l’Histoire, sur France Culture. Notamment celle-ci sur La Croisière Jaune : La Croisière jaune, des chenilles sur la Route de la Soie.

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L’on y constate que les persécutions des Chinois envers les Ouïghours ne datent pas d’aujourd’hui. Le mot ouïghour n’est pas prononcé, les explorateurs parlent de musulmans chinois. Extraits de témoignages de l’époque :

« On est arrivés à la frontière […] et on est tombés en pleine bagarre entre Chinois et Chinois musulmans. […] Tout le monde a eu peur, tout le monde a foutu le camp, provisoirement notre arrivée a arrêté la bagarre. Ils ont vu arriver neuf voitures, ils se sont demandé ce qui arrivait.  »

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« On arrive sur les arrières de l’armée chinoise. Il y avait des blessés… les charrettes derrière avec les femmes, la famille qui suivaient l’armée qui suivaient leurs parents soldats. Les Chinois avaient fait des prisonniers musulmans. J’en ai vu un notamment qui arrivait avec un officier chinois, qui était attaché, qui avait une blessure sur la poitrine, et… ils l’ont amené là, ils lui ont tranché la tête. Ensuite il lui a ouvert le ventre il a arraché le coeur, il est parti avec le coeur et la tête. Nous sommes rentrés à Hami, nous avons campé dans un hangar à Hami et dans la nuit on entendait dans la caserne chinoise les hurlements des musulmans qui étaient torturés. Le lendemain matin en partant sur les portes de la ville il y avait des poteaux avec les têtes décapitées. »

 

 

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Les femmes et les enfants d’abord ! Un grand bravo au peuple grec !

Dimanche 9 août 2015

Juste un aperçu du bel esprit de solidarité des Grecs, étouffés par la crise, mais pour qui rien ne compte lorsqu’il s’agit de porter assistance à des réfugiés. Il y a neuf ans déjà, alors que je faisais un reportage entre Chios, Lesbos et Athènes sur le même sujet, leur bel esprit m’avait laissée admirative et chargée de souvenirs de si belles rencontres. Quand cette route s’ouvrait, j’ai vu les habitants de Chios, Mytilène et Athènes se dépenser sans compter. Certains ont même « adopté » des migrants. Depuis je dois dire que j’admire les Grecs pour leurs esprit de solidarité.

Encore aujourd’hui, vous pouvez constater qu’ils sont admirables. Pris en plein marasme économique, ils continuent de porter assistance aux réfugiés de Syrie (j’aurais tant d’histoires à partager à leur sujet ! Chapeau bas au peuple grec !). Jugez-en par vous-même, alors qu’ils prêtent leurs véhicules aux migrants pour parcourir cinquante kilomètres, sans même en parler :

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