Les herbes, une valeur sûre des peuples turcs

Mercredi 6 mars 2019

Quand le printemps s’annonce, partout sur le bord des routes en Asie centrale vous verrez des paysans vendre toutes sortes d’herbes vertes. Vous savez, celles que l’on taxe de mauvaises herbes chez nous et que l’on arrache aveuglément ou à coups de pesticides. Les Turks, eux, connaissent bien les vertus de ces herbes sauvages dont ils se régalent après l’hiver.

En Turquie, les étals d’herbes (ot) dans les marchés regorgent de ces plantes qu’ailleurs l’on ne regarderait même pas. Quant à ma voisine, elle n’a pas son pareil pour reconnaître une herbe et m’en donner le nom sans hésiter ainsi que la façon de la cuisiner. Dès que j’ai un doute, je la consulte.

Mais saviez-vous que parmi les différents noms turco-mongols du remède, l’un d’eux, le plus employé, est précisément « ot » ? D’après Jean-Paul Roux, éminent turcologue français, « ce mot […] signifie d’abord une herbe, puis une herbe et l’herbe médicinale, enfin d’une part herbe, d’autre part remède » (Jean-Paul Roux, Faune et flore sacrés dans les sociétés altaïques, p. 165).

Ainsi s’explique la ruée printanière sur les herbes des peuples turcs.

Irq bitig, un jeu divinatoire des anciens Türks

Mardi 17 mars 2015

Pour notre plus grand plaisir, Rémy Dor, célèbre turcologue, sort ce petit ouvrage très ludique qu’il a lui-même traduit : « Ïrq Bitig, Jeu divinatoire turk-ancien ».

Ïrq Bitig signifie littéralement « la trace des encoches du destin ».

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Le jeu est très simple : trois bâtonnets que l’on lance. Les buchettes comportent, gravés sur chacune de leur quatre faces, un, deux, trois ou quatre cercles. C’est la combinaison résultant du tirage qui rendra la divination, telle qu’écrite. Et c’est cela qui est traduit dans le livre. Par exemple :

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Au total, il y a 64 présages.

Le manuscrit, apprend-on, fut écrit par un moine au Xe siècle (en 930). C’est Aurel Stein, le célèbre explorateur anglais, qui le découvrit en 1907 dans une grotte murée du Turkestan chinois, à Dunhuang, point de rencontre des deux routes de la Soie à l’orée du désert du Taklamakan.

Intérieur de l'une des grottes de Dunhuang

Intérieur de l’une des grottes de Dunhuang

Après une introduction riche et dense qui nous plonge avec délices dans le contexte de l’époque où le jeu fut élaboré, le jeu est expliqué, chaque présage rédigé et l’on est désormais impatients d’y jouer à son tour :

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Se procurer l’ouvrage : Ïrq Bitig, jeu divinatoire türk-ancien.

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