Le voyage en pays ouïghour – récit en images par Sylvie Lasserre

La vidéo (récit en photos) de mon voyage en pays ouïghour est enfin disponible en ligne sur Vimeo. Voyage effectué en octobre 2007 avant la destruction totale de la mythique Kashgar (elle avait déjà commencé) et avant les événements d’Urumqi de 2009.

Ce récit en photos accompagne mon livre « Voyage au pays des Ouïghours ».

Regardez, commentez, partagez ! Il est en trois parties. Durée totale : 75 minutes.

Part 1 : 31:04

https://vimeo.com/125374030

 

Part 2 : 20:23

https://vimeo.com/125375585

 

Part 3 : 23:41

https://vimeo.com/125380219

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Terrifiantes affiches de propagande anti-Ouïghoure en Chine

Dans la course à faire passer les Ouïghours pour des terroristes, une campagne d’affichage stigmatisante et inquiétante fleurit dans la province du Guangxi, dans tous les lieux publics. Les Ouïghours y apparaissent barbus (alors que désormais ils n’ont plus le droit de porter la barbe), hirsutes et avec de grands nez. Je vous laisse juges :

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L’affiche ci-dessus montre un Ouïghour qui a tenté de quitter la Chine et vient d’être arrêté.

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Cette affiche montre des Ouïghours « terroristes »

Lundi 10 novembre 2014.

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Voyage au pays des Ouïghours sur les ondes

Sylvie Lasserre pendant son voyage au Turkestan oriental

Lundi 2 septembre 2013

Aujourd’hui je parlerai des Ouïghours et de mon voyage au Turkestan oriental avec Madeleine Caboche (Détours) sur la 1ère (Radio Télévision Suisse).

Après sa diffusion, vous pourrez réécouter l’émission en ligne ici : Voyage au Pays des Ouïghours.

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5 juillet, triste anniversaire pour les Ouïghours

Kashgar à l’heure chinoise © Sylvie Lasserre

A l’occasion du 4e anniversaire des événements sanglants d’Urumqi de juillet 2009, les Ouïghours ont tout lieu de se réjouir :

D’abord, depuis les événements, la répression du gouvernement contre ce peuple turcophone et musulman s’est nettement intensifiée – si c’était possible -, avec, entre autres : contrôles inopinés par la police dans les maisons, questionnaires établis pour chaque famille ouïghoure pour dresser le « portrait » de chacune d’elles, désignation d’un « chef » dans chaque village en charge de rapporter tout comportement suspect ou « déviant », répression religieuse à son paroxysme (drapeau chinois élevé devant chaque mosquée), barbes et foulards menacés, langue ouïghoure interdite dans l’enseignement, discriminations à l’emploi, Ouïghours dépossédés de leurs passeports depuis 2006 (empêchés de sortir dlibrement de Chine), etc.

Ensuite, à l’approche de l’anniversaire, Pékin vient d’effectuer un déploiement militaire inédit dans la capitale du Turkestan oriental (Xinjiang en chinois).

Kashgar, jeunes filles han © Sylvie Lasserre

Enfin, à l’occasion de la visite en Chine du premier ministre du Pakistan, Mian Muhammad Nawaz Sharif, l’on apprend que l’amitié entre Islamabad et Pékin (pays voisins) est « plus haute que les Himalayas, plus profonde que la plus profonde des mers et plus douce que le miel ». En effet, à l’agenda de la rencontre avec son homologue Li Keqiang : la menace du terrorisme. Comprendre du terrorisme ouïghour, menace fallacieuse que braque Pékin contre ce peuple pour mieux l’écraser, et en toute impunité.

Je vous invite à relire sur ce blog tout ce qui concerne les Ouïghours : http://sylvielasserre.blog.lemonde.fr/category/ouighours/

Et en particulier ce qui se rapporte aux événements de juillet 2009

Chine, Shaoguan : affrontements entre Hans et Ouïgours dans une usine de jouets

Chine : terribles émeutes raciales entre Hans et Ouïghours

Chine : Graves émeutes à Urumqi. Des milliers d’Ouïgours manifestent leur colère

Soutien au peuple ouïghour – La résistance s’organise dans le monde

Tchaïkhana, hommes ouïghours © Sylvie Lasserre

Photos de mon exposition « Goodbye Kashgar ».

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Chine. La minorité ouïghoure de plus en plus opprimée et désespérée

Dimanche 30 juin 2013

Les troupes militaires Han envahissent la capitale Urumqi. La population ouïghoure est terrorisée.

A l’approche de l’anniversaire des événements d’Urumqi de juillet 2009 (5 juillet), la situation au Turkestan oriental (Xinjiang en chinois) est de plus en plus tendue pour les Ouïghours (peuple musulman et turcophone, plus grande minorité de Chine). Voir note de ce blog : Graves émeutes à Urumqi. Des milliers d’Ouïgours manifestent leur colère.

Le 26 juin, graves troubles à Lukqun (près de Turpan) : des Ouïghours armés de couteaux attaquent un commissariat de police. La police tire sur la foule. Bilan 35 morts. Selon le World Uyghur Congress (WUC), 67 Ouïghours auraient été arrêtés, le plus jeune âgé de 13 ans. Les incidents auraient éclaté suite au meurtre en avril d’un garçonnet ouïghour de sept ans, battu à mort par un adulte han, crime resté impuni : Uyghur Boy Hacked to Death in Xinjiang.

Le 29 juin, des violences éclatent à Hotan au sud du Turkestan oriental: Suite à un raid de la police autour d’une mosquée pendant la prière – car l’imam aurait dévié son prêche du discours politiquement autorisé -, une centaine d’Ouïghours se seraient attaqués à un poste de police, toujours armés de couteaux. La police aurait tué deux personnes.

Toujours le 29 juin, les médias rapportent un déploiement militaire impressionnant à Urumqi, la capitale du Turkestan oriental. En prévision du triste anniversaire ?

Selon des témoins, la situation, déjà très tendue pour les Ouïghours dont la culture disparaît à vue d’oeil, a empiré depuis les événements de juillet 2009. Les mesures de rétortion sont de plus en plus nombreuses : descentes de police régulières dans les maisons pour « vérifications ». Les femmes qui portent le voile traditionnel sont de plus en plus harcelées, ainsi que les hommes qui portent la barbe. Les mosquées sont surveillées. Obligation d’y mettre le drapeaux chinois. Démolitions forcées, dont celle de la ville de Kashgar, perle de la route de la Soie à jamais disparue et transformée en une ville moderne chinoise standardisée.

Urumqi le 1er juillet.

C’est ce climat de terreur qui conduirait des Ouïghours désespérés à s’attaquer à des commissariats munis de simples couteaux pour en découdre avec le colon han :  » C’est par désespoir et colère qu’ils commettent ces actes suicidaires, » commente un Ouïghour.

Rien à voir avec le terrorisme, pourtant c’est au nom du terrorisme, brandi comme un étendard, que Pékin écrase le peuple autochtone et sa culture.

Selon le porte-parole du WUC, « Ces attaques à l’arme blanche sont des actes de survie ».

Impossible de vérifier le nombre exact de morts et d’arrestations, la presse étant totalement muselée.

Last but not least : la presse officielle chinoise rapporte que les violences ne sont pas dues à un « conflit ethnique » mais au « terrorisme » (sic !).