4 touristes étrangers assassinés au Tadjikistan. Daesh revendique.

Mercredi 1er août 2018
Un groupe de sept cyclistes occidentaux a été volontairement renversé par un véhicule alors qu’ils pédalaient depuis Dushanbe pour se rendre vers le sud du Tadjikistan. Les assassins en ont achevé certains au couteau, occasionnant un bilan de quatre morts (deux Américains, un Suisse et un Néerlandais) et trois blessés.
Il s’agissait de trois couples et d’un touriste français (étant resté en arrière du groupe, il est sauf) qui s’étaient rencontrés sur la route et avaient décidé de faire un bout de chemin ensemble.
L’attaque a été revendiquée par Daesh. Le site de Radio Free Liberty publie une photo des assassins, de jeunes hommes tadjiks ne présentant aucune marque physique de radicalisation :

Le couple d’Américains, Lauren and Jay, faisait le tour du monde à vélo et tenait un blog : simplycycling.org. Leur dernier post datait du 11 juillet, ils se trouvaient au Kirghizistan.

Et nous, les passionnés d’Asie centrale, nous déplorons ce changement. Daesh a encore réussi un sale coup, comme ce fut le cas dans la catastrophe du Nanga Parbat au Pakistan, lorsqu’une dizaine d’alpinistes occidentaux furent massacrés sur leur camp de base, là où a priori on n’aurait jamais songé à une attaque terroriste. C’est la même chose pour les routes du Tadjikistan. Encore et toujours : frapper là où on ne les attend pas. Avec une facilité à recruter dans les ex républiques soviétiques d’Asie centrale où trop de jeunes hommes n’ont pas d’emploi.

 

La tragédie du Nanga Parbat, un coup très dur pour le Pakistan

Lundi 24 juin 2013

Dernière minute : Le #Pakistan suspend les expéditions himalayennes après la tragédie du #NangaParbat. Une quarantaine d’alpinistes qui se trouvaient sur le Nanga Parbat ont été informés et évacués vers les villes du nord du Pakistan. La saison est terminée. Un coup très dur pour le club alpin du Pakistan.

C’est un coup très dur qui vient de frapper hier le Pakistan, déjà accablé par le terrorisme. Voir note : Neuf himalayistes étrangers abattus au camp de base du Nanga Pabat.

En effet, ces morts non seulement remettent en question l’avenir de l’alpinisme et des expéditions himalayennes – le Nanga Parbat est l’un 5 sommets de plus de 8000 mètres situés au Pakistan (K2, Nanga Parbat, Gasherbrum I, Broad Peak, Gasherbrum II) -, mais aussi le tourisme étranger tout court, déjà très ébranlé dans un pays accablé par le terrorisme.

Pourquoi ces morts d’hier nous frappent tant ? Parce que ce sont des alpinistes, des idéalistes partis à l’assaut des sommets les plus hauts du monde à la poursuite de leurs rêves, qui ont été frappés par la violence.

Ajouter à cela que le drame s’est déroulé à dix-huit heures de marche de la première piste, dans un endroit très isolé donc, au milieu d’une nature grandiose où l’on n’imagine absolument pas pouvoir être assassiné par un groupe armé.

Cela signifie-t-il que le terrorisme peut désormais frapper n’importe qui et n’importe où au Pakistan ?

Vous me direz : « Et ces milliers d’innocents pakistanais fauchés chaque jour dans des attentats ? » Bien-sûr, c’est le calvaire que vit chaque Pakistanais au quotidien. Au Pakistan, jamais on n’oublie qu’une bombe peut avoir été cachée ici ou là. On y pense TOUJOURS. Surtout dans la foule et lors des rassemblements. Près d’une famille sur quatre dans le pays a été touchée par le terrorisme. Des milliers de drames humains. Sans compter le très lourd tribut payé par les militaires.

Mais hier un tournant s’est opéré. Des « touristes »ont été frappés, signifiant que désormais les terroristes s’en prendront aussi aux étrangers * : c’est donc le tourisme au Pakistan, lequel fait vivre des milliers de familles, qui est frappé de plein fouet. Un tourisme déjà très affecté (la belle Swat désertée…) que s’efforce de relancer le gouvernement, notamment dans la province de Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest).

Festival de polo de Shandur, juillet 2012. Copyright Sylvie Lasserre

L’an dernier au mois de juillet je me suis rendue dans la province de Chitral, au nord du Pakistan (Hindu Kush) pour couvrir pour la Radio Télévision Suisse le festival de polo de Shandur, vanté comme le plus haut du monde car il a lieu à 4000 mètres d’altitude au col de la Shandur). Quelques photos : Festival de polo de Shandur.

Outre les autorisations obligatoires pour pouvoir s’y rendre, une fois arrivée à Chitral après avoir passé une trentaine de check posts sur la route depuis Islamabad, j’ai dû m’enregistrer auprès de la police où l’on m’a affecté un garde du corps armé en permanence d’une Kalachnikov. Il avait ordre de ne pas me quitter d’une semelle, et moi de ne pas sortir de mon hôtel sans lui.

Au col de la Shandur, lieu isolé s’il en est, un déploiement de forces de sécurité inédit : barrages, check posts, soldats et policiers armés postés partout pour la protection des spectateurs. C’est dire si la sécurité est encore incertaine lors de tels rassemblements. Certains spectateurs s’en plaignaient, mais comme me l’indiquait le responsable de la police: « La situation est sous contrôle. »

Pourtant, malgré ce déploiement, je n’ai vu AUCUN touriste étranger à Shandur. Les rares étrangers aperçus – une dizaine -? Des expatriés qui vivent au Pakistan.

Après le drame du Nanga Parbat, le Pakistan est atterré. Comme le disent ou le pensent la plupart : « C’est un complot contre le Pakistan ». A l’Assemblée nationale, Shah Mehmood Qureshi, un leader PTI, dénonce : « C’est une tentative délibérée de ternir l’image du Pakistan aux yeux du monde. »

* Le 28 février 2012, une touriste chinoise avait été assassinée à Peshawar alors qu’elle se promenait dans un bazar, simplement parce qu’elle était chinoise. Les terroristes qui avaient revendiqué l’attaque avaient dit vouloir se venger du traitement imposé aux Ouïghours (minorité musulmane turcophone établie en Chine) par le gouvernement chinois.

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Happy new year Pakistan !

Réfugiés afghans aux environs d’Islamabad. « Nous n’avons pas de vie. Nous laissons passer le temps. » Copyright photo Sylvie Lasserre.

Mardi 1er janvier 2013

Sept enseignants (6 femmes et un homme) travaillant pour une ONG viennent d’être assassinés par balle ce matin alors qu’ils circulaient en voiture près de Swabi (Khyber Pakhtunkwa).

Un leader Shiite assassiné ce matin également lors d’une procession à Chiniot près de Faisalabad (Punjab).

Explosion d’un bus près de Karachi faisant 1 mort et 30 blessés.

Quant au bilan de l’année 2012 :

118 Kashmiri morts en martyrs.

502 shiites tués

365 personnes tuées dans des attaques-suicide, 607 blessées.

2095 personnes tuées, proies d’attaques ciblées à Karachi.

3243 kidnappings

10 journalistes tués

Près de 1000 personnes tuées et plus de 2500 blesséés dans des attentats à la bombe.

Morts liées au terrorisme : 3007 civils, 732 membres des forces de sécurité et 2472 terroristes/insurgés.

Paysans pachtounes des zones tribales déplacés provisoirement – pour deux ou trois ans  » dans le camp de Jalozai près de Peshawar. Copyright photo Sylvie Lasserre.

N’oublions pas les 135 soldats victimes de l’avancée brutale du glacier de Siatchen, ni les 300 victimes du brasier de l’usine de textiles Ali Enterprises à Karachi.

Ni les 10 millions de personnes ayant perdu leur emploi dans le Punjab et les 30 millions dans le Sindh à cause des coupures de courant,

Ni les IDPs (Internally Displaced Persons), victimes du terrorisme, ni les IDPs, victimes des inondations catatrophiques,

Ni les victimes civiles d’attaques de dronesUS,

Ni les enfants privés de scolarité car leurs écoles ont sauté (96 écoles cette année selon Human Rights Watch)…

Voir aussi : Report indicates drastic increase in sectarian violence in 2012

Happy new year Pakistan !

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