Le Pakistan en état de choc

Jeudi 18 décembre 2014

Anéantis, sous le choc, en colère, dévastés. Voici l’état général des gens au Pakistan. Comment des tueurs ont-ils pu exécuter de sang froid de jeunes écoliers, de jeunes enfants innocents. Cela dépasse l’horreur, cela dépasse tout ce que l’on a jamais pu imaginer.

photo (1)

Commerces fermés, drapeaux en berne, concerts annulés, écoles fermées, veillées aux chandelles un peu partout. Trois jours de deuil national.

veillée aux chandelles

Sur les réseaux sociaux ne cessent d’affluer les photos du massacre, les photos des enfants, pleins de vie alors. Nombreux sont ceux qui ont une connaissance ayant un enfant, un neveu, une mère disparu.

Merci de regarder cette video jusqu’à la fin :

Ces vies dévastées en une fraction de seconde, ces enfants qui avaient toute la vie devant eux.

enfants chandelle

Hier soir, au lendemain de la tragédie, spontanément des veillées aux chandelles se sont organisées. Des femmes, des enfants surtout.

Certaines ont laissé éclater leur colère, d’autres leur tristesse.

 Veillée aux chandelles, Islamabad

Et pour bien comprendre ce qui s’est passé, voici un article assez complet, cela aussi il faut le lire : http://www.dailymail.co.uk/news/article-2877148/Pictured-teacher-burnt-death-class-children-married-soldier-scale-destruction-inside-Taliban-massacre-school-emerges.html

http://www.bbc.com/news/world-asia-30521627

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Tragédie nationale au Pakistan (updated)

Mardi 16 décembre 2014 (updated)

135 victimes, dont 123 enfants, et de très nombreux blessés. Voici le carnage qui a eu lieu aujourd’hui dans une école militaire de Peshawar, l’Army Public School. Une immense tragédie pour le Pakistan. Le Premier Ministre, Nawaf Sharif, s’est immédiatement rendu à Peshawar alors que l’opération était encore en cours et a décrété trois jours de deuil national.

Pour la première fois, ce sont des enfants qui ont été visés. Des écoliers. Une école où étaient inscrits 1099 écoliers, dont 80% d’enfants de militaires âgés de six à 16 ans. En fin de matinée, sept terroristes vêtus d’uniformes militaires ont pénétré dans les lieux comportant de nombreux bâtiments puis ont procédé méthodiquement, classe par classe, abattant le plus d’enfants possible.

La plupart des enfants assassinés avaient entre 13 et 16 ans, abattus froidement d’une balle dans la tête à bout portant. La principale du collège, Tahira Qadri, elle aussi abattue après avoir héroïquement tenté de secourir le plus d’enfants possible :

« Tahira Qazi, a true martyr who saved many students, a true hero!

Tahira Qazi, the Army Public school’s Principal martyred and sacrificed her own life saving many students. As by eyewitness news, Tahira Qazi could have easily rescued herself but she decided to stay back and started saving and helping the rescue of many students till the terrorist beasts caught her and held her hostage for sometimes till they shot her…She saved dozens of kids… What a great lady!!! I salute this great soul who needs our recognition… Real hero!!!  » Zeena.

Selon de jeunes rescapés, les terroristes auraient demandé : « Qui est enfant de militaire ? » avant d’abattre ceux qui répondaient par l’affirmative. Un rescapé de seize ans, Salman, blessés aux jambes s’en est sorti en faisant le mort. Il a raconté à l’Express Tribune : « L’un d’eux a crié : ‘Il y a plein d’enfants sous les bancs ! Attrape-les !’ J’ai vu une paire de grosses bottes noires venir vers moi puis j’ai ressenti un mal brûlant au moment où il a tiré dans mes deux jambes. Alors j’ai décidé de faire le mort et attrapé ma cravate que j’ai mise en boule et poussé dans ma bouche afin de ne pas crier. L’homme avec ses grosses bottes continuait à chercher des étudiants et à tirer dans les corps. Je suis resté allongé et j’ai fermé les yeux, attendant qu’il me tire une nouvelle fois dessus. Mon corps tremblait. Je n’oublierai jamais ces bottes noires qui s’approchaient de moi. C’était comme la mort qui venait vers moi. »

Dans la matinée, l’opération encore en cours a été revendiquée par les Taliban pakistanais, le TTP. Pour venger leurs enfants tués dans les opérations militaires menées dans le Nord-Waziristan. En effet l’Armée pakistanaise mène une opération d’envergure dans le Nord Waziristan, Zarb-e-Azb, lancée le 15 juin 2014.

Durant toute la journée, le Pakistan a été tenu en haleine durant les opérations de secours. Alors que les terroristes continuaient à se défendre contre les militaires, les hôpitaux débordés devant l’afflux de tant de blessés lançaient des appels d’urgence aux dons de sang, notamment O-. L’on pouvait voir des parents éplorés dans les salles d’hôpital.

Ce sont donc les militaires pakistanais qui sont visés. Ce soir, alors que l’intervention vient juste de se terminer, le chef des armées déclarait :  » Ils ont frappé au coeur de la nation, mais laissez-moi réaffirmer qu’en aucun cas ils n’affaibliront la volonté d’une grande nation. »

Et en effet dès aujourd’hui une dizaine de frappes doivent viser dès aujourd’hui l’Agence de Khyber, dans les zones tribales.

Le Pakistan semble déterminé – et plus que jamais – à se débarrasser une bonne fois pour toutes des Taliban dans les zones tribales (FATA).

Il est 19:30 au Pakistan, l’opération est terminée mais le pays est sous le choc et le sinistre décompte à peine croyable : 135 morts – la plupart des enfants -, dont les sept terroristes et 121 blessés.

21:00 : 141 morts dont 132 enfants.

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Pakistan. Prisonnières du pain

Islamabad, 18 mai 2013

Reportage radio en ligne : Autour d’un tandur, dans les rues de la capitale pakistanise.

Pour aider ces veuves, cliquez ici : Les veuves du tandur 

 English version

Ces femmes, veuves pour la plupart, passent chaque jour 7 à 8 heures assises en face du tandur pour recevoir quelques nans (pains). © Sylvie Lasserre

Elles sont assises en tailleur sur des tapis de plastique posés sur la poussière du trottoir, juste en face du « tandur« , le four à nans, les pains en forme de galette d’Asie centrale et du Pakistan. Ce sont des veuves pour la plupart, ou bien des femmes dont les maris handicapés sont incapables de travailler. Des réfugiées afghanes aussi, dont les familles ont été chassées par l’invasion soviétique en Afghanistan (1979 – 1989) et qui n’ont jamais réussi à reprendre pieds.

Chaque jour, les femmes arrivent invariablement entre 16h00 et 17h00 et prennent place sur le sol. Elles emmènent avec elles leurs enfants et resteront là jusqu’à 23 heures, voire minuit. Vers dix heures du soir, les plus jeunes enfants, épuisés, s’endorment, allongés à même le sol. Ils devront attendre l’heure du départ, vers onze heures trente avant de parcourir le long chemin du retour qui les attend.

Le vendeur de chapal kebab s’est installé à côté du tandur. La charité est une affaire qui marche. © Sylvie Lasserre

Pourquoi ? Pour recevoir quelques nans, et, éventuellement, le vendredi, des nans agrémentés d’un demi chapal kebab, une galette de viande hachée mélangée à de la mie de pain, spécialité de Peshawar. Cela dépend de la générosité et des moyens des bienfaiteurs. A côté du tandur s’est installé un vendeur de chapal kebabs. Il s’agit d’un business lucratif, puisque le propriétaire du tandur écoule entre 500 et 1000 nans par jour (13 roupies le nan, cela fait entre 6500 et 13000 roupies de chiffre d’affaire par jour). Le vendeur de chapal kebab nous confiait que son chiffre d’affaire était en moyenne de 10000 roupies par jour, soient 80 euros, soient 2400 euros par mois.

Le propriétaire distribue aux femmes les nans qu’un bienfaiteur vient de payer. Les mains se tendent. © Shafiq ur Rehman Yousafzai

Quatre ou cinq tandurs dans le quartier afghan d’Islamabad fonctionnent sur le même système de charité et font de bonnes affaires : le propriétaire du tandur cuit environ 500 nans à l’avance. Ensuite, les bienfaiteurs passent et achètent, qui 30 nans, qui 50 nans, qui plus encore. Le propriétaire distribue alors équitablement à chacune. Certains bienfaiteurs portent du riz ou autre chose. Mais c’est rare. Les femmes n’ont pas le droit de partir avant onze heures du soir : le propriétaire tient à écouler toute sa marchandise car si les bienfaiteurs ne sont pas assez nombreux, c’est lui qui offre les nans restants « mais il se rattrape le lendemain et nous avons moins de nans, » nous confie une des femmes.

« Ce n’est pas une vie! », nous confie cette dame en pleurs, veuve depuis 20 ans. © Shafiq ur Rehman Yousafzai

Le patron du tandur est irrité :  » J’ai commencé il y a une dizaine d’années à donner des nans aux pauvres. Puis des gens ont voulu également leur donner. Ca a commencé comme ça. Où vont les millions de l’UNHCR, de l’ONU ? Ici on n’en voit pas la couleur. Alors on le fait nous-même, regardez, cela ne demande pas de grands moyens !  »

Ces malheureuses sont donc condamnées, elles et leurs enfants, à passer la moitié de leur temps sur un trottoir à des heures indues, à une quinzaine de kilomètres de chez elles, pour recevoir une dizaine de nans.

Elles viennent en effet de très loin, de leur bidonville de maisons de boue, le kachi abadi, sans moyen de transport. Parfois en « autostop », parfois en van dont elles se partagent le prix de la course, parfois en « Suzuki », ces petits taxis collectifs richement décorés typiques du Pakistan. Une femme âgée nous confie en pleurs :  » Ce n’est pas une vie ! Je suis veuve depuis 20 ans !  »

Cette petite fille vient là tous les jours. © Shafiq ur Rehman Yousafzai

Un peu plus loin, un autre tandur à Peshawar More, la rue commerçante afghane. Le patron afghan semble enchanté :  » C’est un très bon business! J’ai fait ça en Afghanistan, aux Etats-Unis, au Pakistan !  » En face, les femmes et les enfants. Leurs petits ballots disposés autour d’elles, semblant de reconstitution de leur foyer puisque c’est là qu’il faut vivre en partie.  Un gamin au visage dur apparaît, comme fasciné et me sourit. Ici tout le monde l’appelle Baloo. Amangul a 12 ans et déjà des airs de petit adulte. Le visage abîmé par la faim, le travail, le manque de sommeil et peut-être les coups, il a le regard plein d’innocence des enfants. Amangul est originaire d’Afghanistan. Où est ta mère ?  » Elle n’est pas là.  » En fait, Amangul vient là chaque soir, seul, équipé d’un grand sac en plastique, pour rapporter la pitance de toute la famille. Tu vas à l’école ? « Non. » Outre les longues heures noctures passées au tandur, Amangul travaille aussi le jour : il décharge des caisses de volaille. Je ne lui pas demandé quand il dormait…

Assise au milieu de ses compagnes d’infortune devenues des amies depuis le temps, Roshangul, 35 ans environ, est originaire d’Afghanistan, de Jalalabad. Sept enfants dont cinq filles, elle vient là chaque soir depuis plusieurs années accompagnée de ses deux fils.  Son mari, trop âgé et aveugle, ne peut plus travailler.  » Ma famille a quitté l’Afghanistan durant l’invasion soviétique. Je ne m’en souviens plus, j’étais trop petite. Nous avons vécu dans une misère extrême à Peshawar. Puis j’ai été mariée, il était déjà très vieux, j’avais douze ans peut-être. Depuis, nous vivons dans des kachi abadi. »

Aujourd’hui elle vit dans le bidonville qui se trouve entre Rawalpindi et Islamabad, en face de l’hypermarché Métro, à une quinzaine de kilomètres du tandur. Voir et écouter : Dans les maisons de boue du kachi abadi d’Islamabad.

Hier dans la nuit, Roshangul a accepté de nous conduire chez elle. Le kachi abadi, mer de toits plats que l’on distingue à peine, est plongé dans le noir. Ici point d’électricité. Point d’eau courante non plus.

Kachi abadi, bidonville de maisons de boue d’Islamabad. Là vivent une grande partie des femmes qui vivent de la charité du tandur. © Sylvie Lasserre

Nous nous enfonçons dans les ruelles étroites et sombres. Un mètre à peine entre les murs bas. Un fossé creusé pour l’écoulement des eaux. Nous traversons un terrain vague en hâte et en silence, passons un « pont » de planches de bois éparses. C’est loin ? Roshangul nous indique en chuchotant sa maison, qui se trouve à la lisière d’une falaise de terre, en haut d’une butte qui surplombe un ruisseau.  » Chaque soir à minuit, je passe par là,  » nous informe Roshangul. La maison est creusée dans la falaise. Une enceinte de boue entoure une cour rectangulaire ; de part et d’autre une pièce séparée de l’extérieur d’un simple rideau. Pas de fenêtres, pas de meuble. Quelques tentures au mur, c’est tout. Deux familles se partagent ce lieu, une pièce chacune.

A gauche la famille d’une autre femme du tandur, dont le mari se drogue. A droite, la famille de Roshangul. Dans la cour, des ustensiles de cuisine posés sur une étagère de terre. Près de l’entrée, une pièce minuscule en terre, la « salle de bain ». Pas d’eau courante, pas d’électricité ici.

Le loyer ? 5000 roupies par mois (environ 40 euros), un prix exhorbitant pour le kachi abadi. Les primo-occupants des lieux, originaires de l’Agence de Mohmand, avaient construit ces maisons alors qu’ils avaient fui les combats dans leur zone tribale. Aujourd’hui certains les relouent à plus pauvres qu’eux. Comment payez-vous le loyer ?  » Mon fils travaille au marché des fruits, il gagne entre 5000 et 6000 roupies par mois ; Avant je faisais le ménage chez une femme afghane à Islamabad, je gagnais 4000 roupies par mois, mais elle est partie.  »

Pourquoi ne pas installer un tandur proche du kachi abadi, qui fonctionnerait selon le même système ?  » C’est un business, répond Roshangul. Ici il n’y a pas assez de gens riches, cela ne marcherait pas.  »

L’espoir de Roshangul : que ses enfants, qui vont à l’école, puissent la soutenir plus tard.

Pour aider ces femmes, cliquez ici : Les veuves du tandur

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Peshawar. Les locaux de Sawera, une ONG d’aide aux femmes, détruits par un attentat

Samedi 30 mars 2013

« Bomb Blast at 4;35 am at SAWERA office…… all equipment’s including vehicle demolished » : message de l’une des membres de Sawera reçu sur FB.

Ca s’est passé samedi dans la nuit. Aucun mort mais des dégâts matériels importants.

Farida Afridi, 25, co-fondatrice de l’ONG Sawera, abattue en juillet 2012

Cette ONG qui continue d’oeuvrer pour les femmes des zones tribales (Fata) malgré les menaces et l’assassinat en juillet 2012 de l’un de ses fondatrices, Farida Afrida, a bien du courage et ne baisse pas les bras. Lire aussi note : Farida, Anisa et Najia, infortunées soeurs de l’ombre de Malala.

Les travaux de remise en état ont commencé le matin même. Cependant, Sawera a besoin de soutien financier. Vous pouvez, vous aussi, contribuer en envoyant vos dons via le lien suivant : EMERGENCY FUNDRAISER FOR SAWERA EMPOWERING GIRLS AND WOMEN IN PAKISTAN

Quelques photos des locaux d’Hayatabad, banlieue nouvelle de Peshawar :

Véhicule de l’ONG Sawera réduit à néant après l’attentat. Copyright Sawera

Locaux de Sawera après l’attentat. Copyright Sawera

 

Locaux de Sawera après l’attentat. Copyright Sawera

Les actes de terrorisme contre l’éducation et l’émancipation des femmes se multiplient dans les zones tribales (Fata) et la province du Nord Ouest, Khyber Pakhtunkwa.

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Pakistan. Shahnaz, 41 ans, tuée de 3 balles parce qu’elle était institutrice

Photo AP

Mardi 26 mars 2013

Pakistan, zones tribales (Fata), Agence de Khyber. Shahnaz Nazli, 41 ans, se rendait à l’école ce matin, comme tous les matins, car elle était institutrice à l’école communale pour filles de sa ville. Mais ce matin, elle a reçu trois balles dans la poitrine.

Elle était accompagnée de son fils, 14 ans.

Shahnaz Nazli. DR

Selon un journaliste local, la mère et son fils se dirigeaient vers l’arrêt de bus pour se rendre à l’école, lorsque les assassins ont d’abord mollesté son fils qui essayait de protéger sa mère, puis ont tiré des coups en l’air pour l’effrayer, avant d’abattre sa mère. Cette dernière lui aurait crié de s’enfuir alors qu’il tentait de la protéger. Shahnaz avait trois enfants. L’aîné, Danyel, est encore sous le choc.

Immédiatement transportée au Complex Medical d’Hayatabad (Peshawar), elle n’a pas survécu durant l’opération de plus de trois heures entreprise pour la sauver.

Son seul crime : avoir été institutrice.

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Peshawar. « Vos boutiques de DVDs sont devenues des centres de débauche »

DVD shop keeper closing his shop after threats. DR

Lundi 18 mars

Dimanche matin 17 mars), une bombe endommage 4 boutiques de DVDs dans les faubourgs de Peshawar. Un pamphlet retrouvé sur les lieux indique que toutes les boutiques impliquées dans le commerce immoral subiront le même sort.

Le quotidien pakistanais Dawn rapporte les menaces reçues par les commerçants : “Your markets have become centers of shamelessness… Our mission is to stop this shameless business and if you do not stop it yourself then we will make an example of you and your market.”

Au début du mois déjà, un soixantaine de commerçants avaient reçu des menaces par courrier. Aussitôt, toutes les boutiques de clips vidéos et sonneries de téléphones avaient été fermées, des patrouilles déployées autour du bazar.

Le 21 février, une bombe dans une boutique de DVDs avait fait un mort et18 blessés après que des avertissements aient été envoyés aux commerçants du bazar de Hashtbagri par les militants du TTP (Tehrek e Taliban Pakistan).

Dernière minute : une autre boutique de téléphones portables sautait près de Hangu dimanche soir.

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