Au Kirghizistan, on va chez le coiffeur avec son seau d’eau

Un salon de coiffure en Asie centrale © Sylvie Lasserre

Un salon de coiffure en Asie centrale © Sylvie Lasserre

Un après-midi à At Bashi…

Tiens mais c’est Janyl ! Que fait-elle là ?

Mon étonnement n’est pas feint : je viens de la quitter au village pour me rendre au bazar d’At Bashi et alors que j’arrive, je la vois marcher nonchalamment sur le bord de la route, courbée sous le poids du lourd seau d’eau qu’elle porte.

Janyl m’explique qu’elle se rend chez le coiffeur pour son brushing. Comme il n’y a pas l’eau courante au salon de coiffure, les clients sont chargés d’aller chercher l’eau du shampoing à la pompe, 500 mètres plus loin.

Dans les villages aujourd’hui au Kirghizistan, l’eau courante commence seulement à arriver dans certaines maisons. Les plus riches. C’est d’ailleurs tout un événement lorsqu’une famille « fait venir l’eau » chez elle.

Ce n’était pas le cas en 2004, la première fois que je me suis rendue dans le petit pays montagneux : aucune maison n’avait encore l’eau courante.

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Noces kirghizes – Kirghizistan – Portfolio

Mardi 29 octobre 2013

Noces Kirghizes, Tien Shan. © Sylvie Lasserre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je viens d’assister à huit jours de noces dans les Tien Shan, au Kirghizistan.

Les photos ici : Kyrgyz wedding

Le premier jour nous sommes allés chercher la mariée dans son village, et à cette occasion les deux familles ont fait connaissance.

Après des adieux déchirants, retour le lendemain dans le village du marié, avec la mariée, qui est directement conduite dans la chambre nuptiale et installée derrière le « köshögö », un grand rideau tendu à cette occasion et derrière lequel elle passera deux jours, sans même avoir vu sa future maison.

Elle restera là, accompagnée de sa belle-soeur et de sa meilleure amie, recroquevillée, tandis que la noce va bon train dans la maison, – se succèdent invités et banquets. Tandis qu’elle est toujours derrière le voile, les femmes du village passeront tour à tour faire sa connaissance , chacune dépose en présent un foulard sur le haut du « köshögö ». Les hommes ne sont pas admis.

Au troisième jour, c’est la cérémonie des tresses, qui a lieu devant les femmes. Une femme désignée par la communauté comme étant la marraine, enduit les cheveux de la mariée de beurre avant de lui tresser les cheveux avec du coton puis de lui passer un foulard blanc sur la tête.

La mariée peut alors sortir de derrière le « köshögö ». Commence alors son rôle de « kelin », c’est-à-dire de belle-fille. Ici en Asie centrale, la « kelin » est au service de la belle-mère, sert les invités (sans prendre part aux réjouissances), fait le ménage, la vaisselle, etc. Cela dure jusqu’à ce qu’elle-même devienne belle-mère…

Au cinquième jour, les joueurs d’Ulak Tartych du village ont fait une partie en l’honneur des mariés avant de débouler au grand galop vers la maison des jeunes époux. Là, ils ont jeté sur le seuil la dépouille du chevreau ayant servi à la partie – c’est la coutume -, et en contre-partie ont reçu des beignets et friandises, ainsi qu’un peu d’argent, remis par le marié au capitaine de l’équipe.

Autrefois, la coutume était d’enlever sa future épouse. Il s’agissait d’enlèvements réels le plus souvent, non simulés. La jeune fille n’était pas prévenue, et dès lors qu’elle était enlevée par celui qui l’avait repérée, elle était mariée sur le champ. Mais en 2009, des abus ayant été commis, une loi a été promulguée, interdisant l’ « alakachu », c’est-à-dire l’enlèvement de la fiancé. Une loi efficace puisqu’aujourd’hui, plus aucun garçon ne se risque à l’enlèvement, qui est puni d’une forte amende et même de prison.

En 2004, j’avais effectué un reportage sur le sujet – reportage vendu à dix-huit magazines que je ne retrouve malheureusement pas en ligne – et dont j’ai tiré ces posts de blog :

Kirghizistan – L’enlèvement de l’épouse : Nurgul

Kirghizistan – L’enlèvement de l’épouse : Akulaï

Kirghizistan – Mariages :  « Je l’ai enlevée à cheval. »

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Kirghizistan. Dans les Tien Shian, diaporama de Sylvie Lasserre

Copyright Sylvie Lasserre

Les Tien Shan sont ces si belles montagnes qui bordent le Kirghizistan à l’ouest et marquent sa frontière avec la Chine. Tien Shan c’est le nom chinois, qui signifie monts célestes. Dans la région, on lui préfère le nom de Tengri Tau, Tengri Tag, les montagnes de Tengri, le dieu du ciel local.

Diaporama, cliquer ici : Kirghizistan, dans les Tien Shan

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