Pakistan. Péril sur les maisons de boue des déplacés de l’Agence de Mohmand

Reportage radio de Sylvie Lasserre. Ecouter : Dans les maisons de boue du kachi abadi d’Islamabad.

Kachi abadi (maisons de boue) en face de l’hypermarché Metro, Islamabad. Copyright photo Sylvie Lasserre

Vendredi 4 janvier 2013

En sortant d’Islamabad, sur la route de Rawalpindi, juste en face de l’hypermarché Metro dans le secteur I-11 de la capitale, s’étend une mer de cahutes de terre, piquées de vieux chiffons en lambeaux. C’est le kachi abadi (bidonville de maisons de terre) des Mohmand, une tribu pachtoune de l’Agence de Mohmand des Fata (zones tribales) installée là depuis une trentaine d’années.

Chassés de leurs villages, certains par la pauvreté, d’autres par les militants, voire les deux, 600 familles de Mohmandi – chaque famille comporte en moyenne 7 enfants – ont organisé tant bien que mal leur vie ici, au milieu des moustiques, véritable fléau, sans écoles pour leurs enfants, ni eau.

Quelques habitants ont creusé un puits dans leur cour, au péril de leur vie. L’an passé une fillette, tombée dans un de ces puits, est morte asphyxiée, les secours ayant tardé à arriver.

Un puits creusé à la poche et à la pelle dans la cour d’une maison du kachi abadi d’Islamabad. Copyright photo Sylvie Lasserre

Le CDA (Capital Development Authority, l’administration en charge de la gestion d’Islamabad), s’apprête à détruire le kachi abadi afin de récupérer le terrain. Les habitants sont sommés  de quitter les lieux avant le 5 janvier (demain). Avant eux, leurs voisins d’infortune, des Afghans, avaient subi le même sort un an auparavant. A l’emplacement des maisons, il ne reste plus que des trous. Le cimetière, lui, est resté sur place.

Aux dernières nouvelles, les Mohmandi n’ont toujours pas quitté leurs maisons. Certains vivent là depuis trente ans. Pour commencer à les intimider, le CDA vient de faire venir les premières machines de démolition et a décrété que la plupart des habitants avaient de quoi payer un loyer à Rawalpindi.

Scène de vie quotidienne dans le kachi abadi d’Islamabad. Copyright photo Sylvie Lasserre

Je leur ai rendu visite en mai dernier, écoutez : Dans les maisons de boue du « kachi abadi » d’Islamabad

Fillette du kachi abadi. Copyright photo Sylvie Lasserre

La nuit tombe sur le kachi abadi qui plonge dans l’obscurité. Copyright Photo Sylvie Lasserre

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