Manus island, l’île du désespoir : tentatives de pendaisons

Source: The Independent

Source: The Independent

Jeudi 22 janvier 2014

Depuis le post précédent (L’enfer sous les cocotiers : Manus Island, l’ile du désespoir), la situation empire. Les migrants sont à présent 700 en grève de la faim, depuis neuf jours.

Deux internés auraient tenté de se pendre. Ils ne veulent plus de cet enfer disent-ils. Et refusent d’être installés en Papouasie Nouvelle Guinée, solution adoptée par le gouvernement australien.

Les gardes sont toujours à l’extérieur, ne peuvent pénétrer à l’intérieur du camp où les demandeurs d’asile s’affaiblissent de jour en jour.

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L’enfer sous les cocotiers : Manus island, l’île du désespoir

Le camp sur l'île de Manus

Le camp sur l’île de Manus

Dimanche 18 janvier 2014

L’un a avalé des lames de rasoir, quatre autres de la lessive en poudre, quarante autres se sont cousu les lèvres.

Ils voulaient échapper à l’enfer, à l’âpreté de leurs vies, aux guerres ou aux dictatures. Ils sont soudanais, pakistanais, iraniens, égyptiens,  irakiens, afghans, bengladeshi, rohingyas, sri-lankais, etc. et s’étaient embarqués clandestinement en Indonésie pour rejoindre l’Australie. Mais c’est l’enfer de l’île de Manus, une île au nord-est de la Papouasie Nouvelle Guinée, qu’ils ont trouvé.

Le gouvernement australien refuse d’accueillir les demandeurs d’asile sur son sol et les place systématiquement dans des camps de réfugiés sur deux îles situées à des milliers de kilomètres de leurs côtes : Manus Island (Manus Island Regional Processing Center) et Christmas Island. Le temps de traiter les dossiers. Un temps qui dure alors que les conditions d’enfermement dans des baraquements ou sous des tentes sont extrêmes. Au point qu’environ quatre cents d’entre eux ont entamé une grève de la faim, disant préférer retourner d’où ils viennent plutôt que de rester sur l’île où ils sont enfermés.

Source : The Guardian

Source : The Guardian

Certains internés sont là depuis plus d’un an et demi et n’ont pour perspective que de s’établir sur l’île sur laquelle ils se trouvent ou bien en Papouasie Nouvelle Guinée. Ce qu’ils refusent absolument, connaissant l’inimitié des locaux envers les étrangers.

Ils sont plus de 2000, répartis entre les deux camps des îles de Manus et Noël (Christmas island).

La situation vient de s’aggraver, les réfugiés se sont soulevés mardi dernier et les gardiens ont reçu la consigne de ne plus entrer. Selon certaines sources, la police a dû tirer. Un interné rapporte qu’ « un détenu s’évanouit toutes les trente minutes » et que « The guard try to turn our hunger strike into violence, like one year ago. »

source : the guardianSource : The Guardian

80 d’entre eux signaient une lettre vendredi dernier :  » Une catastrophe est sur le point d’arriver, s’il vous plaît, évitez ce désastre. Le gouvernement australien veut nous installer en Papouasie Nouvelle Guinée contre notre volonté, par la force. Nous ne voulons pas l’asile en Papouasie Nouvelle Guinée car il n’y a aucune sécurité et aucun avenir pour nous et nos familles. Aujourd’hui nous nous considérons comme des otages du gouvernement australien qui ainsi veut en dissuader d’autres de venir en Australie. »

Dernière minute : Les demandeurs d’asile se sont barricadés à l’intérieur et empêchent les gardiens d’entrer. Ils ont détruit leurs passeports.

L’Australie reste ferme sur sa position tandis que le ministre de l’immigration, Peter Dutton, confirme qu’aucun gréviste de la faim ne sera admis sur le territoire australien.

Partout des drames de l’immigration, conséquences des guerres et des dictatures.

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