Les herbes, une valeur sûre des peuples turcs

Mercredi 6 mars 2019

Quand le printemps s’annonce, partout sur le bord des routes en Asie centrale vous verrez des paysans vendre toutes sortes d’herbes vertes. Vous savez, celles que l’on taxe de mauvaises herbes chez nous et que l’on arrache aveuglément ou à coups de pesticides. Les Turks, eux, connaissent bien les vertus de ces herbes sauvages dont ils se régalent après l’hiver.

En Turquie, les étals d’herbes (ot) dans les marchés regorgent de ces plantes qu’ailleurs l’on ne regarderait même pas. Quant à ma voisine, elle n’a pas son pareil pour reconnaître une herbe et m’en donner le nom sans hésiter ainsi que la façon de la cuisiner. Dès que j’ai un doute, je la consulte.

Mais saviez-vous que parmi les différents noms turco-mongols du remède, l’un d’eux, le plus employé, est précisément « ot » ? D’après Jean-Paul Roux, éminent turcologue français, « ce mot […] signifie d’abord une herbe, puis une herbe et l’herbe médicinale, enfin d’une part herbe, d’autre part remède » (Jean-Paul Roux, Faune et flore sacrés dans les sociétés altaïques, p. 165).

Ainsi s’explique la ruée printanière sur les herbes des peuples turcs.

4 touristes étrangers assassinés au Tadjikistan. Daesh revendique.

Mercredi 1er août 2018
Un groupe de sept cyclistes occidentaux a été volontairement renversé par un véhicule alors qu’ils pédalaient depuis Dushanbe pour se rendre vers le sud du Tadjikistan. Les assassins en ont achevé certains au couteau, occasionnant un bilan de quatre morts (deux Américains, un Suisse et un Néerlandais) et trois blessés.
Il s’agissait de trois couples et d’un touriste français (étant resté en arrière du groupe, il est sauf) qui s’étaient rencontrés sur la route et avaient décidé de faire un bout de chemin ensemble.
L’attaque a été revendiquée par Daesh. Le site de Radio Free Liberty publie une photo des assassins, de jeunes hommes tadjiks ne présentant aucune marque physique de radicalisation :

Le couple d’Américains, Lauren and Jay, faisait le tour du monde à vélo et tenait un blog : simplycycling.org. Leur dernier post datait du 11 juillet, ils se trouvaient au Kirghizistan.

Et nous, les passionnés d’Asie centrale, nous déplorons ce changement. Daesh a encore réussi un sale coup, comme ce fut le cas dans la catastrophe du Nanga Parbat au Pakistan, lorsqu’une dizaine d’alpinistes occidentaux furent massacrés sur leur camp de base, là où a priori on n’aurait jamais songé à une attaque terroriste. C’est la même chose pour les routes du Tadjikistan. Encore et toujours : frapper là où on ne les attend pas. Avec une facilité à recruter dans les ex républiques soviétiques d’Asie centrale où trop de jeunes hommes n’ont pas d’emploi.

 

Les prochaines Rencontres d’Asie centrale auront lieu en Turquie, 1-3 juin 2018

Jeudi 29 mars 2018

Chères amies, chers amis,

Une fois n’est pas coutume, les prochaines Rencontres d’Asie centrale se dérouleront en Turquie, à Ayvalik, du 1er au 3 juin 2018. Nous sommes en train de finaliser la programmation qui s’annonce très riche et variée (documentaires, deux expositions photographiques, exposés…) avec peut-être aussi une danseuse, un concert de daf iranien et un cours de cuisine ouzbèke. Toutes les informations sont disponibles sur ce lien (cliquer sur l’image) :

Adobe Spark Page

N’hésitez pas à me contacter directement si vous souhaitez plus d’informations ou bien pour me faire part de votre intention d’assister aux Rencontres : sylvielasserre@hotmail.com

A très bientôt j’espère.

« The Edge of the bazaar » : somptueux documentaire ouïghour

Lundi 2 mars 2015

Surtout ne manquez pas de le visionner ! C’est d’une poésie folle, sans paroles mais tout est dit. Un documentaire sur la vie rurale des Ouïghours, tourné dans la région de Kashgar, fait par des étudiants Ouïghours.

Il est en accès libre sur Youtube et dure 30 minutes :  The edge of the bazaar

Alors ?

C’est cette culture qui aura bientôt disparu, écrasée par le rouleau compresseur chinois.

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Deux Ouzbeks et un Kazakh arrêtés à New York #Daesh

Mercredi 26 février 2015

Akhror Saidakhmatov, 19 ans, et Abdurasul Juraboev, 24 ans (à droite)

Akhror Saidakhmatov, 19 ans, et Abdurasul Juraboev, 24 ans (à droite)

Ils ont été trop bavards… Akhror Saidakhmatov, Kazakh de 19 ans, a été arrêté à l’aéroport de New York alors qu’il embarquait pour un vol vers Istanbul pour rejoindre l’organisation Daesh. Quant à Abdurasul Juraboev, Ouzbek de 24 ans, il venait d’acheter son billet et s’apprêtait à partir au mois de mars. C’est Abror Habibov, 30 ans, Ouzbek, qui les avait aidés à financer l’opération. Il a été arrêté en Floride.

Leur mission, s’il ne réussissaient pas à quitter les Etats-Unis, détourner un avion, exécuter des policiers, et commettre d’autres actes terroristes. Habibov, venu avec un visa tourisme aux Etats-Unis, n’en était pas reparti et avait ouvert des petits commerces (réparation de téléphones, ustensiles de cuisine). Les trois avaient l’air « tout à fait normaux et inoffensifs » selon l’agent qui leur a vendu les billets d’avion.

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Rencontres d’Asie centrale au Zango bar, aujourd’hui à 17:00

Kirghizistan, Tien Shan (Monts célestes). Copyright Sylvie Lasserre

Kirghizistan, Tien Shan (Monts célestes). Copyright Sylvie Lasserre

Chères amies, chers amis,

La rencontre a lieu dimanche 18 mai, à 17:00 au Zango bar (au premier étage), 15 rue du Cygne, 75001 Paris, métro Les Halles ou Etienne Marcel.

Programme :

– 17:00 – 17:15 Ouverture, Des nouvelles du projet humanitaire « Les veuves du Tandur », Sylvie Lasserre

– 17:15 – 17:45 Regional impact of war on terror in Pakistan, Shafiq Ur Rahman Yousafzai (Social Services Program, IHRC International Human Rights Commission) – Avec traduction anglais-français.

– 17:45 – 18:15 Analyse des enjeux du conflit de Behsud dans la province de Wardak, Afghanistan (opposant les nomades Kuchis et les Hazaras sédentaires) : Sébastien Sénépart, Master 2 Institut Français de Géopolitique (Paris 8)

– 18:15 – 18:45 Ma vie, avec les bédouins, dans le désert syrien et dans le Wadi Rum en Jordanie. Adeline Chenon Ramlat, journaliste

– 18:45 – 19:00 : Les tapchan d’Asie centrale, Louis Gigout, auteur voyageur

– 19:00 – 19:30 Questions – réponses pendant la projection des photographies de Marylise Vigneau (Ouzbékistan)

– 19:00 – 19:30 Exposition livres, DVDs, etc. présentation d’ouvrages, annonces d’événements… (ouvert à tous ceux qui souhaitent promouvoir un événement)

– 19:30 – 21:30 Dîner et échanges sur l’Asie centrale, le Pakistan et l’Afghanistan (Deux formules : Entrée plat dessert : 23 euros ou la « Grande assiette » : 15 euros).

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Une nouvelle galerie pour mes photos d’Asie centrale et du Pakistan

Je teste une nouvelle galerie pour accueillir mes photos :

Galleries | Sylvie Lasserre

Il me reste encore de nombreux reportages à ajouter. Mais déjà… qu’en pensez-vous ?

Merci pour vos commentaires !

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EAST TURKESTAN - UYGHURS TURQUIE REVERIES UZBEKISTAN TAJIKISTANKYRGYZSTANSWITZERLAND PAKISTAN

Noces kirghizes – Kirghizistan – Portfolio

Mardi 29 octobre 2013

Noces Kirghizes, Tien Shan. © Sylvie Lasserre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je viens d’assister à huit jours de noces dans les Tien Shan, au Kirghizistan.

Les photos ici : Kyrgyz wedding

Le premier jour nous sommes allés chercher la mariée dans son village, et à cette occasion les deux familles ont fait connaissance.

Après des adieux déchirants, retour le lendemain dans le village du marié, avec la mariée, qui est directement conduite dans la chambre nuptiale et installée derrière le « köshögö », un grand rideau tendu à cette occasion et derrière lequel elle passera deux jours, sans même avoir vu sa future maison.

Elle restera là, accompagnée de sa belle-soeur et de sa meilleure amie, recroquevillée, tandis que la noce va bon train dans la maison, – se succèdent invités et banquets. Tandis qu’elle est toujours derrière le voile, les femmes du village passeront tour à tour faire sa connaissance , chacune dépose en présent un foulard sur le haut du « köshögö ». Les hommes ne sont pas admis.

Au troisième jour, c’est la cérémonie des tresses, qui a lieu devant les femmes. Une femme désignée par la communauté comme étant la marraine, enduit les cheveux de la mariée de beurre avant de lui tresser les cheveux avec du coton puis de lui passer un foulard blanc sur la tête.

La mariée peut alors sortir de derrière le « köshögö ». Commence alors son rôle de « kelin », c’est-à-dire de belle-fille. Ici en Asie centrale, la « kelin » est au service de la belle-mère, sert les invités (sans prendre part aux réjouissances), fait le ménage, la vaisselle, etc. Cela dure jusqu’à ce qu’elle-même devienne belle-mère…

Au cinquième jour, les joueurs d’Ulak Tartych du village ont fait une partie en l’honneur des mariés avant de débouler au grand galop vers la maison des jeunes époux. Là, ils ont jeté sur le seuil la dépouille du chevreau ayant servi à la partie – c’est la coutume -, et en contre-partie ont reçu des beignets et friandises, ainsi qu’un peu d’argent, remis par le marié au capitaine de l’équipe.

Autrefois, la coutume était d’enlever sa future épouse. Il s’agissait d’enlèvements réels le plus souvent, non simulés. La jeune fille n’était pas prévenue, et dès lors qu’elle était enlevée par celui qui l’avait repérée, elle était mariée sur le champ. Mais en 2009, des abus ayant été commis, une loi a été promulguée, interdisant l’ « alakachu », c’est-à-dire l’enlèvement de la fiancé. Une loi efficace puisqu’aujourd’hui, plus aucun garçon ne se risque à l’enlèvement, qui est puni d’une forte amende et même de prison.

En 2004, j’avais effectué un reportage sur le sujet – reportage vendu à dix-huit magazines que je ne retrouve malheureusement pas en ligne – et dont j’ai tiré ces posts de blog :

Kirghizistan – L’enlèvement de l’épouse : Nurgul

Kirghizistan – L’enlèvement de l’épouse : Akulaï

Kirghizistan – Mariages :  « Je l’ai enlevée à cheval. »

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Retour en Asie centrale

Kirghizistan, Tien Shan. © Sylvie Lasserre

Longtemps sans vous donner de nouvelles.  Eh oui… Trois ans que je n’étais retournée en Asie centrale ! Je me suis mariée avec un Pachtoune et vis au Pakistan depuis trois ans. Enfin… je partage comme je le peux mon temps entre le Pakistan, la Turquie (où se trouve ma maison) et la France.

Kirghizistan. L’auteur avec la famille du marié.

Mais enfin, au mois d’octobre, je suis retournée vers mes chères contrées ! D’abord au Kirghizistan à l’occasion du mariage du frère d’une amie, puis en Ouzbékistan.

Quel plaisir, mais aussi que de changements en trois ans, surtout dans les villes. Elles sont de plus en plus colonisées par les voitures. Les enfants sont connectés à Facebook en permanence. A Tashkent, les maisonnettes des quartiers tranquilles font lentement place à d’énormes édifices kitch, maisons individuelles de plus de mille mètres carrés, qui peu à peu grignotent la verdure de la ville et entament le charme si désuet de la ville. Les « new-Ouzbeks », comme les « new-Tadjiks », comme les « new-Kirghiz », aiment étaler leur richesse. Le communisme ne sera bientôt plus qu’un vague souvenir, que la nouvelle génération n’aura jamais connu.

Kirghizistan, Tien Shan. © Sylvie Lasserre

L’économie de marché, qui fut si difficile aux débuts, juste après la chute de l’empire soviétique, commence à prendre ses marques. De nouveaux commerces, flambant neufs, ont remplacé les vieilles échoppes. Un peu partout l’on refait les routes. Peu à peu l’on se relève du choc de la fin de l’URSS.

Tashkent, Ouzbékistan. © Sylvie Lasserre

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