Exposition-vente d’objets et vêtements d’Asie centrale, de Chine, de Mongolie et du Pakistan

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Amina Abdurahman, Sylvie Lasserre, Laetitia Merli, Corinne Picard seront heureuses de vous accueillir dimanche après-midi pour une exposition – ventre d’objets qu’elles ont glanés au cours de leurs voyages. Ce sera également l’occasion de nous retrouver pour de nouveaux échanges.
 
Un très grand merci à Saïdjon et Andréï, les patrons des restaurants ouzbeks Boukhara, qui nous prêtent gracieusement leur restaurant Le Boukhara Trévise pour l’occasion.
 
Lieu : Restaurant Boukhara Trévise, 37 rue de Trévise. 75009 Paris. Métro Cadet
Date : Dimanche 17 octobre 2010 entre 15 heures et 18 heures
 
En espérant avoir le plaisir de vous voir dimanche.

Kirghizistan. 11:00.  » 1500 morts. Un tireur d’élite a été attrapé, il n’est ni ouzbek, ni kirghiz. »

Dimanche 13 juin.

En ligne avec Ozodbek, journaliste.

 » Il y aurait 1500 morts. Il y avait des provocateurs kirghiz et ouzbeks, venus de Suzak et Jalalabad, des gens que personne ne connaissait (ici tout le monde se connait).

Certains provocateurs kirghiz sont allés tuer des ouzbeks dans les quartiers ouzbek puis ils sont allés tuer aussi des Kirghiz pour que les populations s’affrontent.

Dans notre quartier de 30 000 habitants, nous n’avons que deux carabines et des batons au bout desquels nous avons fixé des couteaux.

Partout circulent des rumeurs : les Kirghiz vont venir, les Ouzbeks vont venir…

 Dans le quartier de « Majnuntol » des tireurs d’élite en uniforme ont abattu quatre Ouzbeks puis des Ouzbeks ont réussi à en attraper un : ils l’ont filmé et questionné mais il ne répondait pas; Il n’avait pas l’air kirghiz ni ouzbek. On pense qu’il est peut-être Tadjik.

Selon moi, c’est Janysh Bakiev, le frère de l’ancien président Bakiev, qui serait derrière tout cela. Il serait aujourd’hui au Tadjikistan, il bouge beaucoup et se promènerait entre la frontière Kirghize et tadjike dans les montagnes du Badahshan. Il est millionaire. Les narco barons tadjiks le soutiendraient car lui-même était à la tête des barons de la drogue au Kirghizistan à l’époque, grâce à son frère. « 

Tadjikistan – Jour de deuil pour la liberté d’expression

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NB : 30 mars 2009 : on m’informe : « Bonne nouvelle également : comme quoi les censures dont je vous parlais vont et viennent comme le vent… La pièce de Barzou “Marat Sade” a été  reprogrammée au théâtre Maiakovski de Douchanbé pour cette semaine. Je ne sais pas s’il a du faire des coupes ou non mais bon, le principal restent que les artistes puissent travailler… »

Message de Laurence Levasseur, Directrice artistique de LÛLÎSTAN – Mission Culture France/Asie centrale :

 » Mon ami metteur en scène Barzou Abdourazzoqov s’est une nouvelle fois fait censurer par le ministre pour soi-disant « appel à la révolte » …

Ceux et celles qui connaissant le Tadjikistan savent quel grand artiste est Barzou et combien cet homme se tient bien loin de toute parole politique…

Cette censure est une infamie, le signe que ce pays et ses dirigeants deviennent totalement paranoïaques, ce qui augure du pire à venir.

Son Marat-Sade, présenté à Douchanbe le 17 mars sous le titre « La Liberté ou la Mort », a le malheur de faire allusion à des situations concrètes que connaissent trop bien les habitants de ce pays.

Par décision administrative non écrite, il est interdit de scène au lendemain d’une « première » magnifique, ovationnée par la salle.


Pour ne pas créer d’ennui à ses acteurs et au directeur du théâtre Maïakovski, Barzou a préféré démissionner. Son texte avait pourtant été autorisé par le ministère de la culture.
 
Sylvie, les censures en Asie centrale, dans chacun des pays, tombent comme des sabres à double tranchant.
Durant mes neuf années passées dans la région j’ai moi-même été confrontée à ces “bureaux de censures” qui nous infligent leur fameuse “Zdatcha “ avant toute première représentation publique.Ces gens décident d’une date selon leur gré, s’assoient confortablement dans le théâtre, regardent, forts de leur pouvoir, tenant la vie des artistes et des spectacles entre leur mains…
Puis ils décident, tout simplement : Trop moderne => censuré / Trop réel => censuré / Trop proche de l’actualité => censuré / … etc.
Et, lorsqu’ils autorisent un spectacle un jour, ils peuvent tout aussi bien interdire ce même spectacle le lendemain et cela sans sommation, sans explication…Je pourrai vous en dire long sur ce système affligeant et sur ces chapes de plomb qui sévissent et nuisent non seulement à la liberté d’expression mais aussi à l’émancipation de peuples qui ont soif de Vivre… « Laurence Levasseur, Directrice artistique de LÛLÎSTAN – Mission Culture France/Asie centraleSoutien à Barzou : Barzou est très déprimé. N’hésitez pas à lui adresser un mot de soutien en commentaire sur ce blog, nous lui transmettrons.
 
PS À lire : Huit monologues de femmes de Barzou Abdourazzoqov au Éditions Zulma
Cette pièce de Barzou a été interdite au Tadjikistan juste après sa création.En mai 2008 après avoir obtenu le soutien de la fondation Soros, j’ai pu faire venir Barzou à Paris avec ses comédiens pour qu’elle soit présentée en France.
Ce spectacle a été ovationné par le public parisien…Cette représentation à Paris a permis que Barzou puisse la remonter à Douchanbe et la présente au théâtre Maïakovski à la suite de nouvelles négociations avec le comité de la Zdatcha.Mais les choses sont aléatoires, mouvantes, et il est possible qu’elle soit un jour de nouveau censurée…

À propos de “Marat Sade” la nouvelle mise en scène de Barzou  => Titre complet : La Persécution et l’assassinat de Jean-Paul Marat représentés par le groupe théâtral de l’hospice de Charenton sous la direction de Monsieur de Sade.
 

Marat-Sade est une pièce de théâtre de l’écrivain allemand Peter Weiss retraçant la vie du marquis de Sade durant son emprisonnement.Elle a été publiée en 1963 et traduite en français par Jean Baudrillard aux éditions du Seuil en 1965.

Elle a été représentée pour la première fois en français le 20 septembre 1966 au Théâtre Sarah-Bernhardt, dans une mise en scène de Jean Tasso et Gilles Segal.

Tadjikistan. Un homme heureux : « Elles me rasent, elles m’enlèvent les chaussettes. »

dsc_0097-2-bd.1234382128.jpgAu Tadjikistan, il n’y a plus d’hommes. Près d’un million de Tadjiks – sur une population de sept millions d’habitants – sont partis travailler en Russie, chassés par la pauvreté et le chômage. S’ajoutent à cela les ravages de la guerre civile (1992 à 1997). Conséquence, la polygamie, bien qu’illégale, explose sous toutes ses formes et semble être bel et bien entrée dans les mœurs.

Où sont les hommes ? « Nos maris sont en Russie ! » entend-on dire un peu partout. Côté hommes – le peu qu’il reste -, on ne se plaint pas de la situation. Bien au contraire…

Commerçants, hommes d’affaires… seuls les plus riches sont restés au Tadjikistan. Entretenir plusieurs épouses est un signe d’aisance. Et puis… cela donne bonne conscience : « C’est pour leur bien que nous en épousons plusieurs ! Il y a beaucoup de femmes seules au Tadjikistan, c’est pourquoi nous devons les aider. Comment feraient-elles s’il n’y avait personne pour prendre soin d’elles ? Les hommes sont en Russie. Ici il y a plein de filles qui ne sont pas mariées. Tu vois une belle fille seule, tu éprouves de la pitié pour elle, c’est pourquoi tu veux l’épouser, » explique Sharif, un riche « businessman » de Kulab, une ville du sud, située à une quinzaine de kilomètres de l’Afghanistan.

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Sharif ? C’est le « roi du pétrole » : « Moi, j’ai de la chance ! Souvent quand un homme a plusieurs femmes, elles se disputent. Mais pas les miennes. Je n’ai pas de problèmes avec elles. » Combien en as-tu ? Il réfléchit. Il compte sur ses doigts. « Six ! Enfin… Trois actuellement parce que j’ai divorcé de trois épouses, elles ne m’écoutaient pas. » L’une vit à Douchanbe, une autre à Kulab, la dernière à Muminabad, un village proche de Kulab : « Je passe trois jours chez la première, trois jours chez la deuxième, trois jours chez la troisième. » Une favorite ? « Non. Je les préfère toutes ! »

Deux de ses femmes sont « businesswomen », ce que je traduis par « travaillent sur un bazar », la dernière est à la maison. « Je les aide, je leur donne de la nourriture, de l’argent, j’aide aussi leur famille. C’est pourquoi elles sont heureuses. Elles sont gentilles… Quand j’arrive à la maison, elles m’enlèvent les chaussettes, elles me rasent… Je n’ai jamais pris un bain tout seul, ce sont mes femmes qui me baignent. » A en juger par sa mine réjouie et son oeil malin, aucun doute, Sharif est un homme heureux. 

femmes-2.1234518072.jpgNabijon, 33 ans, maître joaillier, envie son ami Sharif. Il a prévu de prendre une seconde épouse. « Deux femmes c’est bien, » décrète-t-il. Pourquoi ? « A ton avis, qu’est-ce qui est mieux : avoir un dollar ou deux dollars ? » Sa femme est-elle prévenue ? Non mais il a déjà échafaudé son plan : « Voici comment je m’y prendrai pour le lui dire : je lui achèterai des cadeaux et des robes pour qu’elle soit contente et calme et puis je lui annoncerai que je prends une seconde épouse. »  

Safarmad, mon interprète, visiblement passionné par la discussion, y prend part : « Moi aussi j’aimerais en épouser une seconde mais je n’ai pas les moyens. » Comme dit Sharif, tout le monde ne peut pas se le permettre : « Si tu vis confortablement avec la première, alors seulement tu peux en prendre une seconde. » J’ose une question pour m’amuser un peu à mon tour : Et vos femmes, elles vous trompent ? Comme un seul homme ils s’écrient : « Non ! Jamais ! » En êtes-vous sûrs ? « Elles sont toujours à la maison. »

Copyright Sylvie Lasserre. Extrait d’un reportage publié dans l’Hebdo, La Presse, die Welt, Marie Claire international, Elle international

Tadjikistan – Accouchement express

A l’heure où un certain accouchement fait tant de bruit…

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Un village, à une cinquantaine de kilomètres de Dushambe. 

accouchee2.1231657045.jpgCette jeune femme a accouché la veille, dans la nuit, aidée de sa belle-mère et d’une voisine.

Nuit blanche.

Aujourd’hui, elle nous sert le thé. Elle sourit. Rien ne laisse transparaître la fatigue.

Juste un drôle de bandeau, qui lui enserre le front. Elle a un peu mal à la tête dit-elle…

J’admire, chez les habitants d’Asie centrale, cette propension à ne jamais se plaindre, quoi qu’il arrive.

Même dans la pire des détresses, vous n’entendrez jamais quelqu’un gémir. Toujours le sourire.

Tadjikistan –  » Nous devons vendre ton enfant car nous n’avons plus d’argent. « 

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Fariza est une jolie fille de vingt-trois ans. Sa famille vit dans un village au Tadjikistan. Depuis la chute de l’empire soviétique, la famille a sombré, comme tant d’autres, dans la pauvreté, car il n’y a plus d’emploi. Fariza est la seule à travailler. Une chance pour les siens. Ce jour-là lorsque je lui rends visite, elle n’est pas encore rentrée de l’usine. C’est sa mère, Saifura, qui raconte.

Est-ce facile de trouver un mari ici car il n’y a pas beaucoup d’hommes ?

C’est difficile de trouver quelqu’un de bien, c’est pourquoi ma fille a divorcé. C’est difficile de savoir à qui on marie sa fille !

Pouvez-vous en parler ? Comment Fariza a-t-elle rencontré ce garçon ?

C’est un parent éloigné. Un jour sa grand-mère est venue et a demandé la main de ma fille. Mais il ne vivait pas avec sa grand-mère.

Quand cette femme est venue, d’abord on n’était pas d’accord pour marier notre fille à son petit-fils parce que mon mari a dit qu’on ne connaissait pas cette femme, comment peut-on savoir comment est son petit-fils ? Et l’oncle de Fariza a dit : cette vieille femme est venue dans ta maison pour demander la main de ta fille alors tu dois accepter.

Et ensuite ?

Ils n’avaient pas de maison où rester. Ils vivaient dans une maison louée avec sa mère à Douchanbe. Ils ont menti en disant qu’ils avaient leur propre maison. Ils ont menti en disant qu’ils avaient vendu leur maison à Douchanbe pour acheter une maison ici au village. Donc on a accepté. Le garçon a dit maintenant on a acheté une maison ici, on habite ici et on fera la cérémonie ici au village.

Ils sont restés au village pendant deux mois après la cérémonie dans une maison louée. Ensuite ils ont dit qu’ils n’aimaient pas cette maison, qu’ils allaient la vendre, qu’ils allaient en acheter une autre. Ils ont encore menti. Ensuite ils sont allés à Douchanbe et ils ont loué une autre maison. 

Puis ma fille est tombée enceinte et quand elle a accouché elle est venue ici, c’est la coutume, le premier enfant doit naître dans la maison des parents de la jeune accouchée. Le bébé de Fariza était un garçon.

Et ensuite la jeune mère doit rester un ou deux mois dans la maison de ses parents. Mais ils ont dit qu’ils ne la laisseraient pas chez ses parents plus de une ou deux semaines et ils l’ont ramenée à Douchanbe.

Ils ne laissaient pas Fariza aller aux cérémonies qui avaient lieu chez nous au village. Et quand elle venait, c’était toujours avec sa belle-mère et ses belles-sœurs et aussitôt elle repartait à Douchanbe. Ils ne la laissaient pas rester même un ou deux jours.

Pourquoi ?

Parce qu’ils ne voulaient pas qu’elle dise le secret à qui que ce soit (le fait qu’ils n’avaient pas de maison, ce que savait Fariza).

Et ensuite ?

Ils n’avaient même pas d’argent pour payer leur loyer à Douchanbe. Et Fariza a dû vendre ses vêtements et aussi ses bagues. Ils ont encore déménagé dans une autre maison à Douchanbe dans le quartier Leninski. Ils vivaient là et n’avaient pas d’argent pour payer le loyer alors ils ont vendu tout ce que possédait Fariza.

Que faisait son mari ?

Il ne travaillait pas. Parfois ils allaient vendre des choses sur le bazar avec son frère, juste pour acheter de quoi manger.

Et la belle-mère ?

Elle ne travaillait pas. (Par pudeur, elle ne me dit pas la vérité, elle ne sait pas que je sais : la belle-mère faisait du trafic de drogue et avait de lourdes dettes auprès de la mafia.)

Quand il n’y a plus eu d’argent dans la maison, ils ont vendu tous les tapis que Fariza avait apportés. Et quand cet argent à son tour a été épuisé, alors ils ont pensé à vendre le bébé. La belle-mère de Fariza travaillait avec ce genre de personnes, ils vendent des bébés en Amérique ou à d’autres pays. Elle avait une connexion avec ces personnes. Alors elle voulait que Fariza leur donne son bébé.

Combien ?

Quelqu’un a entendu parler du prix de cet enfant et il avait dit à mon fils qu’ils allaient le vendre cent dollars. « Ils veulent vendre le bébé de Fariza pour cent dollars ! »

Et Fariza savait ?

Oui ils lui en avaient parlé : « Nous devons vendre ton enfant car nous n’avons plus d’argent. » Mais nous n’avons pas cru ce petit garçon car il est impossible de vendre un bébé pour cent dollars. Mais Fariza est venue et nous l’a confirmé. Elle est venue avec son bébé et elle est restée là.

Comment est-elle venue ?

Elle est venue avec son mari, son mari l’a accompagnée. Il nous a dit :  » Elle ne m’écoute pas, nous lui avons demandé d’arrêter l’allaitement car si elle arrête de l’allaiter, elle n’aura plus de lait et il commencera à s’alimenter autrement parce qu’il sera sevré. Mais elle ne nous écoute pas, nous voulons ce qu’il y a de mieux pour lui, nous voulons l’envoyer dans un Kindergarten loin d’ici, c’est pour son bien mais elle ne nous écoute pas ! « 

Vous êtes mari et femme et je ne veux pas m’insérer dans vos querelles mais il ne faut pas vendre l’enfant. Tu es son mari, c’est toi qui décides. Non nous n’allons pas le vendre, nous allons l’envoyer dans un Kindergarten loin d’ici. Là-bas c’est très bien, ils prennent bien soin des enfants.

Et ensuite ?

Son mari a dit :  » Si elle ne nous écoute pas, je la laisserai et je prononcerai trois fois talak. Fariza a dit : tu peux me laisser, mais je ne laisserai jamais vendre mon fils. Je n’ai jamais eu une belle vie avec toi, je serai libre et ce sera mieux. Je ne peux pas le vendre. Je suis sa mère. Je resterai sans mari mais je ne donnerai pas mon enfant. Tu peux me laisser. « 

Ils ont discuté de ça ici ? Devant vous ?

Oui. Ils ont parlé de ça devant moi.

Et ensuite ?

Il a dit puisque c’est comme ça… et il a dit trois fois talak et est parti. Il m’a dit : je te laisse ta fille. Moi j’ai dit : « C’est ta vie, vous êtes mari et femme, je ne peux rien dire. » Si tu veux faire ça, libre à toi.

La belle-mère était là ?

Non elle n’était pas là. Après, elle a dit on peut la reprendre mais ma fille a dit : « Je ne veux plus venir avec vous. »

Qu’est-ce que vous pensez de ça ?

Je ne sais rien d’eux, j’ai simplement entendu qu’ils vont de maison en maison, qu’ils louent des maisons, c’est tout. Mais on ne sait rien d’eux.

Etes-vous en colère ?

Non nous ne savons rien d’eux, nous ne sommes pas en colère. C’est sa vie, si elle ne veut pas vivre avec eux, nous ne pouvons rien dire. Nous ne les voyons pas et ils ne nous voient pas, nous ne sommes pas en colère.

Elle va se remarier ?

Cela dépend d’elle. Parfois, des gens viennent chez nous pour demander sa main. Mais ils ont déjà une première femme. Ce sont des hommes qui viennent seuls, pas des femmes, et qui disent, on veut la prendre pour seconde épouse. Elle ne veut pas, elle dit je ne veux pas me marier avec un homme qui a déjà une épouse, je ne veux pas changer leur vie. Alors elle ne s’est pas mariée. C’est quelqu’un de cette usine. Il a dit : on aime bien ta fille, elle est très gentille, je veux l’épouser.

Cruel destin, le petit garçon de Fariza est mort de la diarrhée. Il avait un an et cinq mois.

Nombre d’enfants – et aussi d’adultes – meurent de diarrhée au Tadjikistan. Cela arrive surtout l’été, m’a-t-on dit. Quatre à cinq enfants par village… A cause de l’eau, non potable mais indispensable.