Un docteur honoris causa de l’EPHE, ouïghour, condamné à mort en Chine.

Lundi 15 octobre 2018

Tashpolat Teyip, docteur honoris causa de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes et président de l’Université du Xinjiang, a disparu à l’aéroport de Pékin alors qu’il se rendait à une conférence en Allemagne. Deux ans plus tard, tombe la nouvelle de sa condamnation à mort car il est accusé de nourrir des pensées politiquement incorrectes. Crédit EPHE

L’élite ouïghoure décapitée

Un docteur honoris causa de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes (EPHE) condamné à mort en Chine.

Sylvie Lasserre

La nouvelle, glaçante, vient de tomber sur Radio Free Asia ouïghoure : Un docteur honoris causa de l’Ecole Pratique des Hautes Etudes de Paris (EPHE) vient d’être condamné à la peine capitale. Tashpolat Tiyip doit être exécuté dans deux ans, en Chine. Géographe de renom, il reçut le titre honorifique en novembre 2008 à la Sorbonne pour saluer ses travaux sur l’environnement dans les zones arides par télédétection satellitaire. Ses amis et collègues européens sont atterrés. Son crime ? Ouïghour, il est soupçonné d’être « double-face », c’est-à-dire que Pékin lui reproche de nourrir un attachement secret pour sa culture. Or Tashpolat Tiyip était membre du Parti Communiste chinois et président de l’Université du Xinjiang depuis 2010 (après en avoir été le vice-président de 1996 à 2010).

Selon le président de l’EPHE, Hubert Bost, les collègues français de Tashpolat Tiyip l’ont vu pour la dernière fois en février 2016. Ils se rappellent de lui comme d’une personne très drôle, sympathique, féru de musique et de chant, très aimé et respecté.

D’après nos sources, ses fonctions de président de l’Université du Xinjiang lui avaient été retirées en mars 2017. Deux mois plus tard, alors qu’il se rend à un colloque en Allemagne, il est arrêté à l’aéroport de Pékin. Personne ne sait où il se trouve. Sur internet, les résultats des recherches le concernant ne mentionnent que ses publications scientifiques. « Ils ont tout effacé d’internet, » remarque un Ouïghour qui souhaite rester anonyme. D’ailleurs, les Ouïghours de la diaspora évitent de faire de telles recherches sur la toile, ils savent que cela peut coûter la prison ou le camp de rééducation à leurs proches restés au Xinjiang.

Tashpolat n’est pas le seul intellectuel à avoir disparu sans laisser de trace jusqu’à ce qu’émerge la nouvelle d’une condamnation : Halmurat Ghopur, président de l’Université de Médecine du Xinjiang a été arrêté le 7 avril 2017. Lui aussi vient d’être condamné à la peine capitale. Arslan Abdullah, directeur de l’Institut des Sciences humaines, arrêté. Azat Sultan, directeur de l’Association pour l’Art et la Littérature du Xinjiang et vice-président de l’Université du Xinjiang, très grand connaisseur de la littérature ouïghoure, arrêté lui aussi en juillet 2017, ainsi qu’Abdukerim Rahman, Rahile Dawut et Gheyretjan Osman, professeurs de littérature, anthropologie et histoire – ils auraient été arrêtés en janvier 2018. Même sort pour l’écrivain Yalqun Rozi, disparu il y a plus d’un an avant que l’on apprenne sa condamnation à perpétuité. Quant à Satar Sawut, l’ex-directeur de l’Education, des rumeurs circulent sur sa mort en détention. La liste des intellectuels arrêtés ne cesse de s’allonger et selon Radio Free Asia, ce sont cinquante-six professeurs et chercheurs qui auraient ainsi disparu et seraient internés.

Les acteurs et les journalistes sont également victimes de cette campagne. Qeyser Qeyum, rédacteur en chef d’une revue littéraire, s’est suicidé fin septembre 2018 en sautant du 8e étage car il venait d’apprendre qu’il allait être arrêté. Avant lui, le rédacteur en chef du Xinjiang Daily et trois autres directeurs avaient été arrêtés mi-2017.

Depuis fin 2016, Pékin a donc commencé à interner les Ouïghours soupçonnés de nourrir des pensées politiquement incorrectes. Avec ces arrestations massives, il semble que le gouvernement de Xi Jinping ait décidé d’éliminer aussi les élites ouïghoures. Un avant-goût en avait été donné avec l’arrestation en janvier 2014 d’Ilham Tohti, professeur d’économie, arrestation qui fit grand bruit ainsi que sa condamnation à perpétuité en 2018. « Ils veulent nous faire disparaître, » constate amer un Ouïghour installé en Europe.

Depuis la nomination de Chen Quanguo à la tête du Parti Communiste du Xinjiang en 2016, le calvaire des Ouïghours a pris des proportions sans précédents : mise en place de contrôles faisant appel à des dispositifs de surveillance sans équivalent dans le monde : tous les trois cents mètres tours de surveillance avec des soldats – 1400 wujingzhan rien qu’à Urumqi -, dispositifs de reconnaissance faciale partout, contrôles des téléphones, contrôles d’identités incessants, même à l’entrée des supermarchés, caméras, apposition sur chaque maison d’un code QR comportant toutes les informations relatives à la famille – les couteaux de la maison sont également équipés de ces codes QR -, irruptions dans les maisons à toute heure, etc., puis, il y a environ deux ans, lancement d’une vaste campagne de rééducation visant le peuple ouïghour : « Presque tous les Ouïghours de l’étranger qui rentrent en Chine pour les vacances sont arrêtés à Pékin et envoyés dans des centres de rééducation, » nous confiait un informateur. Depuis, ils n’osent plus revenir au pays voir leur famille. Las, le gouvernement leur a demandé d’envoyer leurs papiers, contrat de travail ou carte d’étudiant, photographie et adresse sous peine d’enfermement des proches en Chine. « Nous vivons la période la plus noire, la plus triste de notre histoire, déplore un Ouïghour qui a accepté de nous parler sous la condition de rester anonyme. Nous ne sommes plus que des souris de laboratoire pour le gouvernement chinois. » En 2016, le Xinjiang aurait recruté plus de 30 000 nouveaux policiers, dont 89 % destinés aux tours de surveillance (RFA).

Tashpolat Tiyip à Paris, durant la cérémonie de remise de son titre de docteur honoris causa à la Sorbonne en novembre 2008. Crédit EPHE

Les atteintes aux libertés des Ouïghours ne datent pas d’hier. Déjà en 2007 Rebiya Kadeer, parlait de génocide culturel pour dénoncer les exactions de Pékin à l’encontre de son peuple : « Nous vivons dans un immense camp de concentration à ciel ouvert, » clamait-elle lors d’un entretien qu’elle nous avait alors accordé à Genève. Mais aujourd’hui, le système liberticide mis en place a atteint de tels extrêmes que les médias du monde entier s’en sont émus et les publications alarmistes sur la situation au Xinjiang se multiplient. L’ONG Human Rights Watch (HRW) estime à plus d’un million le nombre d’Ouïghours internés dans des camps, soit un peu plus de 10 % de la population ouïghoure. Les Ouïghours eux-mêmes évoquent le chiffre de deux millions, parfois même trois. Un village de la région de Hotan, Yengisheher, a vu sa population diminuer de 40% : selon Radio Free Asia, presque tous les mâles adultes des 1 700 maisonnées ont été internés.

On sait peu de choses sur ce qui se passe dans les camps de rééducation. HRW a publié en septembre 2018 un rapport intitulé « Éradiquer les virus idéologiques – Campagne de répression de la Chine contre les musulmans du Xinjiang » avec les témoignages de cinq personnes ayant été enfermées dans des centres de détention ou des camps de rééducation. Selon le rapport, dans les centres de détention, les prisonniers sont interrogés pendant plusieurs jours, enchaînés sur une chaise, passés à tabac, ou suspendus au plafond afin de leur faire « avouer ». Les cellules sont surpeuplées avec 24 à 35 personnes pour douze mètres carrés.

Dans les camps de rééducation, les captifs ne sont pas autorisés à parler dans leur langue maternelle et sont soumis à une discipline militaire : levée du drapeau tous les matins et chants de louanges à la gloire de Xi Jinping et du Parti Communiste chinois. Avant les repas, ils doivent également féliciter le président et le parti. « On leur donne un petit pain et un bol de riz à manger, mais s’ils ne parlent pas suffisamment bien chinois, ils ne leur donnent rien. » Les prisonniers sont informés qu’ils ne seront pas libérés tant qu’ils ne parleront pas correctement le mandarin. Même les illettrés et les anciens…

Selon le même rapport, le crime commis par les détenus des camps d’éducation politique est d’avoir pratiqué l’islam ou d’avoir eu des relations avec des personnes vivant dans l’un des 26 pays figurant sur une liste – publiée par HRW – et qui sont des pays musulmans pour la plupart. Le fait d’avoir installé WhatsApp ou un VPN sur son téléphone est également une raison d’être interné.

Les détenus ne sont pas épargnés par les mauvais traitements : Il nous a été signalé que des gardes utilisaient des gants à haute tension pour frapper les récalcitrants. Le rapport d’HRW relate que, dans un camp au moins, toutes les femmes ont eu les cheveux coupés. Un Ouïghour qui n’avait pas été assez obéissant a été enfermé dans un dispositif métallique. Un autre a raconté à HRW qu’il avait été placé au fond d’une sorte de puits où il ne pouvait quasiment pas bouger et qu’on lui versait de l’eau dessus jusqu’à ce qu’il s’évanouisse, transi de froid. Ceux qui ne sont pas capables d’apprendre rapidement les chants patriotiques sont privés de nourriture pendant une semaine. La vie au camp est insupportable au point que nombreux sont ceux qui essaient de se suicider : deux sur les cinq personnes ayant donné leur témoignage à HRW ont attenté à leurs jours. En outre, HRW a relevé que quatre personnes étaient mortes dans des camps politiques à la suite de tortures ou faute d’avoir reçu les soins nécessaires à leur état de santé. HRW estime que le nombre de cas serait supérieur à quatre.

Coupés de leur famille, les Ouïghours de l’étranger vivent dans l’angoisse de ce qui arrive ou peut arriver à leurs proches : « On ne peut pas se téléphoner. Ni mail ni message ni rien. Mon père m’a appelé de Chine il y a un an et demi pour me dire de ne surtout plus l’appeler ni lui écrire. Cela le mettrait en danger. Je n’ai pas de nouvelles », déplore cet étudiant. D’autres ne sont pas assez méfiants et retournent au Xinjiang pour quelques semaines, comme cette mère de deux enfants, qui est partie fin 2016 en Chine pour quelques jours et que ses filles et son mari n’ont jamais revue. Tant de familles sont ainsi brisées. Cela ne concerne pas seulement les Ouïghours d’Europe. Environ trois cents maris pakistanais sont séparés de leurs épouses et enfants ouïghours pour les mêmes raisons ; une cinquantaine d’entre eux se sont rendus à Pékin pour faire pression sur leur ambassade (Reuters).

Maintenant que l’internement de masse des Ouïghours est avéré et que la nouvelle choque le monde, la Chine, qui a d’abord nié l’existence des camps, a dû changer de discours face aux preuves et à l’accumulation de témoignages : Pékin vient d’admettre les faits et tente maintenant de donner un cadre juridique aux camps, qu’elle a requalifiés de« centres de formation professionnelle » dont l’objet serait d’offrir des opportunités d’emploi aux Ouïghours.

Depuis le 1er octobre, fête nationale chinoise, Pékin aurait commencé à déplacer des prisonniers vers la Chine intérieure et des rumeurs circulent sur la construction de camps souterrains, invisibles depuis les satellites.

Pour lire l’article intégral en PDF : L’élite ouïghoure décapitée

Voyage au pays des Ouïghours

Chers amis,

Je reçois de nombreuses demandes concernant mon livre “Voyage au pays des Ouïghours”.
Malheureusement celui-ci est épuisé et l’éditeur a cessé son activité.

Tout n’est pas perdu : j’envoie la version électronique (PDF) sur demande au même prix que la version papier (15 €).

Contact : sylvielasserre@gmail.com

Le voyage en pays ouïghour – récit en images par Sylvie Lasserre

La vidéo (récit en photos) de mon voyage en pays ouïghour est enfin disponible en ligne sur Vimeo. Voyage effectué en octobre 2007 avant la destruction totale de la mythique Kashgar (elle avait déjà commencé) et avant les événements d’Urumqi de 2009.

Ce récit en photos accompagne mon livre « Voyage au pays des Ouïghours ».

Regardez, commentez, partagez ! Il est en trois parties. Durée totale : 75 minutes.

Part 1 : 31:04

https://vimeo.com/125374030

 

Part 2 : 20:23

https://vimeo.com/125375585

 

Part 3 : 23:41

https://vimeo.com/125380219

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« Voyage en pays ouïghour » de Sylvie Lasserre : projection ce soir à Grenoble

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J’espère vous y retrouver.

C’est dans le cadre du festival des peuples autochtones en résistance.

 > mardi 9 novembre 18h-23h

5 heures avec les populations autochtones opprimées par l’État chinois : les Ouïghours et les Tibétains (Saison des Peuples autochtones en résistance)

Grenoble – Maison des Associations 6, rue Berthe de Boissieux

De 18h à 19h30 : projection de « Tibet, histoire d’une tragédie », documentaire de Ludovic Segarra, suivie d’un échange avec Wangpo Bashi, tibétain (Bureau du Tibet, Paris).
19h45 : buffet chinois.
20h45-23h : projection de « Voyage au pays des Ouïghours », documentaire de Sylvie Lasserre, suivie d’une discussion-débat avec la réalisatrice et Wangpo Bashi : « L’Etat chinois face à ses minorités autochtones ». Soirée organisée en partenariat avec le Comité Tchétchénie.
Renseignements : ciip@wanadoo.fr

Trois voyageuses en solitaire en Chine : Elodie Bernard, Clara Arnaud, Sylvie Lasserre‏

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A l’occasion de la sortie de leur  livre :
 
– Le vol du paon mène à Lhassa, Elodie Bernard
– Sur les chemins de Chine, Clara Arnaud
– Voyage au pays des Ouïghours, Sylvie Lasserre
 
La Maison d’Asie centrale vous invite à une rencontre signature avec Clara Arnaud, Elodie Bernard et Sylvie Lasserre samedi 30 octobre de 15 à 16h00 au Zango bar, 15 rue du Cygne, Métro Etienne Marcel. Paris.

Sortie en librairie du « Voyage au pays des Ouïghours »

couvertureouighoursface.1274037471.jpgDepuis le temps que je vous parle des Ouïghours, voici enfin le livre que je leur ai consacré, paru aux Editions Cartouche…

 » Voyage au pays des Ouïghours  » sort en librairie le 21 mai 2010.

Les illustrations sont d’Alisher Alikulov, célèbre peintre d’Ouzbékistan.

A cette occasion, je vous propose quelques rencontres :

Signature du livre mardi 18 mai de 18h00 à 19h30 chez Mohanjeet, 21 rue Saint-Sulpice, Paris 6e. Métro Odéon

– Projection documentaire  » Une journaliste chez les Ouïghours du Turkestan chinois  » de l’auteur, organisée par Transboréal / ABM, en présence de l’auteur, suivie d’une signature. Jeudi 20 mai à 20h30, FIAP, 30 rue Cabanis, Paris 14e. Métro Saint-Jacques.

– Projection documentaire  » Voyage en pays ouïghour  » en présence de l’auteur, suivie d’une signature,  à la Maison d’Europe et d’Orient le 25 mai à 19h00. 3, passage Hennel, Paris 12e – Métro Gare de Lyon, Bastille, Quai de la Rapée ou Reuilly-Diderot.

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« Nous vivons dans un immense camp de concentration à ciel ouvert ! » C’est armée de cette phrase de la célèbre dissidente Rebiya Kadeer que Sylvie Lasserre gagne le Turkestan chinois, le pays des Ouïghours. En reportage avec un visa de tourisme, d’Almaty, au Kazakhstan, à Urumqi en passant par Ghulja, puis d’Urumqi à Kachgar et Turfan, elle parcourt près de 6 000 km en train, en taxi collectif, en triporteur pour se heurter à… un mur de silence.

Un constat : la colonisation han progresse à vive allure jusqu’aux confins de l’Asie centrale. Les rêves d’indépendance ne sont jamais très loin, mais partout l’on se tait. Turkestan – pire « Ouïghouristan » – est un mot qui conduit directement en prison. Pékin a instauré un régime de terreur, les espions sont partout. Une culture millénaire est menacée de disparition et ne laissera bientôt place qu’à un folklore fossilisé pour touristes.
Tout au long de son voyage, Sylvie Lasserre est frappée par l’absence de sourires, la tristesse des visages, si gais d’habitude en Asie centrale. Au Turkestan chinois, la joie s’en est allée. Beaucoup rêvent de partir à l’étranger : « Ici nous n’avons aucun avenir. » Mais les passeports des Ouïghours ont été confisqués. Autre fait marquant : l’ignorance dans laquelle Pékin maintient ce peuple, par un contrôle efficace des médias. « Tout ce que l’on sait, c’est par vous, les étrangers, qu’on l’apprend. »
Partie en quête de témoignages et de faits précis, l’auteur, qui a le plus grand mal à délier les langues, poursuit ses recherches sur les traditions et l’histoire : sur les traces du premier royaume ouïghour à Kara Balgassoun, située dans l’actuelle Mongolie, puis des momies du Taklamakan vieilles de quatre millénaires, au cirque du célèbre funambule Adil Hoshur, en passant par la maison d’un chamane qui n’a plus le droit d’exercer, sans oublier, à Kashgar, le fameux samâ – ronde des hommes au lendemain de la fin du ramadan – et le quartier transformé en « Ouïghourland », ainsi que les mausolées des saints soufis de la région… Mais partout, ce sera le silence. Le reste, elle l’approfondira en Occident à son retour.
À l’issue de ce voyage, le choix entre journalisme et militantisme s’avère difficile. À la suite des événements sanglants de l’été 2009 survenus à Urumqi, Sylvie Lasserre opte pour le militantisme, mettant en veille son activité professionnelle pour une dizaine de mois afin de mieux se consacrer à ce peuple oublié du reste du monde. Au point que Rebiya Kadeer, qu’elle rencontre à plusieurs reprises, lui propose d’occuper une fonction au sein du World Uyghur Congress.

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Photo : Sylvie Lasserre et Rebiya Kadeer, présidente du World Uyghur Congress (Genève).

L’auteur

Sylvie Lasserre est reporter, éditrice et photographe, passionnée par l’Asie centrale et les peuples turciques. Elle est l’auteur d’une soixantaine d’articles et reportages sur l’Asie centrale principalement, dont une vingtaine sur les Ouïghours, de reportages radio (Radio Suisse Romande) et de plusieurs expositions photographiques. Née à Meknès au Maroc, docteur en physique diplomée de la Faculté des sciences d’Orsay et du Politecnico de Milan, elle abandonne en 2004 la carrière d’ingénieur qu’elle mène depuis treize ans pour se consacrer au journalisme, ce qui l’amène à collaborer avec la presse française et internationale (Le Monde 2, Le Soir, Le Temps, Die Welt, La Stampa, Courrier international, Elle, Marie Claire international, L’Actualité, L’Hebdo, Cosmopolitan, La Presse, Le Monde, Libération, L’Express Mag, Internazionale, The Guardian…).

En 2008, elle devient membre de la Société asiatique et, l’année suivante, à la suite des événements survenus au Xinjiang, se détourne temporairement du journalisme pour se consacrer à la cause ouïghoure et lancer les Éditions d’Asie centrale. Elle anime le blog « Sur les routes d’Asie centrale » et dirige la Maison d’Asie centrale, une association destinée à promouvoir la culture centrasiatique en France, notamment grâce à l’organisation d’événements culturels.

Sylvie Lasserre, qui a vécu en France, Italie et en Belgique, et parle six langues, partage aujourd’hui son temps entre la France, l’Asie centrale et la Turquie.