Kirghizistan. En direct avec des Ouzbeks assiégés à Och. Version censurée.

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En direct, par skype et webcam, avec des Ouzbeks assiégés à Och. Mercredi 16 juin. 17:15 à Och, 13h15 Paris.

L’entretien a été préparé par xxx qui a de nombreux contacts à Och.

Quartier ouzbek « xxx », dans un café internet. Nous sommes en ligne avec xxx. Autour de lui, des étudiants en médecine pour pallier le manque de médecins. Et des femmes qui nous parleront à la fin.

La communication est très mauvaise. Il faut rappeler plusieurs fois. L’on a l’impression de communiquer avec un vaisseau sorti de l’atmosphère terrestre.

 » Aujourd’hui nous recevons beaucoup de blessés. Ecoutez le médecin : bip bip bip

Notre gouvernement ne nous aide pas. Nous n’avons plus de médicaments. Nous avons dû collecter tous les médicaments de la mahalla.

Nous sommes encerclés, bloqués, comme dans un blockhaus.

Nous n’avons plus de nourriture.

Ces trois derniers jours, nous avons reçu 87 blessés et 31 morts. Mais le nombre de morts est certainement plus élevé car les gens n’osent pas les apporter ici et préfèrent les enterrer dans leur jardin.

Dans notre clinique nous n’avons plus de place pour les blessés. Ils restent chez eux et nous les soignons dans les maisons.

Nous manquons d’infirmières et de médecins. Nous manquons d’instruments.

Deux cas de gangrène gazeuse se sont déclarés et plusieurs autres cas ne vont pas tarder à se déclarer.

Des réfugiés des villages voisins sont arrivés chez nous. Nous avons accueilli les Ouzbeks des quartiers détruits de Furkat, Chakh-Tepa et Bazar. Ils sont hébergés par la population. Nous étions 40 000 dans la mahalla et nous sommes aujourd’hui 55 000. Nous vivons à 25 par maison.

La Croix Rouge nous a aidés. Avant-hier, le 14 juin, ils ont distribué des médicaments. Mais c’est déjà fini. Nous ne les avons pas revus.

C’est difficile de soigner, nous n’avons plus de médicaments. Si nous en avions eu, nous aurions pu sauver de nombreuses vies.

Nous manquons aussi d’anesthésiques. Derrière moi, vous voyez des étudiants internes. Ils nous ont beaucoup aidés.

Nous travaillons 24h sur 24. Nous effectuons des roulements pour aller soigner les blessés installés dans les maisons. »

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Conversation avec les femmes : bip bip bip 

xxx, mère de famille :

 » J’ai 6 enfants ! Ils nous ont donné 450 g de farine par jour. Comment je peux nourrir mes enfants ?

On entend dire que l’aide humanitaire est arrivée mais nous n’avons rien reçu.

Nos enfants se cachent dans les maisons. Ils ne peuvent pas sortir car il y a des tirs.

On ne sait pas quoi faire ! On ne reçoit rien ! Qu’allons-nous devenir ?

Nous n’avons plus d’avenir… Nous n’avons plus d’avenir. « 

Elle pleure.

Et nous sommes impuissants.

Voir également le reportage de France 3 : http://jt.france3.fr/soir3/

Kirghizistan. Des bâtons contre des chars et des kalachnikov. Attention difficile.

Samedi 19 juin.

 Voici le quotidien des Ouzbeks retranchés dans leurs mahallas (quartiers). Cette vidéo montre comemnt les hommes des mahallas s’organisent pour se défendre. Mais que peuvent-ils contre des chars et des kalachnikov ?

Attention une scène d’agonie à la fin de cette video est particulièrement difficile à regarder.

 http://www.youtube.com/watch?v=a8jt4u7T7o4

Kirghizistan. Crise humanitaire. Vêtements, produits d’hygiène… attendus à l’ambassade ce we

Vendredi 18 juin.

Placez le tout dans des cartons et portez-les à l’ambassade d’Ouzbékistan. 22 rue d’Aguesseau. 75008 Paris

L’ambassade sera ouverte demain.

Message reçu :

« Suite au conflit actuel : je tiens a vous informer que il existe une possibilité de venir en aide aux refugiés ouzbeks et kirghiz du Kirghizistan auprès de l’Ambassade d’Ouzbekistan 22 rue Aguesseau 75008 Paris.

Aux dernières nouvelles ils acceptent toute aide de premier secours : savon, drap couvertures, des habits des jouets pour les enfant participation financière peu importe qui pourrait aider les refugiés qui ont tout perdu merci de faire tourner l’information .  »

De nouvelles précisions :

« L’avion part mardi contacter pour plus d’ Info zafar +33613610955 ou pret d lambassade ouzbek a Paris. pr c que est a porter tout c que vous pouvez demander lui plus d’ Info je vous remercie malheureseman je n suis pas chez moi peut pas vous donner plus d’ précesion que sa je vous enverai des liens c soir ou demain merci a vous pour votre soutien c super que les gent se mobilisent amicalman. »

Kirghizistan. 8:00. « We hope people who killed and burned will be punished. »

Vendredi 18 juin, 08:00. Mail de Nasiba. Osh.

 » The situation in Osh (in Jalalabad I do not have contacts, cannot confirm) is quiet. People at the border, in their houses, in their neigborhoods are now a little bit at ease. The same is with me.

People are getting humanitarian aid, not a lot, but getting it. The only problem is with medicines and hygiene needs.

Uzbeks are still not going outside their area and not letting in other people, there is no trust in anybody now. They will feel safe where they are now. My mother moved from border a bit close to our house, but our house is on the other side of barricade.

My uncle was today in our house, most of it is burnt, but it is possible to live in the remining part, some furniture left as well, our car which was taken by pushing was in the garage of our neighbor, but today it is gone from there as well.

Our business is completely gone…

We already got used to the fact that we lost everything, but I cannot imagine what will be to us when we will see our houses ourselves.

We do not lose hope, we can make all this again much better, but will not be able to forgive and forget what they did to us. We hope for fair investigation by third parties, we hope people who killed and burnt, all will be punished.

My former colleague Sanjar’s wife gave birth to a daughter in the Kyrgyz-Uzbek border, I am happy for him, as it is really good news after horrible days…

The local TV-channels are making discussion prorgrams on local TVs with Kyrgyz people. What normal person would expect from these kind of information? They say how Uzbeks were killing, how they were not satisfied by the welcome of Kyrgyztsan (as if Uzbeks came from somewhere), and most irritating part was that one journalist said that Uzbeks are appoligizing (???) and sorry for what they have done… This is not open provocation by officials?!

I am still astonished by the patience of my people, after all what was done to them!!!

Thank you very much for all your support in these days.
Best regards,
Nasiba

Kirghizistan. Journalistes et activistes des droits de l’homme en grand danger

Jeudi 17 juin.

Avant-hier, nous avons vainement tenté de joindre une journaliste d’Osh TV, dont le siège a été détruit. Elle se cache, impossible de lui parler. Les journalistes qui communiquent trop avec l’étranger sont liquidés. Les conversations téléphoniques avec l’étranger sont écoutées par les services secrets kirghiz. A de nombreuses reprises nous avons constaté que nos interlocuteurs craignaient de trop parler, parfois nous raccrochaient au nez se sachnat écoutés.

Depuis le début du conflit, deux disparitions.

Abdusalomov, rédacteur en chef d’un journal ouzbek (Diydor) à Jalalabad, a été enlevé par des Kirghiz en uniforme. Il est depuis porté disparu.

Un activiste ouzbek des droits de l’homme, Azimjan Askarov, qui travaillait à un bilan de la situation à Djalalabad, a été arrêté par la police du Bazarkorgon, province de Jalalabat. Selon son frère il est torturé et questionné et se trouverait dans la prison de la police du Bazarkorgon: http://kg.akipress.org/news:225351.

On me signale qu’un journaliste japonais a été passé à tabac et aurait été transféré à Osh dans le coma. Aucune confirmation.

Par ailleurs je constate que certains journaliustes étrangers sur le terrain témoignent sans donner leur nom.. Cela les exposerait beaucoup trop.

Pour plus d’informations :

Kyrgyzstan: The government is not seeking for extremists in the south, but catches the civil activists and public figures

Nota bene : On déplore ces dernières années les meurtres des journalistes Alisher Saïpov (Ouzbek d’Osh et journaliste d’opposition) en octobre 2007 et de Gennady Pavliuk, journaliste d’opposition, en décembre 2009 .

Kirghizistan. 8:30. Le maire d’Osh serait aussi impliqué dans les massacres.

Mercredi 16 juin.

Urik :
 
« According to Ferghana.ru, the actual local authorities participated in the massacres in Osh and the mayor of Osh is closely related to all of it.

Also, according to the website the Bakiev family financed the local police or les forces de l’ordre in order to inhibe the police action.
Ferghana says that the start of the conflict was dead bodies of several kirghize girls from a student residence that some people in a black 4×4 brought to a group of young « criminals » (civils) and said that ouzbeks killed them.

It brought an instant reaction from the youth which started to fight against ouzbeks. Then the commando with arms entered the city.

Several hours before the killed girls were taken from the student residence by an unknown group of people in a black 4×4.  »

Nasiba :

 » I have heard that the mayor of Osh was involved in Osh interethnic clashes, but was not saying about it. I heard that he maid the list where to go, whom to kill and what to burn, for each areas they had groups with already planned orders. The Uzbek neighbors of him confirmed that doubtful fancy cars for at his house for several weeks recently. Now deputy of mayor is confirming this rumors in the interview with Fergana.ru http://www.ferghana.ru/article.php?id=6612.

I also want to say that they say it is quiet, it is quiet for Kyrgyz to go out, and the Uzbek areas are still surrounded with Kyrgyz gangs. It is quiet so that peace-keepers do not come, it is quiet to do their pi-pi referendum, it is quiet to scare people, it is quiet to keep people in expectation, it is quiet…

The mayor of Osh is still the mayor of Osh…

PS I don’t want to hurt the feelings of my friends Kyrgyz, but hope you understand whom I mean when I say ‘kyrgyz gangs’… « 

Nota de Sylvie Lasserre : il existe deux autres versions de la manière dont les conflits ont été déclenchés : viol d’une fille kirghize, rixe dans un casino entre Ouzbeks et Kirghizes dans la nuit du jeudi au vendredi… Les rumeurs, en l’absence de médias, vont bon train.

Kirghizistan. 08:00 : « Maksim Bakiev is in England, the guy has calculated everything »

Mercredi 16 juin.

Urik :  » I am horrified from informations provided in new testimonies – those guy are wild, savages.

Poor victims, poor ouzbeks. My only hope now is that people responsible for the horrors could be judged.

Maksim Bakiev is in England, the guy has calculated everything.

There are small chances for an extradiction, UK trial court will think that a judgement in Kyrgyzstan will be partial (UK hasn’t extradicted those who askes for an asile for the last 300 years)…

Personal opinion – a « green mile » is not enough for him compared to horrors they organised in Osh! 
 
I do not have any access to my personal email boxes and consequently am unable to be in contact with you. Will try my best to send you additional information. « 

Kirghizistan. 16h30. Premiers cas de gangrène. « Envoie-nous un paquet de pâtes. »

Mardi 15 juin.

« La situation est catastrophique …

Il y a 10 minutes j’ai parlé avec ma tante au Kirgizistan, leurs proches sont tués, leur maisons brûlées, beaucoup des morts, il y a persone pour enterrer  les cadavres…

  » 150 grammes de la farine et de l’eau par jour, envoie nous un packet des pâte… » elle m’a dit en pleurant.

 »

Shavkat

Kirghizistan. 12h00. « Le mari de ma tante a été touché par balle. »

Mardi 15 juin.

Dilora :

 » J’ai eu ma famille ce matin, ils ont des nouvelles de nos proches.

Le mari de ma tante a été touche par balle, en ce moment ils ont pu traversé la frontière, dans leur quartier (kolhkoz Kalinin) l’hopital manque de tout, les corps gisent. Aucune aide pour l’instint car les maraudeurs contrôlent les entrées de villes vers ces quartiers. Du coup, les voisins sacrifient le bétail, vient de leurs provisions, essaient d’alimenter (fournir les repas) aux blessés dans cet hôpital.

La voisine dont une partie de famille habitait dans le quartier autour la montagne Suleiman ont vécu un massacre, la dame a perdu deux fils, on n’a pas pu même récupérée les corps, les enterrer. Ceux qui arrivent à récupérer les corps, les enterrent dans les jardins le jour-même selon la tradition. Aucune statistique.

Bientôt il n’y aura pas de vivre, les quartiers entiers sont contrôlés. L’aide humanitaires n’arrive que dans les hôpitaux du centre de la ville ou sont soignés les maraudeurs, les kirghizes. C’est honteux!

Dans notre quartiers, les ouzbeks des rues voisines se sont réfugiés dans notre rue (la plus étroite, donc un peu plus contrôlable), les hommes dorment dans une maison du début de la rue, les femmes dans la maison au centre de la rue.
Ce matin j’ai eu une info d’une amie qui travaille pour le gvt, elle a l’info que les mercenaires ont pu passer les frontières afghanes et tadjik et ils peuvent resurgissent au Kirghizstan n’importe où.

Les chaines kirghizes disent que la situation se stabilisent. Pas vrai. Toujours des snaipeurs sur les toits. On n’a pas confiance à l’armée kirghize. L’armée même qui assistent les casseurs. Il ne faut pas que le gvt obligent à casser les barricades s’il n’est pas capable de nous protéger. On va mourir. Il faut entrer les militaires internationaux. Le gvt dit « tout va bien », ce n’est pas vrai. L’ami du gvt, officiellement m’a dit qu’ils attendent tout ça à Bishkek aussi. Elle est kirghize, très bonne amie, m’a proposé son aide.

Voila, si j’ai encore quelque chose, je t’écris. Ah oui, il faut qu’il y ait des journalistes sur place, on a besoin des témoins.

De plus, il a ceux qui revendent de l’aide humanitaires, il parait que on peut sortir de la ville mais il faut payer 200 dollars par personnes, les militaires y sont dedans aussi, la famille qui essaient de fuir toute seule est dépouillée avant d’arriver vers la frontière ouzbek. « 

Kirghizistan. Radiographie. « Un groupe de mercenaires est arrivé à Osh et a placé des snipers sur les toits des maisons. « 

Lundi 14 juin.

Un article écrit par « Urik ». Il est de Bichkek et vit actuellement en France.

 » Ce ne sont pas que des clashes entre-ethniques comme c’est montré dans les journaux de 20h au soir du 13 Juin 2010. Tout cela a été provoqué par un group de criminels/paramilitaires/mercenaires qui a suivi un plan précis et impeccablement organisé afin de déstabiliser le Kirghizistan.

Ce n’est qu’une opinion personnelle construite sur les infos puisées sur internet. Cependant, si on prend en compte que les medias au Kirghizistan commencent à devenir indépendants et transparents et que les medias qui couvent la région basé à l’étranger ont toujours été objectives (voir la listes des sites internet ci-dessous), les infos devraient être réelles ou proches de la réalité.

Le sud du Kirghizistan, partie extrême orientale de la vallée de Ferghana, est historiquement habité par les Ouzbeks, les Kirghiz et, dans certains endroits, par les Tadjiks. Les Ouzbeks et les Kirghiz appartiennent au même groupe ethnique et les différences dans la langue et les traditions sont minimes.

Néanmoins, il a toujours existé une tension entre ces deux peuples qui est le résultat du développement socio-historique de la région – haute densité de la population ; des frontières complexes entre le Kirghizistan et l’Ouzbékistan, dessinées sous Staline avec une présence de nombreux d’enclaves ; un fort narco trafique/business dans la région – une des route de l’opium Afghan vers l’Occident ; etc. Il y a déjà eu des événements de clashes enter-ethniques au lendemain de la chute de l’URSS.

La majorité des journalistes occidentaux en ce moment parle des clashes entre-ethniques. Effectivement, c’était une information initiale quand personne n’est au courant de la vraie raison de cette tragédie, mais l’information a évolué durant la journée de dimanche (malheureusement, les infos instantanées sont seulement en russe et en kirghiz, néanmoins vous trouverez ci-dessous une liste des articles en Anglais et en Français).

Les faits relevés aujourd’hui montrent qu’un groupe de gens armés (paramilitaires, mercenaires) est arrivé dans la ville d’Osh le 10 juin et a placé des snipers sur les toits des maisons. A 21h-22h ces mercenaires ont provoqué des bagarres dans plusieurs mahalla (district, souvent composé d’une majorité ouzbeks) et ont tué des gens d’ethnie ouzbek.

La vallée de Ferghana a une population très compacte et le « sang est chaud » dans le Sud du Kirghizistan. « Œil pour œil, sang pour sang », cela a amené à une chaine de réactions des deux cotés.

Par ailleurs, plusieurs centaines de jeunes gens des régions éloignées sont arrivés à Osh dans la nuit du 10 à 11 juin et durant la journée du 11.

Il semblerait que ces derniers ont été payés pour participer aux clashes et aux pillages. Et… il semblerait qu’ils étaient à majorité kirghiz (à vérifier).

Les rumeurs disent que des personnes en voiture (sans immatriculation) distribuaient des armes. Le groupe des criminels s’est scindé en plusieurs groupes mobiles et a commencé à semer le chaos et la panique dans la population de la ville. Ils sont rentrés dans les maisons des habitants ouzbeks et kirghiz, en tuant des gens et en criant qu’ils étaient de l’autre ethnie, amplifiant la réaction et la violence (voir les témoignages des civiles dans le blog suivant: http://sylvielasserre.blog.lemonde.fr/).

Ils ont brulé et pillé les maisons et les commerces.  Les snipers ont fait leur boulot en tirant des toits sur tous les passants civils, sans faire aucune distinction ethnique (la méthode est d’ailleurs semblable à celle qui s’est produite lors des évènements du mois d’Avril 2010 – soulèvements du peuple dans la capitale et fuite du président– les snipers ont tiré du toit de la Maison Blanche sur les manifestants ; bilan – 84 morts).

Etat de choc total – la violence de l’action a surpris tout le monde, et principalement le jeune/nouveau gouvernement intérimaire.

Le pays n’ayant pas une armée suffisamment forte et les troupes n’étant pas suffisamment entrainés (+ l’ignorance de la situation réelle, donc incapacité à savoir qui combattre), les mercenaires ont réussi à prendre plusieurs chars (BTR, en russe) dans quelques clashes qui ont eu lieu avec les forces de l’ordre.

Ils ont ensuite tiré à balle réelle de gros calibre sur les habitations et les gens, parcourant ainsi les rues de la ville. Il faut ajouter que l’état d’urgence instauré par le gouvernement n’a rien apporté jusqu’à hier (dimanche, fin d’après midi /soir). Les événements tragiques à Osh ont duré deux jours, avant de se propager dans la ville de Djalal-Abad (DA).

C’est grâce à l’arrivée massive des forces de l’ordre, notamment de 300 personnes des forces spéciales, et le déplacement de l’épicentre des évènements vers DA qu’on a pu restaurer un calme relative dans la ville.  

La situation dans la ville était calme avant l’arrivé du groupe des criminels à l’hippodrome où 2-3 mille personnes se sont déjà rassemblés (les habitants disent que ces derniers n’étaient pas de la ville ; de plus, il a une forte probabilité que ces jeunes soient payés pour participer dans les émeutes).

Le commando a mené des actions ponctuelles dans les villages sur la route d’Osh à Djalal-Abad. Une des cibles importantes du commando des mercenaires était la caserne où ils se sont procuré les formes (vêtement) et un char (BTR). La méthode employée était la même qu’à Osh – se scinder, mettre le feu dans les maisons, prendre le contrôle des bâtiments stratégiques et y mettre le feu (Commissariats – 4 tentatives de prise d’assaut avec succès, universités, compagnie télé, commerces et stocks de nourriture). Une tentative de prise d’assaut de l’hôpital où les médecins ont fait barrage pour protégé les patients.

La différence dans les déroulements des évènements entre Osh et Djalal-Abad est dans la perception/compréhension des vraies raisons de cette crise par la population locale.

Les habitants de DA, étant déjà informés de l’arrivé du « commando », ont créé des groupements « kirghiz+ouzbek » (Drujina) pour se défendre et combattre à coups de pierres et de couteaux. Les femmes, enfants et personnes âgées ouzbeks ont quitté la ville vers la frontière Kirghizistan/Ouzbekistan. Les entrées dans les mahallas ont également été barricadées par des troncs d’arbres.

Les drujinas ont été attaqués par les hommes armées qui tiraient sur les gens sans faire aucune distinction entre les kirghiz et les ouzbeks, encore une preuve de l’action criminelle de ces voyous. Les coups de feu résonnent toujours et plusieurs bâtiments ont brûlé, les pompiers ne peuvent pas arrêter le feu car ils sont pris pour cible.  

Il y a eu 119 morts d’après les autorités et plus de 6000 réfugiés, mais les rumeurs disent 1500 morts et l’Ouzbékistan affirme 75000 réfugies.

Tout le monde est choqué. Comment les fils de leur patrie puissent faire cela ? Comment peuvent-ils trahir leur terre et leurs ancêtres ? « 

 » Urik « 

 

Infos supplémentaires pour votre analyse

1)    Les développements tragiques de ce weekend sanglant ont suivi un scenario discuté par Maksim Bakiev et Janybek Bakiev (le fils et le frère du président déchu Kurmanbek Bakiev) lors de leur conversation téléphonique enregistrée par les services spéciaux (on ne connait pas les sp de quel pays). Le premier dirigeait l’agence pour l’investissement du pays, contrôlait toute l’économie du pays et s’est approprié tous les actifs stratégiques du pays qui représentent une valeur quelconque. Le deuxième est un personnage sanguinaire qui était à la tête de la Sécurité de l’Etat, corrompu et lié aux grands trafiques de drogue (il a donné l’ordre de tirer sur les manifestants en Avril 2010).  

http://www.youtube.com/watch?v=ZolZJUA8B80&feature=related

 

2)    Les habitants d’Osh ont réussi à attraper un sniper qui tirait des toits. C’est un mercenaire qui refuse de parler ; il est ni ouzbek ni kirghiz et n’est pas de la région d’Osh, les habitants pensent qu’il est tadjik. Janybek Bakiev se cachait dans les régions prés de la frontière Tadjik.

 

3)    Selon Uzmetronom, plusieurs actions spéciales pour massacrer les ouzbeks ont été dirigés par des leaders de la criminalité locale.

 

4)    Selon les infos, les bandes des jeunes sont arrivés des villages de montagnes d’Alai où la vie est particulièrement dure, la pauvreté est présente dans le quotidien.

 

Le pays est actuellement déstabilisé et nous mène vers les craintes que cette crise se propage sur d’autres territoires ou pays de la région. Cette menace est réelle, car la vallée de Ferghana peut devenir une poudrière pour un conflit d’une intensité et force importantes. Certaines opinions croient qu’une Tiers force joue un rôle primordial dans ces évènements afin de prendre la région sous son contrôle total.

 

La liste des articles :

1)    Pour les francophones,

http://sylvielasserre.blog.lemonde.fr/

 

3)    War in the South of Kyrgyzstan: Present for Bakiev or Osh, STOP!

http://enews.ferghana.ru/article.php?id=2639

4)    Kyrgyz South and Uzbek issue

http://enews.ferghana.ru/article.php?id=2638

5)    http://kg.akipress.org/news:221211

6)    http://www.bbc.co.uk/programmes/p0080grr

Michael Andersen: » These are groups of BANDITS on the rampage against Uzbeks, NOT two ’ethnic’ groups fighting. Journalists – STOP talking about ’ethnic clashes’. 99,99 percent of the Kyrgyz would never participate in this. Listen to Madina speaking on the BBC (min 2), a courageous Uzbek woman stressing that the attackers were NOT her Kyrgyz neighbours. A point I stress later (min 9.30)

http://uzmetronom.com/2010/06/13/pikirujushhijj_nacionalizm_s_dolgosrochnymi_posledstvijami.html