Chauffeur de camion pour l’OTAN, un métier à haut risque au Pakistan

Lundi 25 novembre 2013

Cimetière de tankers de l'OTAN attaqués par les Taliban aux abords de Peshawar © Sylvie Lasserre

Cimetière de tankers de l’OTAN attaqués par les Taliban aux abords de Peshawar © Sylvie Lasserre

Il ne se passe pas de mois ou de semaine sans que l’on apprenne que des tankers de l’OTAN ont été attaqués par des Taliban, leurs chauffeurs tués.

J’ai interviewé des jeunes des zones tribales (Khyber Agency) qui m’ont  raconté qu’à cause du chômage écrasant dans les Fata (zones tribales du Pakistan), de nombreux jeunes, même diplômés, se trouvaient contraints de choisir ce métier à risque et conduisaient des tankers de l’OTAN.

Aujourd’hui, ces mêmes chauffeurs sont la proie de manifestants du PTI, le parti d’Imran Khan, qui bloquent les routes aux abords de Peshawar pour empêcher les tankers de l’OTAN de passer, ceci en protestation contre la dernière attaque de drone à Hangu dans la province de Khyber Pakhtunkwa.

Hier dimanche, une centaine d’activistes du PTI ont extrait de leur cabine des chauffeurs qui conduisaient les poids-lourds vers l’Afghanistan, contrôlé leurs papiers et torturé certains.

Cimetière de tankers de l'OTAN attaqués par les Taliban aux abords de Peshawar © Sylvie Lasserre

Cimetière de tankers de l’OTAN attaqués par les Taliban aux abords de Peshawar © Sylvie Lasserre

Ces frappes de drones sont très impopulaires dans le pays mais jamais les gouvernements successifs n’ont opté pour des représailles réelles contre les US. Cependant, la frappe qui a touché une madrassa à Hangu la semaine dernière et tué deux membres du réseau Haqqani a provoqué la colère chez  de nombreux Pakistanais. En effet, pour la première fois – la seconde en réalité, une première ayant eu lieu il y a quelques années -, et alors que Washington venait de promettre qu’il n’y aurait plus de frappe pendant les négociations de paix avec les Taliban, les US ont procédé à une attaque de drone en dehors des zones tribales (FATA) sur la province de Khyber Pakhtunkwa (anciennement North Western Frontier Province).

Régulièrement, lorsque les US vont trop loin, le Pakistan brandit cette menace de blocus *, c’est en effet un moyen de pression important sur les US car chaque tanker bloqué leur coûte très cher. En même temps, les US versent au gouvernement pakistanais environ 1300 euros par camion traversant le pays, c’est donc une perte importante pour le pays, qui se trouve pris en tenaille.

* Elle a été mise une fois à exécution, pendant six mois, après une attaque de l’OTAN – bavure ? – contre un poste frontière militaire pakistanais lors de laquelle 24 militaires pakistanais furent tués.

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Veuves afghanes prisonnières du pain. Mon projet humanitaire au Pakistan sur Ulule

Mercredi 6 novembre 201

Affiche du projet « Les veuves du tandur »

Chères lectrices, chers lecteurs,

Je vous en parlais déjà dans une note précédante de ce blog, « Prisonnières du pain« , alors que je venais de terminer un reportage sur des veuves réfugiées d’Afghanistan qui passent la moitié de leur vie à des heures indues sur un trottoir de la capitale pour recevoir quelques pains gratuitement.

Il est enfin temps de les aider en cliquant ici : « Les veuves du tandur« .

Je vous propose déjà d’écouter ce reportage : Autour d’un « tandur » dans les rues de la capitale pakistanaise qui vous donnera une idée de ce qu’est le quotidien infernal de ces veuves et enfants. Vous pouvez également lire cette note « Prisonnières du pain« .

Veuves et enfants, réfugiés d’Afghanistan et des zones tribales du Pakistan, devant le four à pains (tandur) © Sylvie Lasserre

Si, à la suite de cela, vous souhaitez les aider financièrement, vous pouvez le faire via la plateforme de crowdfunding Ulule sur laquelle est hébergé le projet « Les veuves du tandur« .

Nous espérons recueillir 4500 euros au minimum pour monter un projet qui les sortira de cette prison invisible, elles et leurs enfants. Si l’opération de récolte des fonds est réussie (recueillir 4500 euros avant le 6 janvier 2014), le projet sera mis en oeuvre par l’ONG Social Services Program Pakistan (SSP) dont je suis responsable de la communication. A l’issue du projet, une réunion de clôture sera organisée à Paris, à laquelle tous les donateurs seont invités. Si nous n’atteignons pas les 4500 euros, chaque don sera restitué aux donneurs et le projet n’aura pas lieu.

Je vous saurai gré de bien vouloir diffuser l’information via les réseaux sociaux et auprès de votre entourage.

Merci d’avance !

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Pakistan. Prisonnières du pain

Islamabad, 18 mai 2013

Reportage radio en ligne : Autour d’un tandur, dans les rues de la capitale pakistanise.

Pour aider ces veuves, cliquez ici : Les veuves du tandur 

 English version

Ces femmes, veuves pour la plupart, passent chaque jour 7 à 8 heures assises en face du tandur pour recevoir quelques nans (pains). © Sylvie Lasserre

Elles sont assises en tailleur sur des tapis de plastique posés sur la poussière du trottoir, juste en face du « tandur« , le four à nans, les pains en forme de galette d’Asie centrale et du Pakistan. Ce sont des veuves pour la plupart, ou bien des femmes dont les maris handicapés sont incapables de travailler. Des réfugiées afghanes aussi, dont les familles ont été chassées par l’invasion soviétique en Afghanistan (1979 – 1989) et qui n’ont jamais réussi à reprendre pieds.

Chaque jour, les femmes arrivent invariablement entre 16h00 et 17h00 et prennent place sur le sol. Elles emmènent avec elles leurs enfants et resteront là jusqu’à 23 heures, voire minuit. Vers dix heures du soir, les plus jeunes enfants, épuisés, s’endorment, allongés à même le sol. Ils devront attendre l’heure du départ, vers onze heures trente avant de parcourir le long chemin du retour qui les attend.

Le vendeur de chapal kebab s’est installé à côté du tandur. La charité est une affaire qui marche. © Sylvie Lasserre

Pourquoi ? Pour recevoir quelques nans, et, éventuellement, le vendredi, des nans agrémentés d’un demi chapal kebab, une galette de viande hachée mélangée à de la mie de pain, spécialité de Peshawar. Cela dépend de la générosité et des moyens des bienfaiteurs. A côté du tandur s’est installé un vendeur de chapal kebabs. Il s’agit d’un business lucratif, puisque le propriétaire du tandur écoule entre 500 et 1000 nans par jour (13 roupies le nan, cela fait entre 6500 et 13000 roupies de chiffre d’affaire par jour). Le vendeur de chapal kebab nous confiait que son chiffre d’affaire était en moyenne de 10000 roupies par jour, soient 80 euros, soient 2400 euros par mois.

Le propriétaire distribue aux femmes les nans qu’un bienfaiteur vient de payer. Les mains se tendent. © Shafiq ur Rehman Yousafzai

Quatre ou cinq tandurs dans le quartier afghan d’Islamabad fonctionnent sur le même système de charité et font de bonnes affaires : le propriétaire du tandur cuit environ 500 nans à l’avance. Ensuite, les bienfaiteurs passent et achètent, qui 30 nans, qui 50 nans, qui plus encore. Le propriétaire distribue alors équitablement à chacune. Certains bienfaiteurs portent du riz ou autre chose. Mais c’est rare. Les femmes n’ont pas le droit de partir avant onze heures du soir : le propriétaire tient à écouler toute sa marchandise car si les bienfaiteurs ne sont pas assez nombreux, c’est lui qui offre les nans restants « mais il se rattrape le lendemain et nous avons moins de nans, » nous confie une des femmes.

« Ce n’est pas une vie! », nous confie cette dame en pleurs, veuve depuis 20 ans. © Shafiq ur Rehman Yousafzai

Le patron du tandur est irrité :  » J’ai commencé il y a une dizaine d’années à donner des nans aux pauvres. Puis des gens ont voulu également leur donner. Ca a commencé comme ça. Où vont les millions de l’UNHCR, de l’ONU ? Ici on n’en voit pas la couleur. Alors on le fait nous-même, regardez, cela ne demande pas de grands moyens !  »

Ces malheureuses sont donc condamnées, elles et leurs enfants, à passer la moitié de leur temps sur un trottoir à des heures indues, à une quinzaine de kilomètres de chez elles, pour recevoir une dizaine de nans.

Elles viennent en effet de très loin, de leur bidonville de maisons de boue, le kachi abadi, sans moyen de transport. Parfois en « autostop », parfois en van dont elles se partagent le prix de la course, parfois en « Suzuki », ces petits taxis collectifs richement décorés typiques du Pakistan. Une femme âgée nous confie en pleurs :  » Ce n’est pas une vie ! Je suis veuve depuis 20 ans !  »

Cette petite fille vient là tous les jours. © Shafiq ur Rehman Yousafzai

Un peu plus loin, un autre tandur à Peshawar More, la rue commerçante afghane. Le patron afghan semble enchanté :  » C’est un très bon business! J’ai fait ça en Afghanistan, aux Etats-Unis, au Pakistan !  » En face, les femmes et les enfants. Leurs petits ballots disposés autour d’elles, semblant de reconstitution de leur foyer puisque c’est là qu’il faut vivre en partie.  Un gamin au visage dur apparaît, comme fasciné et me sourit. Ici tout le monde l’appelle Baloo. Amangul a 12 ans et déjà des airs de petit adulte. Le visage abîmé par la faim, le travail, le manque de sommeil et peut-être les coups, il a le regard plein d’innocence des enfants. Amangul est originaire d’Afghanistan. Où est ta mère ?  » Elle n’est pas là.  » En fait, Amangul vient là chaque soir, seul, équipé d’un grand sac en plastique, pour rapporter la pitance de toute la famille. Tu vas à l’école ? « Non. » Outre les longues heures noctures passées au tandur, Amangul travaille aussi le jour : il décharge des caisses de volaille. Je ne lui pas demandé quand il dormait…

Assise au milieu de ses compagnes d’infortune devenues des amies depuis le temps, Roshangul, 35 ans environ, est originaire d’Afghanistan, de Jalalabad. Sept enfants dont cinq filles, elle vient là chaque soir depuis plusieurs années accompagnée de ses deux fils.  Son mari, trop âgé et aveugle, ne peut plus travailler.  » Ma famille a quitté l’Afghanistan durant l’invasion soviétique. Je ne m’en souviens plus, j’étais trop petite. Nous avons vécu dans une misère extrême à Peshawar. Puis j’ai été mariée, il était déjà très vieux, j’avais douze ans peut-être. Depuis, nous vivons dans des kachi abadi. »

Aujourd’hui elle vit dans le bidonville qui se trouve entre Rawalpindi et Islamabad, en face de l’hypermarché Métro, à une quinzaine de kilomètres du tandur. Voir et écouter : Dans les maisons de boue du kachi abadi d’Islamabad.

Hier dans la nuit, Roshangul a accepté de nous conduire chez elle. Le kachi abadi, mer de toits plats que l’on distingue à peine, est plongé dans le noir. Ici point d’électricité. Point d’eau courante non plus.

Kachi abadi, bidonville de maisons de boue d’Islamabad. Là vivent une grande partie des femmes qui vivent de la charité du tandur. © Sylvie Lasserre

Nous nous enfonçons dans les ruelles étroites et sombres. Un mètre à peine entre les murs bas. Un fossé creusé pour l’écoulement des eaux. Nous traversons un terrain vague en hâte et en silence, passons un « pont » de planches de bois éparses. C’est loin ? Roshangul nous indique en chuchotant sa maison, qui se trouve à la lisière d’une falaise de terre, en haut d’une butte qui surplombe un ruisseau.  » Chaque soir à minuit, je passe par là,  » nous informe Roshangul. La maison est creusée dans la falaise. Une enceinte de boue entoure une cour rectangulaire ; de part et d’autre une pièce séparée de l’extérieur d’un simple rideau. Pas de fenêtres, pas de meuble. Quelques tentures au mur, c’est tout. Deux familles se partagent ce lieu, une pièce chacune.

A gauche la famille d’une autre femme du tandur, dont le mari se drogue. A droite, la famille de Roshangul. Dans la cour, des ustensiles de cuisine posés sur une étagère de terre. Près de l’entrée, une pièce minuscule en terre, la « salle de bain ». Pas d’eau courante, pas d’électricité ici.

Le loyer ? 5000 roupies par mois (environ 40 euros), un prix exhorbitant pour le kachi abadi. Les primo-occupants des lieux, originaires de l’Agence de Mohmand, avaient construit ces maisons alors qu’ils avaient fui les combats dans leur zone tribale. Aujourd’hui certains les relouent à plus pauvres qu’eux. Comment payez-vous le loyer ?  » Mon fils travaille au marché des fruits, il gagne entre 5000 et 6000 roupies par mois ; Avant je faisais le ménage chez une femme afghane à Islamabad, je gagnais 4000 roupies par mois, mais elle est partie.  »

Pourquoi ne pas installer un tandur proche du kachi abadi, qui fonctionnerait selon le même système ?  » C’est un business, répond Roshangul. Ici il n’y a pas assez de gens riches, cela ne marcherait pas.  »

L’espoir de Roshangul : que ses enfants, qui vont à l’école, puissent la soutenir plus tard.

Pour aider ces femmes, cliquez ici : Les veuves du tandur

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Pakistan. Women prisoners of bread

Islamabad, May 18th, 2013

Radio story online : Autour d’un tandur, dans les rues de la capitale pakistanise.

To help these women, click here : the widows of the tandur

                                                                    French version

These women, most of them being widows, spend every day 7 to 8 hours sitting in front of a tandur to receive a few nans (breads). © Sylvie Lasserre

They sit cross-legged on plastic mats laid on the dust of the sidewalk, right in front of a « tandur » (nan oven, the nans are the common round shaped breads in Central Asia and Pakistan). Most of them are widows, or have a disabled husband. They are issued from those Afghan refugees families that have been displaced by the Soviet invasion of Afghanistan (1979 – 1989) and have never managed to overcome misery since then.
Every day, the women invariably arrive between 16:00 and 17:00 and take place on the ground. They bring with them their children and stay there up to 23 hours or midnight. About ten o’clock in the night the younger children, exhausted, fall asleep, lying on the floor. They have to wait for the time of departure, half past eleven, before traveling the long return journey that awaits them.

The chapal kebab seller moved next to the tandur. Charity is a good business. © Sylvie Lasserre

Why? To receive a few nans, and possibly on Friday, the half of a chapal kebab inside their nan (chapal kebab is a round shaped piece of minced meat mixed with bread, a specialty of Peshawar). It depends on the generosity of the benefactors and on their means. Next to the tandur moved the chapal kebabs seller. It is a profitable business, as the owner of the tandur sells 500 to 1000 nans per day (13 rupees per nan, it makes 6500 to 13 000 rupees each day). The chapal kebabs seller told us that its turnover averaged 10 000 rupees per day, it means 80 euros per day or 2400 euros per month.

The owner of the tandur distributes nans to the women as a benefactor just came and bought breads. They stretch out their hands. © Shafiq ur Rehman Yousafzai

Four to five such tandur in Islamabad Afghan district operate on the same system of charity and are doing good business: The owner of the tandur cooks 500 nans in advance. Then the benefactors come and buy 30 nans, 50 nans or even more. The owner then distributes equally to each woman. Some benefactors include rice or something else. But this is rare. Women are not allowed to leave before eleven o’clock in the night as the owner wishes to sell all his prepared nans and if the benefactors are not enough, it is he who provides the remaining nans. « But he makes up for it the next day and we get less nans, » shares one of the women.

« This is not a life! » cries out this lady, widow for 20 years, in tears. © Shafiq ur Rehman Yousafzai

The boss of Tandur is angry: « I started a decade ago to give nans to the poor, then people wanted also to give them. This is how it started. Where are the millions of the UNHCR, of the UN? Here we do not see the sign of it. So we do it ourselves. Look! it does not require much!  »
These poor women are condemned with their children to spend half the time on a sidewalk at odd hours, about fifteen miles from home, just to receive ten nans.

They are indeed very far from their mudhouses slum, kachi abadi, without any transportation mean. Sometimes they « hitchhike », sometimes they share the fare of a van or a « Suzuki », these small richly decorated taxis typical in Pakistan.

This little girl comes here every day.  © Shafiq ur Rehman Yousafzai

A little further, another tandur in Peshawar More, the Afghan shopping street. The Afghan boss seems delighted: « This is a very good business! I did that in Afghanistan, in the United States, in Pakistan! » Opposite side, the women and their young children, with their little bundles arranged around them, a semblance of reconstruction of their homes, since this is here they have to live part of their life.

A tough-faced kid appears, fascinated, and smiles to me. Everybody here calls him Baloo. Amangul is 12 years old and looks already a small adult. Despite his face damaged by hunger, work, lack of sleep and perhaps the punches he receives, his look is still full of the innocence of children. Amangul is from Afghanistan. Where is your mother? « She is not there. » In fact, Amangul comes to the tandur every night, alone, with a large plastic bag to bring back the sustenance of the family. Do you go to school? « No. » Besides the long hours spent at the tandur at night time, Amangul also works during the day: he unloads crates of poultry. I did not ask him when he slept…
Sitting among his companions in misfortune – that became friends since then – Roshangul, about 35 years, is a native of Jalalabad, Afghanistan. Seven children, including five daughters, she comes here every night with her two sons since many years. Her husband, too old and blind, cannot work anymore. « My family left Afghanistan during the Soviet invasion. I do not remember, I was too small. We lived in an extreme poverty in Peshawar. Then I was married, he was already very old, I was twelve. Since then we live in different kachi abadi.  »

Today she lives in the slum that lies between Rawalpindi and Islamabad, in front of the Metro hypermarket, fifteen kilometers away from the tandur. Watch and listen: In the mud houses of kachi abadi, Islamabad.
Last night, Roshangul agreed to drive us at her home. The kachi abadi, a sea of flat roofs barely distinguishable, is plunged into darkness. Here there is no electricity.
We plunge into the dark and narrow streets. Not even one meter between the two walls. A ditch dug for drainage goes along the streets. Hastily and in silence, we cross a wasteland, then a “bridge” made of scattered wood planks. « Is it still far? » Whispering, Roshangul shows us the way; her house is located at the edge of a cliff at the top of a hill, overlooking a stream. « Every night at midnight, I go there, » tells us Roshangul. The house is carved into the cliff. A mud wall surrounds a quadrangle yard; at each end two separate rooms, closed by a curtain. No window, no furniture. Some hangings on the wall, that’s all. Two families share this place, one room each.
In the left room, the family of another woman of the tandur, whose husband is a drug addict. In the right one, Roshangul’s family. In the courtyard, cooking utensils placed on a mudmade shelf. Near the entrance, a tiny room : the « bathroom ». No running water, no electricity here.

Kachi abadi, slum houses in Islamabad mud. There live a large portion of women who live in the love of Tandur.  © Sylvie Lasserre

The rent? 5000 rupees per month (about 40 euros), an exorbitant price for a kachi abadi. The primary occupants, some Mohmand Agency natives, had built these houses after they fled the fightings happening in their tribal area. Today, they rent the houses to poorer than them. How can u pay the rent? « My son works at the fruit market, he gets 5000 to 6000 rupees per month. Previously, I did housework at an Afghan woman’s house in Islamabad, I earned 4000 rupees a month, but she’s gone. »

Why not to install a tandur close to the kachi abadi, operating according to the same system? « This is a business, explains Roshangul. Here there are not enough rich people, it would not work. »
Roshangul’s only hope: that her children, who go to school, can support her later.

To help these women, click here : the widows of the tandur

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Afghanistan. Dix petits enfants tués par une frappe américaine de l’Otan

Lundi 8 avril 2013

La photo est terriblement choquante et révoltante. Dix petits enfants alignés, reposant sur un tapis et entourés d’une foule d’hommes, leurs pères et oncles sans doute. Ils sont beaux, semblent en pleine santé. On dirait qu’ils dorment. Mais non. Ils sont morts. Fauchés dimanche par une frappe américaine de l’Otan sur une maison de la Kunar, près de la frontière pakistanaise, appartenant à un commandant Taliban, Ali Khan.

Une femme aussi serait morte, cinq autres blessées.

Trop c’est trop. Toutes ces bavures qui s’accumulent… D’ailleurs, il ne s’agit pas ici de bavure. Comment parler de bavure quand on tire sur une maison un dimanche ? Tous ces enfants du même âge, toutes ces femmes. Peut-être s’étaient-elles réunies à l’occasion d’une fête. Ou entre voisines. Ces enfants étaient-ils cousins ? Voisins ?

Enfants afghans tués par une frappe américaine. Reuters

J’ai posté hier cette photo sur mon compte Facebook. Le choc est évident : 111 fois partagée. Les commentaires sont outrés :  » Ce n’est pas un crime contre l’humanité, ça ? » « Et cela s’appelle guerre contre le terrorisme ! » etc.

Mais aussi certaines personnes en France, s’étonnent : » Mais on n’en entend pas parler ! »

Oui en effet, ces chérubins n’ont eu droit qu’à quelques lignes ça et là dans la presse. Nos médias préfèrent nous servir des reportages guerriers « EMBEDDED » comme ils disent. Ca fait mieux monter l’adrénaline. Nos médias nous montrent les équipements dernier cri des armées. Formidable ! Mais les Afghans finalement qui s’en soucie ? Nous pleurons un de nos soldats morts en Afghanistan (et c’est normal aussi, mais c’est quand même son métier) à grands coups de cérémonies hyper-officialisées et médiatisées. Mais… ces enfants qui jouaient chez eux… Trois lignes.

A part celles de Karzaï, je n’ai pas lu ou entendu de condamnations officielles. Le président Karzaï à présent réclame une enquête. On imagine déjà les conclusions – si elle a lieu.

Selon le Général Amrullah Aman, un analyste militaire de Kabul qui s’est confié au New York Times, « les forces étrangères n’ont pas le droit d’effectuer de tirs aériens sur des zones peuplées. Dans la pratique c’est différent. Les Américains utilisent leurs forces aériennes dès qu’ils en ont besoin, peu importe à quel endroit, peu importe le nombre de décrets présidentiels émis. »

Selon les militaires américains, les attaques aériennes sont nécessaires pour protéger leurs soldats (sic) et permettent d’accéder à des zones inaccessibles autrement. Pourtant un décret présidentiel leur interdit les frappes sur des zones habitées. Comment qualifier alors cette attaque meurtrière contre des civils ?

Un épisode similaire avait déjà tué dix civils dans la même région au mois de février. A Ghazni dix jours plus tôt, deux enfants et quatre policiers étaient tués par un tir depuis un hélicoptère.

Quand donc l’Amérique comprendra-t-elle que si elle tue un commandant Taliban, il en viendra un autre pour le remplacer, et que plus elle assassine d’enfants, plus elle créera de nouveaux combattants Taliban en réaction. A moins que ce ne soit son objectif. Ou bien cherche-t-elle à éliminer le maximum de Taliban à n’importe quel prix avant son départ prochain au mépris des lois internationales et des droits de l’homme.

Photo Naymatullah Karyab AP

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Un soldat soviétique disparu en Afghanistan retrouvé après 33 ans

Bakhretdin Khakimov, ex-soldat de l’armée soviétique, avait disparu en 1980 lors de l’invasion soviétique en Afghanistan.

Bakhretdine Khakimov, ex-soldat de l’armée soviétique, retrouvé en Afghanistan. © Photo Comité pour les combattants internationalistes auprès du Conseil des chefs d’Etat de la CEI

33 ans plus tard, il vient d’être retrouvé en Afghanistan, vivant de manière quasi-nomadique dans la région d’Hérat. Il se fait appeler Sheikh Abdullah et exerce la médecine traditionnelle à base de plantes qu’il cueille.

Selon Ria Novosti, Bakhretdin Khakimov est originaire de Samarkande (dans l’actuel Ouzbékistan), il est veuf et sans enfants et ne possède pas de papiers d’identité. Il se souvient de son ancienne adresse à Samarkande et du nom de ses proches et aurait émis le souhait de les retrouver.

Khakimov shortly before his disappearance in 1980. © Photo Warriors-Internationalists Affairs Committee

Peu de temps après l’invasion soviétique, en septembre 1980, le jeune Ouzbek avait été secouru par un chef de village, médecin traditionnel herboriste, après avoir été grièvement blessé à la tête lors d’une bataille dans le district de Shanind. Cet ancien lui avait transmis son savoir.

Un journaliste local, Sharafudin Stanekzai, qui a pu parler avec Khakimov, relate que ce dernier avait quitté son unité après avoir volé une arme qu’il avait remise aux combattants Mujahideens.

C’est une ONG basée à Moscou, Warriors-Internationalists Affairs Committee,  qui a retrouvé sa trace. On estime que 265 autres soldats disparus ont refait leur vie en Afghanistan.

En 2006, un soldat ukrainien, Gennady Tseuma, disparu après avoir été fait prisonnier par les mudjahideens, avait également été retrouvé. Depuis 1993, 27 soldats soviétiques disparus ont été retrouvés en Afghanistan ; 7 d’entre eux ont choisi de rester en Afghanistan.

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Pakistan / Afghanistan. Farida, Anisa et Najia, infortunées soeurs de l’ombre de Malala

Najia Siddiqi, Directrice des affaires aux femmes pour la province de Laghman, Afghanistan, assassinée le matin de la journée mondiale des droits de l’homme. Photo DR

Aujourd’hui, 10 décembre 2012, journée des droits de l’homme des Nations Unies.

Dernière minute : dans la série des grandes nouvelles de la journée mondiale des droits de l’homme, l’hécatombe sur les femmes se poursuit en Afghanistan et au Pakistan : assassinat en Afghanistan ce matin, jour des droits de l’homme, de Najia Siddiqi, Directrice des Affaires aux femmes pour la province de Laghman. Son assasssinat survient quatre mois après celui de sa prédécesseur, Hanif Safi.

Pakistan’s President Zardari, and his daughter Asifa Bhutto, right, meet with Malala Yousufzai. Photo AP

Farida et Anisa n’ont pas eu la chance de Malala Yousafzai, qui a réchappé de sa tentative d’assassinat et bénéficie aujourd’hui de tous les honneurs : la visite hier du président Zardari, venu spécialement pour la voir, alors qu’elle se remet de ses blessures dans un hôpital du Royaume-Uni, la nomination de son père comme conseiller des Nations Unies pour l’éducation mondiale, et demain, à l’occasion de la journée des Nations Unies des Droits de l’Homme, un événement intitulé « Stand up for Malala » qu’inaugurera Zardari au siège de l’Unesco à Paris – sans parler des Madonna, Angelina Jolie et autres stars d’outre-Atlantique qui se sont insurgées publiquement contre son agression.

On peut lire sur le site qui annnonce l’événement à l’Unesco :

« Le président du Pakistan Asif Ali Zardari et le directeur général de l’Unesco Irina Bokova ouvriront l’événement qui sera animé par la présentatrice de la BBC Zeinab Badawi. L’envoyé spécial des Nations Unis pour l’éducation mondiale, Gordon Brown, fera un discours. Des messages video du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon, d’Hillary Clinton la Secrétaire d’Etat des Etats-Unis et de Catherine Ashton, Haut Représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité seront diffusés. D’autres intervenants également parmi lesquels le Prmeier Ministre français Jean-Marc Ayrault, la Directrice exécutive d’ONU Femmes, Michelle Bachelet, l’ex-présidente de la Finlande, Tarja Halonen, le Directeur général de l’Organisation islamique internationale pour l’Education, les Sciences et la Culture (ISESCO), Abdulaziz Othman Altwaijri et la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour le sort des enfants en temps de conflits armés, Leila Zerrougui. Des messages de soutien à Malala seront lus par des élèves de plusieurs écoles de la région parisienne représentant différentes régions du monde. »

Non, décidément, Farida et Anisa n’ont pas eu cette chance ; elles sont mortes sans un bruit. On ne connaît même pas leur visage car elles respectaient le purdah. Je crois bien qu’hormis RFE/RL, personne ou presque n’a parlé d’Anisa, tuée le 1er décembre, et je vous renvoie à ma note d’hier : Anissa, écolière assassinée pour avoir travaillé à une campagne de vaccination contre la polio. Hier soir, la pétition la concernant comptabilisait 35 signatures.

Farida Afridi, co-founder of Sawera, killed on July 4th by Taliban – Photo DR

Quant à Farida Afridi, 25 ans, co-fondatrice de l’ONG Sawera qui oeuvre pour les femmes de la zone tribale de l’Agence de Khyber, elle aussi a été assassinée, le 4 juillet 2012, à Peshawar, alors qu’elle se rendait au travail. (NGO worker Farida Afridi killed in North West Pakistan)

Elle avait fondé Sawera en 2008, avec sa soeur Noorzia et une amie, Bushra, que j’ai rencontrée il y a deux ans à Peshawar. Ses mots avaient forcé mon admiration :

« Nous sommes de l’Agence de Khyber, les gens ici sont tribaux. Tribal veut dire qu’ils sont très stricts et qu’ils n’aiment pas, en particulier, que les filles fassent des études. Le niveau de l’éducation est très bas dans l’Agence de Khyber. Nous souffrons aussi d’un manque d’accès aux soins médicaux. De nombreuses femmes meurent avant d’arriver à l’hôpital alors qu’elles sont sur le point d’accoucher car il y a très peu d’accès aux soins.

Bushra, co-fondatrice de Sawera avec Farida Afridi. Copyright Sylvie Lasserre

Quand j’ai voulu faire mes études, de nombreux membres de ma famille étaient contre, en particulier mes frères. Ils me disaient : « Nous n’avons pas besoin que tu travailles », mais ma mère était d’accord pour que j’étudie. J’ai poursuivi mes études à Peshawar, très difficilement. A la maison je ne pouvais pas ouvrir tranquillement mes livres parce que mes frères m’en empêchaient. Finalement j’ai obtenu un MSA en économie grâce à ma mère, et maintenant que j’ai terminé mes études, les membres de ma famille me respectent, ils apprécient finalement leur fille ait fait des études.

Farida, Noor Zia (Afridi) et moi avons étudié ensemble, nous sommes amies. Aujourd’hui nous sommes enseignantes et nous avons créé cette organisation, Sawera, spécialement pour l’Agence de Khyber (Fata), car nous voulons que les femmes puissent étudier et avoir des revenus. Maintenant nous sommes douze, essentiellement des femmes car c’est une organisation pour les femmes. Nous voulons soutenir notre région. Nous avons aussi lancé deux IT (Information Technology) centers et j’enseigne dans ces centres après mon travail à l’école. C’est gratuit pour les étudiants.

Au début nous n’avions pas d’argent, mais nous venons juste de terminer deux ou trois projets. Nous travaillons bénévolement. Mais nous n’avons toujours pas de financements. Quand nous avons des trainings, nous économisons la moitié des frais et nous la donnons à notre organisation.

L’éducation est vraiment un énorme problème dans les Fata : nous n’avons pas de salle de classe. Je fais cours en plein air. Les élèves sont très pauvres et ne peuvent pas se permettre une éducation privée, c’est pourquoi ils viennent ici, bien que les enseignants ne soient pas très bons… Mais même si nous n’avons pas de salle de classe, je tiens à ce que les élèves apprennent. Nous avons juste un tableau noir. Je ne peux pas utiliser de schémas ni de cartes car comment les suspendre puisqu’il n’y a pas de mur ?

Quand j’ai pris cette classe, les élèves étaient si faibles que j’ai commencé à écrire pour eux, trois copies, comme dans les écoles privées, ABC en urdu. Maintenant avec ces copies, les élèves sont capables de suivre quand j’écris au tableau.

J’ai d’abord été institutrice à Bara, Khyber Agency. A Bara la situation n’est pas bonne, il y a un couvre feu. Les premiers jours quand j’allais à l’école, la route était fermée et je ne pouvais pas m’y rendre. Puis… il y a huit mois notre école a été détruite par une bombe et j’ai été mutée à Jemrod, Khyber Agency.  Maintenant c’est là que je travaille car l’école de Bara est toujours fermée. C’est trop dangereux. Même le poste de police a reçu une bombe, il n’y a pas de paix.

Tu n’as pas peur quand tu fais la classe ?

Non… mon souhait est que les élèves reçoivent une éducation. J’ai peur quand… je suis sur le chemin et que je ne sais pas si je vais rentrer à la maison, parce que sur le chemin il y a des explosions. Mais… que peut-on faire ? Nous devons aussi faire notre travail et nous continuons.

Quel est ton salaire par mois ?

7000 rupees par mois. (60 euros)

Ca suffit pour vivre ?

Elle rit : non ce n’est pas suffisant pour vivre car c’est un très petit montant. Mais je débute…  »

Comment ne pas admirer ces jeunes filles héroïques qui sans moyens, sans appui et malgré les dangers, se battent pour tenter de sortir leur région – en particulier les femmes – de la misère et l’obscurantisme ?

Quant à Farida Afridi, que je n’ai pas rencontrée, c’est une de ses collègues et amie, Hina, qui m’en a parlé aujourd’hui – depuis l’entretien, Bushra s’est mariée et vit maintenant au Bengladesh, je n’ai pu la recontacter :

 » Farida était ma très chère collègue et soeur, elle était une grande dame. Elle a élevé sa voix pour les droits des femmes et je pense que très peu de personnes peuvent le faire, Farida était l’une d’entre elles. Je rends hommage à son travail et elle sera toujours dans mon coeur et mes prières.

J’aimerais aussi lancer ce message aux donateurs nationaux et internationaux afin qu’ils supportent Sawera dans sa noble cause et exaucent le rêve de Farida, offrant ainsi à Sawera plus d’opportunités de travailler pour les femmes encore et encore. »

Je lui ai posé la même question qu’à Bushra :

– Tu n’as pas peur en te rendant à ton travail ?

– Je crois en Dieu alors je n’ai pas peur. Dieu est avec nous.

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Afghanistan. Anissa, écolière assassinée pour avoir travaillé à une campagne de vaccination contre la polio

photo AFP

Anissa venait juste de quitter sa maison et marchait dans la rue quand deux hommes à motocyclette lui ont tiré dessus.

Le 1er décembre, dans la vallée de Kapisa, alors qu’elle se rendait au travail, Anissa a reçu 7 balles dans l’abdomen. Elle est décédée peu après son transport à l’hôpital.

Pourquoi ? L’écolière afghane travaillait aussi comme volontaire pour un programme d’éradition de la polio financé par les Nations Unies.

Elle avait reçu des menaces par téléphone les jours précédants, la sommant d’arrêter de travailler.

Les cas de violence brutale contre les femmes sont en augmentation cette année en Afghanistan, avec 3500 cas rapportés pour les six premiers mois de l’année, et toutes celles qui travaillent comme enseignantes ou pour le gouvernement craignent pour leur vie.

Contrairement à Malala Yousafzai, à qui le président Zardari en personne est allé rendre visite au Royaume Uni (sic !), Anissa est morte dans l’indifférence générale. Confer (et signez) la pétition de protestation contre sa mort : 20 signatures seulement une semaine après son assassinat… :

Show the enemies of Girls Education that no matter how many Anisa’s they shoot down or poison, Education will Prevail

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Pakistan. Chitral, mon beau pays, a été attaqué par les talibans ce matin !

3 septembre 2011

Pour la première fois, les talibans s’attaquent à la vallée de Chitral !

Conséquence des menaces suite à la mort de Ben Laden. Dans ces magnifiques vallées de l’Hindu Kush mais… voilà, de nouveaux drames humains se jouent, là où l’on n’avait jamais vu ombre d’un taliban.

Visiblement la mort de Ben Laden, puis le retrait des troupes de l’Otan du Nuristan, de l’autre côté de la frontière, en Afghanistan, seraient à l’origine de ces nouvelles attaques…

Les militants viennent de s’en prendre à la très tranquille vallée de Chitral… C »était il y a 5 ou 6 jours…

Les militaires pakistanais, pour protéger le fort de Nagar, ont dû faire sauter le pont afin d’en couper l’accès aux talibans.  C’était il y a trois jours… Eh oui…

Tant de drames humains à cause de ces guerres obscures entre talibans et… dieu sait qui… Le jour où Ben Laden a trouvé refuge auprès des talibans afghans, ce fut un grand drame pour le peuple pakistanais…

Dernières nouvelles, mauvaises, de mon ami le prince Ghaziuddin, dont la famille vit depuis des siècles, au fort de Nagar :

 » Things are bad Sylvie. » « Tell me… » « Well… there are news that militants entering from different areas… » « uffffffffffffffffffffffffffffff… Don’t worry now everybody and the military are aware of this !!! They’lll do all their best to… » « Well then why don’t they handle a few handful militants??? » « Dont know… Did they enter to Nagar ? » « The army says they are all around in the mountains…  »

Reçue cette lettre, un peu plus tard, de Ghaziuddin, dont la famille a dû évacuer les lieux pour se réfugier à Peshawar, à la veille des fêtes de l’Eid :

« My beautiful homeland is under the militants attack today! My family is safe as they came down, but my people are left behind , i feel sad for my dogs too. Being a true pakistani, we emptied our fort for the Pakistan Army, so that they can fight with the militants using the Nagar fort. But im shocked to hear that the Army left the fort too. There’s no one in the fort now. The Army itself broke the Nagar bridge and now they are on the other side. Please pray for peace.

My family is safe as they came down to peshawar. My family has been living in Nagar fort since almost hundred years the fort was built in the start of 19th century and we are the fourth generation living there. we are six siblings, living with my father, mother and my grand mother. My father is a prominent figure in society, he has been doing his social work since decades.

My place Nagar fort has been serving people all around the world since so many decades. During these times our guests included vip personels like famous journalists, politicians, army generals, beaurocrates, ambassadors, famous actors from different countries…

Now as the situation has got worse, we had to leave the place as there has been a millitants attack on our area, its really hard times for our family as we have naver had such experience. Coming from a royal family of Chitral we have never had hard times but now my grandmother feels helpless living in someother place, leaving her cows behind and not getting the type of treatment she has been getting all her life…

My father has got nothing to do, all he can do is to wait for the things to calm down so that he can go back to his people and his gardens and take care of his flowers as he loves gardening and collected a huge variety of flowers and trees, his dogs are waiting for all of us in Nagar Fort as the duck hunting season is on. He is a peace loving white collar man, appreciates living a life with love and gratitude with his own style. Today he is sad for his mapple trees which are planted by his grand fathers, his orchard which his father made, his fort to which he is connected spiritually.

The local people are at their place and we cant live there because of the fame of our family and being prominent in the society. Secondly the suspension bridge connected to the fort, which is the main route to connect with Afghanistan through shortcuts, was destroyed by the army, thirdly the scouts were there in the surroundings of the fort since last three years and made the place more sensitive.

We need support in these hard times both from the world… We are down morally. We are depressed, today we have the right to ask for help from the world as we are no ordinary people and today we are displaced from our place from where we have been getting our bread and butter with respect all this time. We ask the communities from every aspects of life to come forward to help in preserving the Nagar Fort and help us in such hard times.
Regards!  »
Shahzada Ghaziuddin

Later news :

Things are normal now but still we have to wait till eid can’t say anything rite now, coz i just talked to the Col from Mirkhani post, he said that there are posibilities of further attacks if not Nagar bridge, then some other areas. but inshallah it won’t happen. »

« Actually things are different here,  you don’t know that who’s your real enemy! From where are these militants reinforced ? Who provides them these modern weapons? We need to reach the grass roots first being emotional in such a situation is not more than acting foolishly. »

Contacts :

http://www.facebook.com/pages/Nagar-fort-Chitral/116749321710356

http://www.facebook.com/profile.php?id=100000111824249

 

Happy independence day to our friends from Afghanistan !

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August 19th 2011.

C’était l’Afghanistan… avant 1978

Portrait d’un pays perdu, témoignages. Passionnant. Tout simplement passionnant. Beaucoup de nostalgie également…

Un joyau de témoignages sonores, avec notamment les voix de Joseph Kessel et du roi Zâher Shâh.

Mais aussi de tant d’autres qui ont vécu dans cet Afghanistan perdu. Une oeuvre sonore d’André Velter. Je ne peux que vous inciter vivement à vous procurer ce coffret de 3 CDs…

En ce qui me concerne, j’ai sélectionné pour vous ce chant merveilleux : 02.mp3 dont j’admire l’âpreté, l’allant et la spontanéité.

Cela sonne vaguement turkmène mais je me trompe sans doute.

Quelqu’un peut-il m’en dire un peu plus à son sujet ? L’histoire qu’il raconte ?

Mon amie Katja Daniela, pour qui les musiques et les danses d’Asie centrale n’ont aucun secret pourra sans doute me renseigner 🙂 ?