Les saltimbanques à Samarcande

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Ils sont là ! Ils sont arrivés avant l’aube et se sont installés sur la grande esplanade qui jouxte le Registan, face à « Chorsu ».

salt10.1265698897.jpgPoint de chapiteau, juste le « fil », tendu haut. Pour les darwaz, les fameux et incontournables funambules d’Asie centrale.

Quelques tapis pour adoucir le contact avec les graviers de la place. En guise de coulisses, deux roulottes garées en chevron pour ménager un espace protégé par un rideau tendu à l’arrière entre les deux véhicules.

salt11.1265698907.jpgPeu à peu les spectateurs s’attroupent. Point de guichet, c’est ainsi en Asie centrale. Après chaque tour, les artistes passent avec un chapeau dans la foule. Parfois, lorsque le numéro est vraiment extraordinaire, les spectateurs s’approchent spontanément  sur la « piste » et donnent un billet, témoignant ainsi de leur gratitude d’avoir été émerveillés un moment.

salt7.1265698863.jpgDe l’aube jusqu’à la tombée de la nuit, heure à laquelle l’on commencera à ne plus rien voir faute d’éclairage, les saltimbanques répéteront inlassablement leurs numéros.

salt13.1265698928.jpgProuesses du funambule qui, les chevilles liées à la corde, se lance comme une toupie autour du fil, puis qui marche avec un enfant debout sur ses épaules, tours de force de cet incroyable Hulk qui jongle avec des poids de cinquante kilos comme s’il s’agissait de balles, puis, qui, à la force de sa mâchoire, soulève quatre de ces poids plus quatre hommes. Ensuite, il arrache un minibus du sol. Ou cet enfant au corps souple, qui joue au fakir et saute sur un monceau de débris de verre, non sans grimacer de douleur.salt12.1265698918.jpg

salt14.1265698939.jpgPour mieux marquer la dangerosité ou l’aspect « surnaturel » de certains numéros, les saltimbanques font une prière que reprend le public, comme pour signifier :  » Pour ce numéro, nous avons besoin de l’aide de Dieu.  » Et l’enfant – fakir, à la force de sa mâchoire, nus pieds, tire le minibus. La foule subjuguée applaudit.salt15.1265698949.jpg

Passée tôt le matin, puis vers midi, je suis revenue à la nuit tombée. Ils étaient encore là, répétant sans fin leurs fascinants numéros. Puis les projecteurs se sont éteints, les contraignant à « enfin » arrêter.

Et ils démontent et rangent leur matériel avant de repartir. Ils vont ainsi de ville en ville. Comme tant d’autres saltimbanques en Asie centrale.

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Une réflexion sur “Les saltimbanques à Samarcande

  1. S’il n’y avait pas les mots « minibus  » et « projecteurs », on croirait à un récit sorti tout droit de l’oeuvre de Marco-Polo.

    Merci Sylvie de nous offrir ce témoignage d’une Samarcande des mille et une nuits.

    Le texte est si vivifiant que je me mets à vagabonder et à imaginer une suite…

    Après les phrases: « Ils vont ainsi de ville en ville. Comme tant d’autres saltimbanques en Asie centrale »…SUR LEURS TAPIS VOLANTS.

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